Le groupe de travail, monté de toute pièce par Jean-François Copé, et qui doit plancher pendant un mois sur les « valeurs » et la « ligne » politique du parti, après ses deux défaites, a entamé ses travaux, le 26 juin.
Dans un courrier adressé aux responsables de l’UMP, Copé invite ces derniers à participer à une « réflexion collective » sur les valeurs et les grandes lignes du projet qu’il appelle de ses vœux. Un « préalable au congrès » qui désignera le président du mouvement à l’automne. « Il ne s’agit pas de dresser un inventaire du quinquennat passé », prévient-il, toutefois. Manière de couper l’herbe sous le pied aux pourfendeurs de la stratégie conduite par l’ex-chef de l’État pendant la campagne. Pas question, non plus, de se « positionner par rapport aux autres ou de donner des leçons de morale. » Allusion claire aux attaques portées contre Morano après son appel en direction des électeurs du FN. Ambiance…
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Le tout dans un contexte où un sympathisant UMP sur deux (48 %) et environ deux sympathisants du Front national sur trois (72 %) souhaitent que ces deux formations « passent des accords électoraux aux élections locales », selon un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, publié le 24 juin. Concernant les seuls sympathisants UMP, « ce résultat marque une inflexion (- 6 points) par rapport à une précédente mesure réalisée au soir du second tour de l’élection présidentielle ».
Dans le même temps la Droite populaire, qui a perdu la moitié de ses députés aux dernières élections législatives, s’efforce de remettre sur le tapis la question des valeurs, sans jamais oser ou être en capacité de les définir, à l’image de Jean-Paul Garraud, réélu sur la base d’une alliance à peine voilée avec le Front national, l’émission « Ça vous re-garde », diffusée le 25 juin sur LCP a, une nouvelle fois, démontré les divergences profondes qui sévissent au sein de la famille UMP.
Après la sortie peu glorieuse d’Ivan Rioufol, journaliste au Figaro, qui ne cache pas ses appétences pour l’extrême-droite, on peine à trouver la moindre idée dans un discours stigmatisant, mais vide de sens. Désavoués dans les urnes, le 17 juin dernier, les représentants de la Droite populaire sont clairement des adeptes du culte du chef, érigé en mentor. Ils placent l’autorité, voire l’autoritarisme, au-dessus de tout projet, des idées, de l’intérêt général. En clair, il s’agit de ne voir qu’une seule tête. Et de couper celles qui dépassent ! Ces relents de facisme, teintés d’autoritarisme, sont inquiétants pour un parti qui prétend être en capacité de diriger le pays.
Dans ce contexte, Jean-Louis Debré, pourtant connu pour ses frasques, et Dominique Paillé ont fait montre de modération, réclamant un débat interne, avec l’ambition de faire émerger un nouveau corpus idéologique. Plus étonnant, les intéressés voient dans le PS un parti responsable, qui refuse d’ouvrir impunément les frontières ou les vannes pour dilapider l’argent public, et qui a clairement tourné le dos au laxisme, en matière de sécurité…
Indiscutablement la crise de valeurs va conduire à l’intérieur de l’UMP à des conflits violents et dévastateurs…

