Les chroniques Radio du 30 juillet

La vie politique
RTL – 7h45 – Jérôme Florin – Les sarkozystes ont du mal à couper le cordon

Le rapport de l’IGAS sur les restructurations hospitalières
France Inter – 7h20 – Dominique Seux – La disparité des hôpitaux et des soins

Les JO de Londres
RTL – 7h25 – Jean-Louis Gombeaud – Des médailles mais peu d’or

Géopolitique
France Inter – 7h45 – Frédéric Encel – Le Maroc droit sur une mer déchaînée

LA VIE POLITIQUE

RTL – 7h45 – Jérôme Florin – Les sarkozystes ont du mal à couper le cordon

 

Philippe CORBE

Bonjour Jérôme FLORIN.

Jérôme FLORIN

Bonjour.

Philippe CORBE

Alors on l’a vu ces derniers jours : le sarkozysme est une valeur à la mode chez tous les candidats à la présidence de l’UMP. Visiblement, ils ont comme du mal à couper le cordon.

Jérôme FLORIN

Oui. Ils sont tous redevenus sarkozystes en quelques jours. Ecoutez-les bien, ces candidats. Tous sans exception éprouvent le besoin de vous dire qu’ils ont vu Nicolas SARKOZY. Jean-François COPE s’était même arrangé pour avoir un photographe de l’AFP sur le trottoir à la sortie de son rendez-vous avec l’ancien président. Bruno LE MAIRE, lui, fait savoir, plein de sous-entendus, que Nicolas SARKOZY ne l’a pas découragé dans sa démarche. Vous l’aurez compris : le Saint Graal de l’UMP ne pourra s’acquérir qu’en se réclamant de Nicolas SARKOZY, même pour ceux qui, à un moment, ont pu se montrer critiques à son égard. D’ailleurs, ils seront tous là à Nice fin août pour le premier grand raout de l’association des amis de NKS : tout le monde veut être sur la photo.

Philippe CORBE

Mais alors, pourquoi tant d’amour pour l’ancien président qui a été battu en mai et qui a été très critiqué dans son propre camp ?

Jérôme FLORIN

Parce qu’il reste très populaire chez les militants de l’UMP. S’ils n’ont pas toujours aimé la forme, ils estiment qu’au moins il a incarné les valeurs de la droite et ce sont ces mêmes militants surtout qui vont voter en novembre pour choisir leur nouveau président. Donc, pas question pour les prétendants au poste de se risquer à faire maintenant l’inventaire du sarkozysme ; politiquement, ce serait suicidaire. La deuxième raison, c’est que pour l’instant, personne ne s’impose réellement. Oui, François FILLON est porté par les sondages, mais beaucoup de ses anciens ministres sont aussi candidats ou se préparent à l’être. NKM, Xavier BERTRAND, Bruno LE MAIRE : la preuve, expliquent certains, que l’ancien Premier ministre n’a pas réussi à fédérer naturellement la droite autour de lui, pas plus que son rival Jean-François COPE.

Philippe CORBE

Oui mais ça, ça ne va pas durer. Le 26 novembre au matin, la droite aura un nouveau chef et Nicolas SARKOZY ne sera plus un sujet à ce moment-là.

Jérôme FLORIN

Parce que vous croyez qu’en cas de victoire, par exemple, de François FILLON, Jean-François COPE va ranger les couteaux et que tout le monde sera content ? Franchement, à droite personne n’y croit. D’ailleurs, l’actuel patron de l’UMP a une base de repli en cas d’échec ; il a tout prévu. Le groupe UMP à l’Assemblée est tenu par son ami Christian JACOB, et on imagine déjà d’où viendront les critiques si le Parti perd les municipales de 2014. Et puis il reste encore un congrès en 2015, des primaires avant 2017, alors la droite n’a pas fini de se déchirer. Voilà pourquoi les nostalgiques du sarkozysme sont aux aguets. Il faut garder à l’idée, confie un gardien du temple, que dans deux ou trois ans Marine LE PEN peut se retrouver devant l’UMP e à ce moment-là, il faudra imaginer la possibilité d’un recours.

Philippe CORBE

Un recours qui s’appellerait peut-être SARKOZY.

Jérôme FLORIN

Oui, sauf qu’on se souvient que ceux qui ont espéré revenir un jour n’ont pas eu beaucoup de chance. Rappelez-vous : Valéry GISCARD D’ESTAING, Lionel JOSPIN, ils se sont à un moment laissé griser par l’idée d’un come back mais l’histoire ne les a pas attendus. Seul DE GAULLE a réussi un retour, c’était en 58, mais enfin le contexte était assez différent. Et puis on oublie juste une chose surtout : c’est que si beaucoup parlent aujourd’hui au nom de Nicolas SARKOZY, rien ne dit qu’il ait pour l’instant envie de revenir.

 

LE RAPPORT DE L’IGAS SUR LES RESTRUCTURATIONS HOSPITALIERES

France Inter – 7h20 – Dominique Seux – La disparité des hôpitaux et des soins

 

Pierre WEILL

« L’édito éco » de Dominique SEUX du quotidien LES ECHOS. Bonjour, Dominique.

Dominique SEUX

Bonjour à tous !

Pierre WEILL

Ce matin, Dominique, vous nous parlez des hôpitaux et plus précisément, des restructurations hospitalières, l’Inspection Générale des Affaires Sociales vient d’en publier un bilan, et il y a une surprise !

Dominique SEUX

Alors c’est vrai, à un 30 juillet à l’aube, le mot « restructuration hospitalière » ça peut faire peur ! Vous allez voir, Pierre, le sujet nous concerne tous. Les hôpitaux sont actuellement dans l’actualité pour plusieurs raisons. D’abord, parce que leur situation financière est fragile, avec des dettes élevées, et des banques qui ne leur prêtent plus beaucoup d’argent. Il faut dire qu’ils ont beaucoup investi ces dernières années et que les recettes n’ont pas suivi. La sonnette d’alarme vient d’être tirée par la Fédération Hospitalière de France. Une autre raison pour laquelle on parle des hôpitaux, est que le Gouvernement va diriger de l’argent du fameux grand emprunt lancé par Nicolas SARKOZY vers ces hôpitaux pour les aider. Enfin, troisième raison, voilà l’Inspection Générale des Affaires Sociales, vient de faire le point sur les regroupements hospitaliers et la surprise est que ce bilan, pour l’IGAS, n’est globalement pas terrible.

Pierre WEILL

Et pourquoi Dominique ?

Dominique SEUX

L’idée des fusions/regroupements, sujet autant politique qu’économique, parce qu’il y a parfois des disparitions d’hôpitaux de petites villes à la clé, l’idée que la qualité des soins et la rentabilité sont liées à la taille des hôpitaux. C’est le bon sens, plus il y a de personnels soignants, de lits d’opération, meilleurs ils sont. Une structure n’effectuant que 50 opérations par an, perd, si on peut dire, perd la main. En plus, plus c’est grand, plus il y a d’économie d’échelle, et bien pour l’IGAS, erreur ! Erreur, le lien n’est pas automatique. Un bon management interne est souvent, plus pertinent pour réduire les dépenses, que les fusions difficiles, la conclusion est que les fusions devraient d’après l’IGAS rester rares. Ca va ravir les élus et les habitants des petites villes qui se battent depuis des années contre les restructurations hospitalières.

Pierre WEILL

Alors à ce propos, Dominique SEUX, quelques exemples ?

Dominique SEUX

Alors attention, il faut le dire, dans certains cas, les restructurations ont été un succès, l’IGAS cite la fusion gagnant/gagnant des établissements d’Aix-les-Bains et de Chambéry, avec une nouvelle répartition des activités. Les deux villes ne sont qu’à une demi-heure de route. Autre réussite, plus générale, ce qui a été fait dans une spécialité, l’obstétrique, les accouchements pour dire clair, en 30 ans, le nombre de maternité, est passé de presque, écoutez bien, de presque 1400 à environ 550, alors que le nombre de naissance est resté aux alentours de 800 000 par an. Dans le même temps, la mortalité néonatale a chuté, il ne reste plus que 13 maternités effectuant moins de 500 accouchements par an.

Pierre WEILL

Il y a des échecs et des grandes difficultés ?

Dominique SEUX

Il y a effectivement des fusions ratées, quand le temps de trajet entre deux établissements fusionnés est trop grand, alors donnons un exemple, dans la Drôme, entre l’hôpital de Romans et celui de Valence, 50 minutes aux heures de pointe, là, c’est trop ! Autre cas, d’échec, quand on fusionne deux établissements en déficit financier, autre exemple, là, les centres hospitaliers d’Alençon, ça c’est dans l’Orne et de Mamers, ça c’est dans la Sarthe. Plus largement, les restructurations sont difficiles en chirurgie, parce que la diversité des spécialités ne facilite pas les mises en commun. Mais là, l’IGAS en dépit des difficultés pour la chirurgie, l’IGAS pousse la roue, quand un bloc-opératoire n’est pas utilisé au moins une nuit sur deux, dit l’IGAS, il n’est pas indispensable de le maintenir. C’est peut-être même inquiétant. En 2010, le gouvernement, avait proposé, souvenez-vous, un seuil d’activité minimale de 1500 opérations par an, mais il avait dû reculer en race campagne.

Pierre WEILL

Un dernier point, Dominique SEUX, ce rapport n’a pas fait l’objet de beaucoup de publicité ?

Dominique SEUX
Eh non ! Il a été bouclé en mars, mais sagement gardé sous cloche, jusqu’à la présidentielle et donc publié discrètement, ces tous derniers jours, sur le site Internet de l’IGAS. Excusez-moi, du jeu de mots un peu facile, attention ! Sujet qui fait vite monter la température.

 

LES JO DE LONDRES

RTL – 7h25 – Jean-Louis Gombeaud – Des médailles mais peu d’or

 

Philippe CORBE

Bonjour Jean-Louis GOMBEAUD.

Jean-Louis GOMBEAUD

Bonjour Philippe CORBE.

Philippe CORBE

On en parlait tout à l’heure dans le journal, les Jeux Olympiques sont bel et bien lancés, la conquête des podiums et des 4.700 médailles, si l’on compte les jeux paralympiques, de l’or, de l’argent, du bronze, mais outre la gloire, combien vaut exactement une médaille ?

Jean-Louis GOMBEAUD

Réponse : guère plus qu’une breloque ! C’est la compagnie RIO TINTO multinationale à la triple nationalité australienne, canadienne et chinoise qui s’est vue confier l’extraction du métal, de l’or, de l’argent, du cuivre et du zinc venant de Mongolie et de Lyuta. Huit tonnes pour 4.700 médailles de 400 grammes chacune, au prix de métaux qui ne cessent de flamber depuis les jeux de Pékin le métal argent a triplé. Le budget risquait l’explosion surtout qu’à Londres les médailles pèsent deux fois plus lourd qu’à Pékin. A 400 grammes, une médaille 100% or vaudrait au prix du marché près de 21.000 dollars. On a donc trouvé la solution : 6 grammes d’or seulement, 2%.

Philippe CORBE

C’est tout ?

Jean-Louis GOMBEAUD

Le reste : 90% d’argent et 8% de cuivre. Le tout permet de diviser le prix par 40. Il n’empêche, ces 6 misérables grammes d’or font que la médaille d’argent vaut deux fois moins cher, 300 euros au lieu de 600. Quant à la médaille de bronze, 97% de cuivre, 3% de zinc, elle vaut au prix du métal 5 euros sur le marché. Pour autant, le troisième sur le podium n’a pas de quoi se plaindre une médaille en chocolat vaudrait deux fois moins chère.

Philippe CORBE

Autrement dit, nos champions ne s’alignent pas pour de l’argent.

Jean-Louis GOMBEAUD

A ceci près que la médaille c’est le produit d’appel, la cerise sur le gâteau avant le plat de résistance, sponsors, pubs et compagnie. Et ce n’est pas nouveau, dans un livre que je vous conseille pour les vacances « Anquetil tout seul » aux éditions du Seuil, Paul FOURNEL raconte que le journaliste Robert CHAPATTE avait posé cette question à Jacques ANQUETIL: accepteriez-vous de courir pour des médailles seulement ? Le champion cycliste avait répondu : « c’est stupide, chaque coup de pédale me rapporte 1.000 francs », autrement dit 17 euros d’aujourd’hui. ANQUETIL précise même : « je gagne 8.000 francs à la minute soit 140 euros d’aujourd’hui », et de conclure la conversation : « c’est complètement loufoque de s’escrimer pour pas un rond, or une médaille c’est précisément tout rond ».

Philippe CORBE

Oui c’est un peu l’arnaque, 2% d’or dans une médaille d’or, ce n’est pas beaucoup.

 

GEOPOLITIQUE

France Inter – 7h45 – Frédéric Encel – Le Maroc droit sur une mer déchaînée

 

Pierre WEILL

Et la chronique internationale avec Frédéric ENCEL, bonjour, Frédéric.

Frédéric ENCEL

Bonjour, Pierre.

Pierre WEILL

Aujourd’hui, le Maroc, un pays qui a échappé aux soubresauts du printemps arabe.

Frédéric ENCEL

C’est vrai ! Cette chronique, on le sait, n’est pas réputée pour sa complaisance vis-à-vis des régimes politiques quels qu’ils soient ! Et pourtant, lorsqu’un système fonctionne, pourquoi ne pas le dire ! Aujourd’hui, le Maroc célèbre la fête traditionnelle du trône, qui marque l’intronisation du Roi Mohammed VI. Et forcé de reconnaître que ce souverain au pouvoir, depuis maintenant 13 ans, s’en sort plutôt bien. Certes de graves problèmes économiques que subsistent, à commencer par l’intégration d’une jeunesse nombreuse sur le marché de l’emploi, entre parenthèses, l’Europe du Sud, n’est pas un modèle de réussite en la matière. On pourra aussi pointer des poches de pauvreté, aux abords des grandes villes ou encore les foyers d’analphabétismes dans les campagnes reculées. Cela dit, aucun bilan n’a de sens dans l’absolu. Et il faut toujours comparer avec avant et ailleurs. Et en l’occurrence parmi les voisins arabes, sans une goutte de pétrole et avec une population abondante, le Maroc se présente comme un bon élève, et c’est le PNUD, le programme des Nations Unies pour le développement qui le dit. Une dynamique de grands chantiers et d’investissements et pas seulement à Tanger. Une croissance de 4,6 % en 2011, malgré une conjoncture mondiale défavorable, un taux d’investissement global de 35 % du PIB. Un pouvoir d’achat, moyen en hausse de 4 %, etc. par ailleurs aux confins du social, de l’économique et de l’identitaire, on notera la volonté farouche du Souverain de défendre le droit des femmes en réformant en leur faveur la Moudawwana, autrement dit le Code de la famille et cela dès 2003 et en les incitant à intégrer le monde du travail. Politique courageuse, si l’on sait l’exécration des islamistes radicaux pour ce type de mesure salutaire. Et précisément, sur ce front-là, aussi, Rabat a su rester ferme et efficace vis-à-vis des terroristes qui, on le sait, ont frappé durant les années 2000, tout en menant une politique extérieure pondérée et proche de l’Occident.

Pierre WEILL

Sur le plan politique, Frédéric ENCEL, comment expliquez que la contestation du printemps arabe, n’ait que marginalement touché le Maroc.

Frédéric ENCEL

Alors toujours difficile de donner une réponse univoque. Mais deux pistes, tout de même ! L’une, conjoncturelle, l’autre, structurelle. D’abord, Mohammed VI a immédiatement pris la mesure du phénomène contestataire en annonçant une série de réformes notamment sur le plan social de nature à apaiser certaines frustrations. En cela, il fut bien inspirer, d’autant qu’une vraie conciliation a eu lieu avec les formations parlementaires d’opposition, les syndicats et le monde associatif. Une politique assez unique, parmi les 22 Etats de la Ligue Arabe exceptée, peut-être à l’autre bout du monde arabe, celle d’Abdallah II de Jordanie. Voilà pour l’immédiat. Mais plus structurellement, il ne faut jamais oublier que la dynastie chérifienne bénéficie de deux atouts fondamentaux. Un, elle est descendante du prophète, ce qui incite les islamistes à la jouer profil bas. Deux, elle n’a jamais été dominée par l’Empire ottoman, ni réellement colonisée par une puissance européenne, le court intermède français ayant été jusqu’à LIOTAIS respectueux du sultanat. Or il s’agit là d’une exception absolue, au sein du vaste monde arabe, en particulier si on observe l’histoire des voisins algériens et mauritaniens. Et cela, ce double prestige historique était logique, le peuple marocain, le tient pour tout à fait essentiel. Alors résumons-nous, terrorisme et sécessionnisme en Irak, faillite totale de l’Etat au Yémen et en Somalie, guerre civile en Syrie, incertitude islamiste en Tunisie, en Egypte et bientôt en Libye. Un peu tout cela à la fois au Mali, et recul ou stagnation économique partout, décidément le Maroc de Mohammed VI tient bon, le cap sur une mer plutôt déchaînée.

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