“J’aime la Russie mais je hais Poutine” déclare une Pussy Riot

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Internée dans un camp de travail, Nadezhda Tolokonnikova, leader du groupe Pussy Riot, a accordé un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

« Je ne regrette rien”, assure Nadezhda Tolokonnikova, 22 ans, leader du groupe Pussy Riot, dans un entretien au Spiegel. “Au bout du compte, je pense que le procès contre nous était important car il a montré le vrai visage du système Poutine”, a déclaré celle qui veut “une révolution en Russie”.

La jeune femme a répondu par écrit aux questions du magazine allemand via l’un de ses avocats.

“Le système Poutine (…) n’appartient pas au XXIe siècle, il rappelle beaucoup plus les sociétés primitives ou les régimes dictatoriaux du passé”, a-t-elle déclaré, ajoutant : “Je me bats pour que ma fille [de 4 ans, ndlr] grandisse dans un pays libre.”

“Une prison russe avec son charme soviétique”

Interrogée sur ses conditions de détention, l’artiste affirme qu’elles sont supportables. “Malgré tout, c’est une prison russe avec tout son charme soviétique. Il n’y a pas eu beaucoup de progrès : la prison est un mélange de caserne et d’hôpital.”

“Nous sommes réveillées à 6 heures du matin, ensuite je prends mon petit-déjeuner, ensuite vient le tour de cour. Le reste de la journée, j’écris. Ou je lis, ces jours-ci par exemple la Bible et les œuvres du philosophe marxiste slovène Slavoj Zizek, décrit-elle. “Le manque de liberté de mouvement ne restreint pas la liberté de penser”, conclut-elle.

Outre Nadezhda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées à deux ans de camp chacune pour “hooliganisme” et “incitation à la haine religieuse” après avoir chanté en février une “prière punk” dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de “chasser Poutine” du pouvoir.

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