Radio: les invités politiques du 23 mai 2012

Jean-François COPE, Secrétaire général de l’UMP Radio classique, En route vers la présidentielle – 08h15

GUILLAUME DURAND

Les sujets, il y en a énormément, les législatives, la situation internationale, Christiane TAUBIRA, mais commençons par le Conseil des ministres de ce matin. C’est vrai qu’on parle beaucoup de décret qui mettrait fin aux fonctions antérieures de gens comme par exemple Frédéric PECHENARD et Bernard SQUARCINI. Alors, est-ce que vous, vous considérez qu’on est dans l’alternance républicaine, ou est-ce qu’il faut employer le mot assez célèbre de chasse aux sorcières qui démarre ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Je crois que c’est la chasse aux sorcières qui commence, oui, ça d’ailleurs personne ne doutait du contraire. Nous on l’a dit tout au long de la campagne. Il y avait trop de leçons de morale qui nous étaient données par François HOLLANDE tout au long de cette campagne, pour que ce ne soit pas un peu louche.

GUILLAUME DURAND

Et vous ne vous attendiez pas…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Oh, écoutez, moi je ne suis pas choqué par le fait que le chef de l’Exécutif veuille nommer des hauts fonctionnaires à des postes à responsabilité. Ce qui me fait tristement sourire c’est toutes ces leçons de morale que Monsieur HOLLANDE a données pendant toute cette campagne, ainsi que ses amis.

GUILLAUME DURAND

Mais l’argument c’est de dire qu’ils sont quand même très proches de l’ancien président de la République, de dire que peut-être que sur certaines affaires sensibles ils l’ont aidé au-delà du raisonnable, c’est ça l’argument qui, peut être, mis en avant.

JEAN-FRANÇOIS COPE

J’entends bien tout ça, mais… j’entends bien tout ça, mais alors, dans ce cas, il ne faut pas venir nous expliquer qu’on incarne l’Etat impartial, alors que dans le même temps on va faire la chasse aux sorcières, et donc nommer des gens très proches du nouveau pouvoir. Il y a d’ailleurs un test intéressant, il y a quelques hauts fonctionnaires, ou quelques représentants, quelques hauts responsables dans les grandes entreprises publiques, de l’audiovisuel public par exemple, qui ont pris position pour François HOLLANDE, ça serait intéressant de savoir si eux sont victimes de chasse aux sorcières ou si eux sont maintenus dans leur poste. Voilà, ce sera un critère parmi d’autres.

GUILLAUME DURAND

Et la recommandation, par exemple, qui a semble-t-il été faite – parce qu’on ne sait pas trop ce qui s’est passé pendant la conversation entre François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY lors de la passation de pouvoir, mais, semble-t-il, le président sortant lui avait demandé que Xavier MUSCA, qui est un de ses principaux collaborateurs, aille à la CAISSE DES DEPOTS, et visiblement ce n’est pas le cas, ce sera Jean-Pierre JOUYET. Là on n’est pas dans le registre de la police…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Là on est dans le registre de la courtoisie républicaine, mais on a vu depuis, malheureusement, depuis l’installation de François HOLLANDE…

GUILLAUME DURAND

Donc HOLLANDE n’est pas courtois.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Que ce n’était pas le registre qu’il avait choisi, puisque chacun a en mémoire ces images, qui n’étaient pas d’une très grande inélégance, avec François HOLLANDE qui ne prend pas la peine de raccompagner monsieur SARKOZY à sa voiture, François HOLLANDE qui dans son discours rend hommage à tous ses prédécesseurs, sauf à Nicolas SARKOZY, François HOLLANDE qui d’ailleurs, dans ce même discours, parle du Parlement sans jamais parler des droits de l’opposition, bon ! Je crois que les choses sont très claires. Nous aurons…

MICHAËL SZAMES

…la tradition républicaine…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Je crois qu’il ne faut pas se mentir, ni se mettre un masque comme ça, on a bien compris la réalité, François HOLLANDE reste d’abord le chef d’un clan politique, voilà. Il a été le chef d’un parti politique, et il garde cette pratique-là. Je serai pour ma part très très…

GUILLAUME DURAND

Mais est-il inélégant ? Dans l’affaire du…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Ecoutez, ce n’est pas très élégant, voilà, mais enfin cela dit, je souhaite quand même que François HOLLANDE propose à Xavier MUSCA, qui est un grand fonctionnaire, des responsabilités qui soient à la hauteur de sa qualité et de sa compétence, voilà, c’est tout ce que je peux vous dire.

MICHAËL SZAMES

Jean-François COPE, parlons peut-être un petit peu des élections législatives. Tout d’abord votre cas. Est-ce que vous avez peur pour vous ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Ecoutez, moi je fais campagne, par définition, de manière très très active, parce que ce territoire je le connais bien depuis longtemps et c’est vrai que les problématiques qu’évoquent mes administrés, sont des problématiques qui sont le reflet de la France d’aujourd’hui, voilà. Les problèmes d’intégration, d’insécurité, les problèmes d’emploi, sont des sujets sur lesquels il est très important qu’on propose un projet courageux, c’est ce qui fait contraste, d’ailleurs, avec ce que la gauche exprime aujourd’hui. On voit bien qu’elle n’a pas encore pris à bras-le-corps les grands enjeux de croissance, les grands enjeux de sécurité. Quand je vois, par exemple, la décision prise par la nouvelle ministre de la Justice, Madame TAUBIRA, qui vise à fermer les…

GUILLAUME DURAND

T AUBIRA…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Non, mais à fermer les tribunaux correctionnels, que nous avons créés, pour les mineurs de 16 à 18 ans, qui ont commis des actes passibles de plus de 3 ans de prison, ce n’est pas rien. Ces tribunaux correctionnels, nous les avons créés, ils sont présidés par des magistrats professionnels, pour justement faire la différence avec ce que peuvent commettre des mineurs plus jeunes. C’est la première décision de Madame TAUBIRA est un message…

GUILLAUME DURAND

Et c’est la première erreur du gouvernement ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Mais c’est un message de laxisme terrible, terrible. D’ailleurs l’impact dans les quartiers, je le vois chez moi, l’impact dans les quartiers est immédiat, tout le monde est au courant, et beaucoup s’en inquiètent naturellement. Et je me dis…

GUILLAUME DURAND

Mais c’était dans le programme de François HOLLANDE.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Oui, mais vous voyez…

MICHAËL SZAMES

Il n’y a rien de nouveau en fait.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Non, rien de nouveau, sauf que la mise en œuvre d’une telle mesure, moi je l’ai beaucoup critiquée pendant la campagne, est un message terrible, parce que c’est une invitation au laxisme, c’est un déni de réalité par rapport à la délinquance des mineurs. Et je dis à tous ceux de nos compatriotes qui ont voté pour le Front national, parce qu’ils voulaient renverser la table, parce qu’ils voulaient justement une plus grande fermeté, plus de sécurité, eh bien qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? Madame LE PEN a contribué, tout le monde le sait, à faire passer François HOLLANDE à la présidence de la République, eh bien voilà le résultat, c’est plus de laxisme, c’est l’inverse de ce que voulaient les électeurs qui ont voté pour le Front national.

MICHAËL SZAMES

Mais Jean-François COPE, justement, Marine LE PEN n’exclut pas de soutenir très exceptionnellement…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Comment ? Pardon.

MICHAËL SZAMES

Marine LE PEN qui n’exclut pas de soutenir très exceptionnellement des élus

UMP…

GUILLAUME DURAND

Au cas par cas.

MICHAËL SZAMES

Au cas par cas, et finalement à la tête du client, qu’est-ce que vous en pensez ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Rien de particulier. Ecoutez, moi vous savez, je m’adresse d’abord aux électeurs du Front national, je trouve qu’on en fait beaucoup sur cette affaire-là. J’aimerai bien qu’on pose les mêmes questions à François HOLLANDE, moi, dans son alliance avec l’Extrême gauche. Jean-Luc MELENCHON, dans ses propos, n’est pas très différent de ce que dit la famille LE PEN. Quand vous voyez…

GUILLAUME DURAND

Oui, sauf qu’il a contribué à faire élire François HOLLANDE, en tout cas son électorat…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Ah oui, ça c’est sûr.

GUILLAUME DURAND

Alors que Marine LE PEN a contribué…

JEAN-FRANÇOIS COPE

A faire élire, voilà, exactement, oui. C’est pour ça que, il va falloir qu’à l’occasion de cette campagne on sorte un peu de l’hypocrisie parisienne ambiante, moi je suis de ceux qui sont très déterminés à mettre les pieds dans le plat sur la question du rôle de Jean-Luc MELENCHON dans cette campagne. Jean-Luc MELENCHON qui fait l’éloge quotidien de Robespierre, qui est un des tyrans les plus sanguinaires de notre histoire. Jean-Luc MELENCHON qui explique sans rire que Cuba n’est pas une dictature, que CASTRO n’a pas été un dictateur, qu’il n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba. Jean-Luc MELENCHON dont l’un des grands amis est Mikis THEODORAKIS, qui professe ouvertement des propos antisionistes, antisémites, en des termes qui sont extrêmement choquants. Pas un mot, pas un mot, des dignitaires socialistes sur cette question, qui fait de l’alliance avec l’Extrême gauche, son quotidien. Donc je dis, il est quand même temps qu’on dénonce ça, avec au moins la même force à Paris.

GUILLAUME DURAND

Mais Jean-François COPE, le problème c’est que la pression que vous mettez sur MELENCHON, n’ôtera pas la pression que Marine LE PEN, qui vous a fait perdre les présidentielles, vous le savez parce que vous êtes quand même un grand habitué de ces combats politiques, son obsession c’est de faire perdre les législatives à l’UMP, pour des raisons de remplacements.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Oui, absolument.

GUILLAUME DURAND

Donc comment vous répondez à cette menace ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Par des réponses de fond, tout simplement, en expliquant que lorsque l’on vote finalement pour le Front national, eh bien on a l’inverse de ce qu’on veut, puisqu’on a la gauche au pouvoir, par le jeu des triangulaires, puisque les gens du Front national se maintiennent au deuxième tour. A l’inverse, la réponse de fond c’est de dire que nous, dans notre famille politique, à droite et au Centre droit, on a une politique qui est extrêmement ferme, sur le plan régalien, que ce soit sur la sécurité, sur la justice, sur la laïcité, qui sont des sujets, on l’a vu par exemple sur la loi sur la burqa, mais on le voit aussi sur la question de la délinquance des mineurs, qui sont des sujets sur lesquels nous sommes extrêmement fermes.

GUILLAUME DURAND

Oui, mais ce matin, si elle donne des noms par exemple, si elle dit « des gens comme CIOTTI on les défendra », c’est-à-dire si elle prend nominalement parti pour un certain nombre de gens qui à l’UMP représentent par exemple la droite populaire, c’est évidemment avec l’envie qu’à un moment le consensus politique à l’UMP explose.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Bien sûr, mais vous ne croyez pas qu’on est assez naïf pour tomber dans ce piège grossier…

GUILLAUME DURAND

D’accord, oui, mais elle va le tendre…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Non, mais qu’elle déclare ce qu’elle veut, le sujet, et là-dessus, nous sommes clairs, c’est qu’il n’y a pas d’alliance, voilà, il n’y a pas d’alliance électorale, et donc à partir de là, le problème est clair, il n’y a pas d’alliance, il n’y a pas d’accord. Moi, ce qui m’importe, encore une fois, je le répète, c’est de parler aux électeurs du Front national. Si je vous le dis, c’est parce que je vois beaucoup d’entre eux nous dire, sur tout le territoire national, parce que mes amis députés font – candidats – font campagne partout, beaucoup d’électeurs qui ont voté pour le Front national nous disent : on est en train de réaliser qu’avoir voté pour le Front national, c’est nous avoir entraînés dans un piège, y compris ceux qui ont entendu la consigne de voter blanc, qui a facilité l’élection de François HOLLANDE.

GUILLAUME DURAND

Nous sommes à la fois à la radio et à la télévision, mais je voudrais qu’on écoute ce matin Jean-Marc AYRAULT, c’est simplement un extrait radio, il était chez nos confrères de RTL. Il évoque la Une des ECHOS de ce matin, avec le cri d’alarme donc de Laurence PARISOT et du MEDEF sur la réforme…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Sur la retraite…

GUILLAUME DURAND

Sur les retraites. Je voudrais que nous l’écoutions.

JEAN-MARC AYRAULT (DOCUMENT RTL)

Nous avons pris un engagement, c’est le président de la République qui l’a pris, il sera tenu. Donc ça, c’est le vote des Français.

ALAIN DUHAMEL

Oui, mais les complémentaires, c’est autre chose.

JEAN-MARC AYRAULT

Nous allons organiser cette concertation, je recevrai le 29, je vous l’ai dit, sur l’ensemble des questions, les partenaires sociaux, donc je recevrai aussi madame PARISOT, et qui dira son point de vue. On est dans un dialogue, on n’est pas dans l’ignorance du point de vue des autres. Et donc j’écouterai ce que dira madame PARISOT attentivement.

GUILLAUME DURAND

Voilà, c’est le retour partiel aux 60 ans, donc il va y avoir dialogue entre le MEDEF…

MICHAËL SZAMES

Par décret…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Je vais vous dire les choses très simplement, François HOLLANDE et Jean-Marc AYRAULT viennent d’ouvrir la boîte de pandore du retour à la retraite à 60 ans, et ils auront beaucoup de mal à la refermer, voilà, parce que la vérité, c’est que lorsque l’on s’engage dans un processus de renoncement à une réforme courageuse, eh bien, toutes les portes de la démagogie sont ouvertes…

GUILLAUME DURAND

C’est-à-dire que la concertation, c’est la démagogie ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Mais, ce n’est pas que la concertation, c’est la démagogie, c’est que je suis quand même obligé de vous dire que j’entends ce qui se dit du point de vue syndical, je vois bien que beaucoup de syndicats commencent à vouloir pousser très, très loin le bouchon du retour en arrière, or, la vérité, c’est qu’on n’a pas le premier euro pour payer tout cela. Donc ça va peser sur les fiches de paie des salariés et sur les charges des employeurs…

GUILLAUME DURAND

Donc vous pensez que ce n’est pas simplement un retour partiel…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Donc ça veut dire que ça va coûter en pouvoir d’achat pour les gens…

GUILLAUME DURAND

Mais c’est un dé-tricotage total de la loi…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Ça va coûter en pouvoir d’achat pour les gens et en compétitivité pour les entreprises. C’est dramatique. Alors, la réalité de tout cela, c’est que, moi, je veux bien qu’on se drape derrière la pudeur d’un engagement électoral, c’est évidemment extrêmement dangereux. Je le dis d’autant plus que Jean-Marc AYRAULT commet à nos yeux, et nous sommes plusieurs à le dénoncer, Bernard ACCOYER l’a fait avec beaucoup de force hier, le coup de force, puisque c’est par décret, ça n’est même pas par la loi, qu’est-ce qu’on aurait dit si nous, nous l’avions fait par décret…

MICHAËL SZAMES

Vous voulez passer par l’Assemblée nationale ou par le Sénat ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Mais enfin, par les deux, c’est évident. Et le fait que ce soit par décret est une nouvelle révélation du tempérament qui anime monsieur AYRAULT, qui va préférer parler avec les syndicats…

GUILLAUME DURAND

Donc pas de concertation en fait, le mot de concertation…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Et avec le Parlement, vous savez, quand Nicolas SARKOZY disait : attention, notre pays doit parfois aussi passer par-dessus les corporatismes, on voit quelque chose qui est sûr, c’est que Jean-Marc AYRAULT, il ne passera pas au-dessus. Pour autant, Guillaume DURAND, je vous dis les choses, le dialogue social est évidemment essentiel, mais ce qui m’inquiète, c’est que là, on ne va pas être dans le dialogue social, on ne va pas être dans la concertation, on va être dans un rapport de force immédiat, et pour toute une série de raisons, c’est le syndicats qui l’emporteront parce que les liens des socialistes aujourd’hui avec les syndicats sont très forts, tous ont appelé à voter pour François HOLLANDE. Voilà que François HOLLANDE devra donc payer sa dette à leur égard.

GUILLAUME DURAND

Une petite question, et après, Michaël terminera, on a lu ce matin…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Et juste pour dire que Laurence PARISOT a tout à fait raison, car ce projet met en risque gravement le financement des complémentaires, gravement.

GUILLAUME DURAND

Martine AUBRY l’a nié, mais on a évoqué dans le CANARD ENCHAINE la possibilité qu’elle ait traité Jean-Marc AYRAULT de naze, pour expliquer donc sa non- venue donc au gouvernement ; est-ce que c’est le sommet de la vulgarité, de l’à peu près ou du n’importe quoi dans le domaine de la politique ou est-ce que vous accréditez cette idée, et après donc pour terminer, Michaël terminera.

JEAN-FRANÇOIS COPE

Je n’en sais strictement rien, mais enfin, la liste des noms d’oiseaux que se sont envoyés les socialistes entre eux est assez longue, on a plus que l’embarras du choix, voilà maintenant qu’ils sont en responsabilité de la France, et donc mon sujet n’est pas qu’ils s’insultent, mon sujet est qu’ils prennent les décisions nécessaires pour notre pays, et je m’inquiète de voir qu’ils sont en train de commettre l’irréparable, voilà pourquoi j’invite les Français à voter pour le plus grand nombre possible de nos candidats UMP, pour empêcher l’irréparable, comme par exemple le retour à la retraite à 60 ans, comme par exemple le refus de la règle d’or budgétaire, il y a un conseil informel européen aujourd’hui, je suis très inquiet de voir que la France pourrait renoncer à voter la règle d’or budgétaire. Voilà des sujets extrêmement graves, qui vont conduire au matraquage fiscal des classes moyennes.

GUILLAUME DURAND

Alors, Michaël.

MICHAËL SZAMES

Alors, pour poursuivre sur ce sujet, qu’est-ce que vous avez pensé des premiers pas de François HOLLANDE, que ce soit lors du G8 ou du sommet de l’OTAN, et puis, ce soir, à Bruxelles, réussis ou pas ?

JEAN-FRANÇOIS COPE

Ecoutez, moi, je ne sais pas quoi vous dire, quand on ouvre la télévision, on a l’impression d’avoir trouvé le génie du siècle. Alors, moi, je ne veux pas bouleverser…

GUILLAUME DURAND

Je ne veux pas être méchant, mais on a connu ça il y a un certain temps…

JEAN-FRANÇOIS COPE

Sans doute, mais enfin, je ne veux pas bouleverser cette merveilleuse ambiance qui anime nos écrans parisiens, mais enfin, écoutez, le G8, quel marché de dupes, on est venu nous expliquer que François HOLLANDE était formidable, parce qu’il avait été accepté par le concert des membres du G8, il avait même enlevé sa cravate, il nous avait même fait trois mots d’anglais. Mais enfin, pardon de vous le dire, c’est un énorme marché de dupes, cette affaire-là. Le G8, c’est quoi, c’est OBAMA qui avait besoin de lancer sa campagne, qui l’a fait avec beaucoup d’efficacité et de talent, rassemblant tous les chefs d’Etat autour de lui, et évidemment que les Américains ont besoin de croissance, et de la croissance européenne, ils ont dévalué le dollar de telle manière de pouvoir vendre le maximum de produits américains sur nos marchés, mon inquiétude, c’est que le chef d’Etat français est le seul à ne pas avoir déroulé la stratégie de croissance de la France, c’est le seul. Tous les autres, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, nous connaissons leur stratégie de croissance. Le seul à ne pas l’avoir fait, c’est François HOLLANDE.

 

François BAYROU, Président du MODEM France 2, Les 4 vérités – 07h50

ROLAND SICARD

Au second tour de la présidentielle, vous aviez appelé à voter François HOLLANDE, est-ce que, au vu de ces premières décisions vous regrettez ou pas ce choix ?

FRANÇOIS BAYROU

Non, je trouve que ses premiers pas sont dans le bon sens, notamment en défendant l’idée que les Nations doivent s’unir pour que l’activité revienne, la production reparte, la croissance soit là et en ce sens…

ROLAND SICARD

Vous pensez qu’il a marqué des points au G8 ?

FRANÇOIS BAYROU

…et en ce sens ça va dans la bonne direction. Après les décisions difficiles viennent parce que pour l’instant, aucune décision difficile n’a été prise, il a fait deux choses : il a pris, il a respecté des promesses qu’il avait faites dans le domaine de la formation du gouvernement, la parité du gouvernement, la baisse des rémunérations du président et des ministres et de ce point de vue là, c’est bien qu’il tienne ses promesses et puis il a soutenu cette idée de croissance que les Nations doivent prendre en charge. Ces deux directions sont bonnes, mais il reste évidemment le troisième chapitre et le troisième chapitre est le plus difficile de tous parce que c’est le chapitre de la remise en ordre des finances publiques et là on est pour l’instant très loin du compte, aucune décision n’a été annoncée qui doive venir dans les prochaines semaines et notamment les décisions d’économie et de ce sujet qui est ô combien important, on n’a pas dit un mot, ô combien important, y compris pour la croissance. Parce qu’il n’y aura croissance que s’il y a confiance…

ROLAND SICARD

C’est ce qu’il a dit, il a employé ces termes exactement.

FRANÇOIS BAYROU

Oui il a utilisé le terme et il a raison, mais maintenant il faut que les décisions viennent et donc de ce point de vue là, c’est là que les rendez-vous auront lieu. Pour l’instant on ne sait pas où vont se prendre ces décisions.

ROLAND SICARD

Alors il y a un rendez-vous aujourd’hui même, cet après-midi, ce soir à Bruxelles, un sommet européen, François HOLLANDE veut défendre les euro-obligations, ces emprunts lancés au niveau européen, vous pensez qu’il arrivera à faire plier Angela MERKEL qui n’en veut pas ?

FRANÇOIS BAYROU

Comme vous le savez c’est une idée que je défends depuis des années, l’idée qu’on peut faire appel à l’épargne des Européens pour financer un certain nombre, peut- être de grands travaux ou en tout cas de grands programmes européens pour que nos pays soient plus actifs, productifs qu’ils ne le sont jusqu’à maintenant. Donc cette idée, faire appel à l’épargne, est une bonne idée mais je vous le dis, il n’y aura pas de décision en ce sens si en même temps il n’y a pas le retour à l’équilibre des comptes. Et ce sont ces deux directions…

ROLAND SICARD

Donc ce n’est pas pour tout de suite ?

FRANÇOIS BAYROU

De toute façon il faut prendre les décisions le plus vite qu’on peut, mais les résultats de ces décisions, lorsqu’il s’agit de financer des travaux par exemple, eh bien il faut tout le temps de définir les travaux, de lancer les études, de faire face peut-être aux contestations locales qui peuvent arriver ici ou là lorsqu’il s’agit d’un canal ou d’une ligne de chemin de fer ou d’un équipement routier et donc les résultats ne viennent que dans trois ou quatre ans. En revanche, le retour à l’équilibre, le retour à un bon… les économies nécessaires et puis avoir des rentrées qui font qu’on efface peu à peu le déficit des pays dans lesquels nous sommes et notamment de la France, alors ça, ça exige des décisions immédiates.

ROLAND SICARD

Mais je reviens à ma question, est-ce qu’il peut faire plier Angela MERKEL ou pas ? Est-ce qu’il en a les moyens ?

FRANÇOIS BAYROU

Je ne sais pas si c’est en terme de plier. Je ne pense pas que madame MERKEL soit obsessionnelle, qu’elle ait comme ça des lubies, je pense que le peuple allemand, l’économie allemande et un grand nombre d’économies en Europe disent, il faut conduire de front le retour à l’équilibre et le soutien de la croissance et cette idée qu’il n’y aura pas l’un sans l’autre, est une idée absolument cruciale.

ROLAND SICARD

Sur les législatives vous présentez 400 candidats, pourquoi pas des candidats partout ?

FRANÇOIS BAYROU

Parce qu’il y a des circonscriptions où nous avons pensé qu’il était mieux de soutenir quelqu’un d’autre et puis des circonscriptions où nous avons eu le sentiment que nous n’avions pas l’équation nécessaire. Mais 400 comme vous savez, c’est un très grand nombre de candidats, sous l’étiquette du Centre pour la France qui regroupe candidats du MoDem et indépendants.

ROLAND SICARD

Ces quelques autres dont vous parlez, ce sont des centristes de l’UMP, est-ce que c’est une main que vous leur tendez ?

FRANÇOIS BAYROU

J’ai toujours considéré que nous appartenions à la même famille, j’ai toujours pensé que si on veut que le Centre existe en France, il y a deux conditions : un, qu’il soit indépendant, que plus personne ne pense qu’il est une succursale d’un parti d’un côté ou d’un parti de l’autre, qu’il a sa propre volonté et sa propre liberté et deuxièmement, il faut qu’il se regroupe, qu’il accepte de se regrouper, ce à quoi on a assisté…

ROLAND SICARD

C’est mal parti pour l’instant.

FRANÇOIS BAYROU

Oui, pour l’instant ce sont des chapelles qui se subdivisent chaque fois qu’elles le peuvent pour tout un tas de raisons et qui ne sont pas toutes des raisons de haut niveau.

ROLAND SICARD

Mais vous espérez les regrouper un jour ?

FRANÇOIS BAYROU

J’espère qu’un jour nous nous regrouperons..

ROLAND SICARD

A quelle échéance ?

FRANÇOIS BAYROU

Je ne sais pas, je pense que la situation de la France va être telle dans les années qui viennent, la crise va être telle dans les années qui viennent qu’il va falloir que les responsables politiques prennent sur eux-mêmes, pour se mettre ensemble et se regrouper plutôt que pour se diviser.

ROLAND SICARD

Est-ce que vous pensez que la droite peut gagner les législatives ?

FRANÇOIS BAYROU

Je ne sais pas…

ROLAND SICARD

Est-ce qu’il peut y avoir cohabitation ?

FRANÇOIS BAYROU

Alors, cohabitation c’est un mot piégé. En fait il y a deux sortes d’approches, deux sortes de situations. Ou bien vous avez, et ça c’est le pire, une majorité de l’Assemblée nationale qui est en guerre avec le président de la République, vous avez entendu les propos qui ont été échangés ces derniers jours, Jean-François COPE a dit « je suis un chef de guerre, HOLLANDE nous a déclaré la guerre, on va faire la guerre ». Si on est dans ce climat-là, ça sera en France le chaos et donc, pour ma part, je ne suis pas partie prenante de cette volonté d’affrontement entre l’Assemblée nationale et le président de la République élu. Mais en revanche, je pense qu’il serait très bon pour le pays, très positif pour le pays et c’est la position du Centre pour la France, des candidats qui se présentent sous l’étiquette du Centre pour la France, c’est qu’une coopération plus large que le seul Parti socialiste qui serait à l’Assemblée nationale, le travail de groupes politiques ou de courants politiques différents, qui apporterait chacun leurs expériences et leurs visions pour voter pour ce qui est bien, pour mettre en garde lorsqu’on ne va pas dans la bonne direction, ça, ça serait positif pour le pays. Et donc cohabitation de guerre et d’affrontement, catastrophe pour la France, au contraire coopération de courants politiques différents qui se respectent et qui sont capables de s’écouter et de travaille ensemble, ça, ça serait je crois, excellent pour le pays et indispensable dans la période de crise qui vient.

ROLAND SICARD

Vous appellerez à voter pour le Parti socialiste au second tour, là où vous n’êtes pas présent ?

FRANÇOIS BAYROU

Ah non sûrement pas, je n’ai aucune intention d’entrer dans cette logique de dépendance à l’égard du Parti socialiste comme j’ai refusé la logique de dépendance à l’égard de l’UMP. Il faut comprendre que ce que nous portons c’est une indépendance, c’est une liberté…

ROLAND SICARD

Donc il n’y aura pas de consigne de vote de votre part ?

FRANÇOIS BAYROU

Nous verrons circonscription par circonscription et puis je pense que la plupart des électeurs sont assez grands pour choisir eux-mêmes.

ROLAND SICARD

Et chez vous, vous attendez un geste du Parti socialiste ?

FRANÇOIS BAYROU

Je ne raisonne pas en ces termes, je n’ai fait aucun marché et vous le voyez bien, la preuve en a été apportée et cette liberté et cette indépendance sont mon bien le plus précieux. C’est d’ailleurs à peu près comme ça pour tous les Béarnais ou tous les Pyrénéens où qu’ils se trouvent sur la planète.

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