Sarkozy explose les comptes…

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Une femme « à la voix forte » a vivement interpellé le président Nicolas Sarkozy, qui présentait mardi à Marseille ses voeux au monde de la culture, sur le coût de la cérémonie, qu’elle jugeait « honteux » à l’aune des problèmes de financement de certaines associations.

Alors que le chef de l’Etat quittait le chantier du futur Musée des civilisations Europe Méditerranée, où il venait de présenter ses voeux, elle s’est offusquée: « C’est honteux, combien a coûté la cérémonie? »

Interpellée, puis entendue par les policiers « en audition libre », elle a expliqué s’être offusquée du montant que devait coûter un tel rassemblement, alors que, selon elle, les associations culturelles ne trouvent pas de financement, a précisé une source judiciaire.

Pour justifier la véhémence de son intervention, elle a affirmé aux fonctionnaires qui l’entendaient qu’étant chanteuse, elle avait « la voix forte », selon la même source.

En province, il y en a eu pour tout le monde: enseignants, soldats, flics, pompiers, personnels soignants, paysans, chefs d’entreprise… et même les fans de Jeanne d’ Arc. Sarkozy ne s’était jamais autant démené pour souhaiter une « bonne année » à ses « chers compatriotes ». On se demande bien pourquoi.

Officiellement, c’est le Président qui se déplaçait, pas le « candidat présumé ». Même lorsqu’il moque les propositions de l’un de ses adversaires ou qu’il en tance un autre ? Quand le Conseil constitutionnel devra vérifier les comptes de campagne du candidat Sarkozy, il risque donc de souffrir. Au total, la facture des voeux présidentiels s’élève cette année à pas moins de 6,5 millions d’euros.

C’est la 4ème année consécutive que Sarkozy « décentralise » ses voeux. En 2009, il s’était déplacé 5 fois, avec un coût moyen de 17 000 euros par prestation, hors transport. En 2010, la facture grimpe à 45 000 euros la cérémonie, toujours sans le coût des déplacements.

Les chiffres des vieux présidentiels de 2011 n’ont pas été rendus publics et les chiffres pour 2012 ont été estimés par le canard enchainé. Estimation prudente: le montant des amuse-gueules et du vin millésimé 2012 doit avoisiner les 50 000 euros par sauterie. Soit déjà un coût de 550 000 euros.

Manque évidemment, le coût de chacun des déplacements – la plupart du temps aériens – du chef de l’ Etat, de ses troupes, voire des journalistes qui les accompagnent. Manque aussi le montant des moyens humains et des matériels déployés pour chaque voyage.
Pour 10 de ces allers et retours en province, Sarkozy a utilisé un Falcon 7X. Soit une vingtaine d’heures de vol au tarif unique de 5000 euros ( prix d’ami du ministère de la Défense). Pour se rendre en Guyane, Sarkozy est monté à bord de son Air Sarko One.

Une quinzaine d’heures de vol facturées 20 000 euros l’unité. Le montant total des déplacements atteint donc 400 000 euros. Un chiffre qu’il faut au moins doubler si l’on y ajoute le coût du Spare ( l’avion de secours) et du zinc réservé aux journalistes, conseillers, services de sécurité, etc. Soit 800 000 euros. Une somme proche des estimations de la Cour des comptes, qui assure que le coût moyen de la moindre balade élyséenne en France dépasse les 90 000 euros uniquement pour le transport.

René Dosière a établi le coût du déploiement des forces de sécurité lors des déplacements de Sarkozy. Pour quelques instants passés sur le terrain par Sarkozy, flics et gendarmes sont mobilisés une douzaine d’heures. En général, ils sont un millier à assurer la sécurité du chef de l’ Etat et de sa cour. Soit 450 000 euros la prestations de poulets et pandores. Et donc 4,9 millions pour 11 cérémonies de voeux.

Et puisque Sarkozy trouve que tout est mieux en Allemagne, il pourrait s’inspirer de l’exemple d’ Angela Merkel. Quand la chancelière embarque son époux lors d’un déplacement officiel, celui-ci paie sa place au tarif d’un billet de 1ère classe.

Le coût des déplacements de Sarkozy en avions de la République est de 8 millions d’euros. Une découverte faite à la lecture du « Journal officiel » du 2è décembre, qui publiait les réponses aux questions écrites posées par le député René Dosière.

En 2008, la Cour des Comptes a rendu un rapport sur le coût de la présidence française de l’Union européenne. C’était au dernier semestre 2008. On y apprend qu’entre juillet et décembre 2008, la France a dépensé près de 175 millions d’euros. La cour des comptes pointe notamment du doigt le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Il s’est tenu en juillet 2008 au Grand Palais à Paris. Coût de cette seule journée : environ 16,6 millions d’euros ! C’était le grand projet de Nicolas Sarkozy : le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Une réunion avec les dirigeants de 44 pays, le dimanche 13 juillet au Grand Palais à Paris.

Parmi les invités présents : le président syrien Bachar Al Assad et le premier ministre israélien Ehoud Olmert. Trois heures de rencontre pour un coût total de 16,6 millions d’euros ! C’est la cour des comptes qui le dit dans un rapport. 1 million 010.256 euros rien que pour le dîner ! On aurait même installé une douche pour le chef de l’Etat pour un prix de 245.772 euros.

Le porte-parole du Quai D’Orsay de l’époqque, Bernard Valero,  soulignait alors  que la France ne disposait  pas à Paris de centre de conférences internationales. “Faute d’infrastructure dédiée dans la capitale, nous avons dû aménager, de manière ponctuelle et provisoire, un site d’accueil, le Grand Palais. Dans ce contexte, les frais engagés ont été plus importants,” explique le porte-parole du Quai d’Orsay.

“Par son ampleur, le caractère irrégulier des procédures suivies et son impact massif pour les finances publiques, ce sommet a constitué une forme de record ”, selon  la Cour des comptes…

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