Les chroniques du mercredi 5 septembre

La politique sociale du Gouvernement
RTL – 7h25 – Christian Menanteau – Les contrats de génération

Les négociations dans la fonction publique
I Télé – 7h05 – Christophe Barbier – Fonctionnaires, le pire est devant

La vie politique
LCI – 7h10 – Renaud Pila – Estrosi choisit Fillon
RMC – 7h20 – Christophe Jakubyszyn – Les guerres de succession
Europe 1 – 7h45 – Caroline Roux – L’ami François Chérèque
France Inter – 7h45 – Thomas Legrand – Le débat sur le non-cumul des mandats
Radio Classique – 8h15 – Guillaume Tabard – Le concours de sarkozysme

La rentrée scolaire
RTL – 7h15 – Dominique Tenza – Questions sur le nombre d’élèves par classe

La préparation des élections municipales
RTL – 6h50 – Alba Ventura – Duel de femmes

France-Allemagne, le couac
France Inter – 7h20 – Dominique Seux – Réponse à Monsieur keitel

L’élection présidentielle américaine
RTL – 7h45 – Alain Duhamel – Barack Obama toujours favori

LA POLITIQUE SOCIALE DU GOUVERNEMENT

RTL – 7h25 – Christian Menanteau – Les contrats de génération

Laurent BAZIN

« La question éco », Christian MENANTEAU, re-bonjour à vous.

Christian MENANTEAU

Bonjour à tous !

Laurent BAZIN

Et voilà donc les contrats de génération, chers à François HOLLANDE, ils sont sur la table des

syndicats, ce matin, vous avez beaucoup de chance, vous avez pu consulter le document et voir le

ministre du Travail hier soir. On reste sur le même principe : un jeune, un senior ?

Christian MENANTEAU

Absolument. Le principe a survécu, il faut favoriser l’embauche en CDI d’un moins de 30 ans, et

parallèlement, bien sûr, maintenir en place un senior de plus de 55 ans. Alors, en échange de ce

Pacs…

Laurent BAZIN

Oui.

Christian MENANTEAU

… l’entreprise bénéficierait d’une réduction de ses charges. En revanche, l’architecture n’a plus

grand-chose à voir avec l’engagement de campagne de François HOLLANDE, parce que, premier

point, les entreprises seront désormais classées en deux groupes : plus ou moins de 300 salariés.

Initialement, vous vous en souvenez, la barre était à 50 salariés. Deuxième point, ce contrat de

génération, ce n’est pas un menu, on va travailler à la carte : dans les plus de 300 salariés, les

partenaires sociaux devront signer des accords, sous peine de sanctions, mais dans les petites, il y

aura soit un accord collectif, soit un accord individuel, signé par l’entreprise, par le jeune CDI et par

le salarié senior, c’est donc un dispositif qui se veut personnalisé.

Laurent BAZIN

Oui, François HOLLANDE, il l’avait présenté lors des primaires socialistes, Martine AUBRY en

avait dit tout le mal qu’elle en pensait.

Christian MENANTEAU

Oui.

Laurent BAZIN

Est-ce que ça peut marcher, Christian ?

Christian MENANTEAU

Ecoutez, Michel SAPIN propose des procédures qui semblent quand même un peu moins

bureaucratiques, que ce que l’on avait entendu durant la campagne, et a priori c’est beaucoup plus

simple. Il y aura la carotte pour les moins de 300 salariés, et le bâton pour les grosses entreprises.

Alors, en clair, les sociétés de moins de 300 salariés, que l’on appelle les petites sociétés,

maintenant, auront la possibilité de bénéficier de – parce qu’elles représentent 66 % de l’emploi du

secteur privé, quand même – de 2 000 € d’aides par an, et par jeune, et 2 000 € supplémentaires

par senior. Et ça, c’est très significatif, puisque 2 000 €, c’est le montant annuel des cotisations

chômage d’un sénior, et c’est 14 % d’un poste de smic. Pour les grandes sociétés, là, c’est

l’inverse, c’est le bâton. S’il n’y a pas d’accord, paf, fini les allègements de charges sociales sur les

bas salaires, et en plus, pénalité de 1 % de la masse salariale, un dispositif qui est déjà prévu par

la loi.

Laurent BAZIN

Bon, 2 000 € + 2 000 € + 2 000 € x 500 000, vous avez fait marcher la calculette ? Ça va coûter

cher ?

Christian MENANTEAU

Oui, ça va nous faire 2 milliards en plus des dispositifs qui existent déjà, évidemment si l’objectif de

500 000 emplois est tenu. Alors, l’Etat promet d’en faire son affaire, c’est donc, in fine, le

contribuable, bien sûr, qui ramassera la note.

 

LES NEGOCIATIONS DANS LA FONCTION PUBLIQUE

I Télé – 7h05 – Christophe Barbier – Fonctionnaires, le pire est devant

Amandine BEGOT

Bonjour Christophe.

Christophe BARBIER

Bonjour Amandine. Bonjour Jérôme. Bonjour à tous.

Amandine BEGOT

Et on va parler des fonctionnaires ce matin, les syndicats de fonctionnaires sont sortis déçus hier

de leur rencontre avec leur ministre, Marylise « LEBRANCHOU » – pardon – LEBRANCHU. Ont-ils

des raisons vraiment de s’inquiéter ?

Christophe BARBIER

Eh oui, ils sont dans les choux, en effet, le pire est devant eux, Amandine, le pire est devant les

fonctionnaires, il fallait avoir le courage de leur dire hier, plutôt que de réunir une concertation, une

de plus, parce que ça ne mange pas de pain, parce qu’on croit que ça gagne du temps, alors qu’en

fait, ça perd du temps sur les réformes inévitables. Leur dire la vérité, c’était quoi ? C’était leur dire

d’abord : l’Etat n’a plus d’argent, et le peu d’argent qu’a l’Etat, il le met, soit, dans le soutien aux

emplois, les emplois aidés, soit dans le soutien à la consommation, au pouvoir d’achat, comme on

l’a vu avec l’essence, mais il n’y a plus rien pour les fonctionnaires. La deuxième chose à leur dire,

c’est qu’il n’y a plus rien à leur donner comme argent, parce qu’ils ont la sécurité de l’emploi, et que

dans le monde dans lequel nous vivons, eh bien, la sécurité de l’emploi, ça n’a pas de prix.

Jérôme BERMYN

Alors, Christophe, est-ce qu’il n’est pas temps de redéfinir la Fonction publique en France ?

Christophe BARBIER

Complètement Jérôme ! Il faut tout redéfinir, les missions, la répartition sur le territoire, les

fonctions entre Etat et collectivités locales, où il y a beaucoup de doublons, l’organisation de la

Fonction publique, on a fait les 35h pour le privé, il y a quinze ans, pour créer des emplois, on l’a

fait aussi pour le public, funeste erreur, on la paie aujourd’hui, il faut remettre toute cette

organisation à plat, et les fonctionnaires doivent savoir qu’on leur en demandera plus parce qu’ils

sont au service d’un pays qui va mal, et que c’est à eux aussi de le redresser. Redressement, c’est

un mot à la mode au Gouvernement.

Amandine BEGOT

Et il y a aussi un enjeu idéologique derrière tout ça.

Christophe BARBIER

Oui, tout à fait, REAGAN disait : « n’attendez pas que l’Etat vienne résoudre votre problème parce

que le problème, c’est l’Etat. » On n’en est pas là en France, on a une haute considération pour

l’Etat, mais à droite, il y a un affrontement entre les Gaullistes Etatistes, et puis, les libéraux qui

veulent moins d’Etat, à gauche, entre les jacobins et ceux qui veulent faire des économies, il y a

aussi un affrontement ; cet affrontement-là, idéologique, il nous concerne tous, parce que, comme

disait Louis XIV, « l’Etat, c’est moi », c’est devenu : l’Etat, c’est nous, parce que c’est nous qui

payons.

 

LA VIE POLITIQUE

LCI – 7h10 – Renaud Pila – Estrosi choisit Fillon

Rebecca FITOUSSI

Jean-Baptiste ! Vous êtes avec Renaud PILA.

Jean-Baptiste MARTEAU

Eh oui ! LE FIT POLITIQUE DU JOUR avec Renaud PILA, bonjour Renaud.

Renaud PILA

Bonjour.

Jean-Baptiste MARTEAU

Journaliste politique à TF1News.fr. On va parler de la guerre à l’UMP, de la bataille pour la

présidence du parti, avec une spécificité géographique dont on va parler. Mais, d’abord, cette

question : pourquoi le ralliement de Christian ESTROSI à François FILLON a fait tant parler hier ?

Renaud PILA

Oui ! Etonnamment le maire de Nice, qui soutient François FILLON, ça n‘aurait pas du faire couler

autant d’encre hier.

Jean-Baptiste MARTEAU

Non ! Ce n’est pas un poids lourd.

Renaud PILA

Exactement ! Christian ESTROSI, il n’a jamais eu un très grand ministère, il n’est pas bien placé

dans les sondages de popularité des Français et puis ce n’est pas lui faire injure que de dire que

Christian ESTROSI il n’a pas une influence déterminante sur la vie politique nationale.

Jean-Baptiste MARTEAU

Et pourtant !

Renaud PILA

Mais Christian ESTROSI il est maire de Nice, Christian ESTROSI c’est donc le patron de la

Fédération des Alpes Maritimes, ce département et, si on regarde bien qui François FILLON début

juillet a choisi comme directeur de campagne pour cette bataille UMP, Eric CIOTTI totalement…

Jean-Baptiste MARTEAU

Des Alpes-Maritimes.

Renaud PILA

Totalement inconnu des Français…

Jean-Baptiste MARTEAU

Oui !

Renaud PILA

Mais Eric CIOTTI c’est le président du Conseil général, tiens, des Alpes Maritimes également. Qui

Jean-François COPE a choisi dans son ticket, vous savez le trio pour le congrès de fin novembre ?

Luc CHATEL, son ami, et…

Jean-Baptiste MARTEAU

Michèle TABAROT !

Renaud PILA

Michèle TABAROT, tiens encore une députée des Alpes Maritimes, une fidèle, on voit bien que ce

département compte et, comme le disait une blague qui circulait hier dans les couloirs de l’UMP :

« cette campagne c’est avant tout une histoire de 06 ».

Jean-Baptiste MARTEAU

Oui ! Alors 06 donc c’est le numéro des Alpes-Maritimes, mais pourquoi ce département est si

stratégique ?

Renaud PILA

Ce département est extrêmement stratégique, ce n’est pas à cause du soleil Jean-Baptiste…

Jean-Baptiste MARTEAU

Pas uniquement !

Renaud PILA

Ce n’est pas à cause des plages, pas du tout, c’est parce que c’est une pépite de militants, les

Alpes Maritimes c’est plus de 14.000 cartes de militants à jour, si on regarde les départements

voisins, les Bouches du Rhône de Jean-Claude GAUDIN plus de 10.000 militants, le Var plus de

7.000 militants. Donc on voit bien pourquoi, finalement, tous les leaders de la Droite ont fait leur

rentrée politique dans le Sud : Jean-François COPE début août un barbecue près de Cannes

1.500 militants, début août au coeur du mois…

Jean-Baptiste MARTEAU

C’est énorme !

Renaud PILA

Au coeur, énorme, au coeur du mois d’août ; Tous les leaders de la Droite se sont réunis pour

célébrer le bilan de Nicolas SARKOZY fin août, c’était où ? C’était à Nice ! Et le lendemain Jean-

François COPE il a annoncé officiellement sa candidature dans un petit village du Vaucluse :

Châteaurenard.

Jean-Baptiste MARTEAU

Oui ! Comme par hasard. Donc c’est donc dans ces bastions du Sud-est que va se jouer la

présidence de l’UMP ?

Renaud PILA

Oui ! Ces bastions du Sud-est de la France c’est très important pour comprendre cette bataille.

Mais pas seulement, il y a également la région parisienne avec 2 très grosses fédérations…

Jean-Baptiste MARTEAU

Paris !

Renaud PILA

Paris bien sûr (22.000 militants) et puis bien sûr les Hauts-de-Seine…

Jean-Baptiste MARTEAU

Les Hauts-de-Seine !

Renaud PILA

Nicolas SARKOZY on en parle tous les jours en ce moment, plus de 15.000 militants. Mais si on

regarde la géographie de cette campagne, la carte électorale et les déplacements, on se rend

compte… ça en dit long sur l’état de santé du principal parti de la Droite française, si on enlève,

quand on regarde le Sud-est de la France et la région parisienne, l’UMP il ne lui reste quasiment

pas de troupes, aujourd’hui la Gauche domine tout l’Ouest de la France, tout l’Ouest du pays, en

fait l’UMP a abandonné aux Socialistes et aux Ecologistes toutes les anciennes terres notamment

le Grand Ouest de Bretagne qui appartenaient à l’UDF…

Jean-Baptiste MARTEAU

La Démocratie chrétienne, ça, donc les terres de l’Ouest.

Renaud PILA

Exactement ! Qui faisaient les succès électoraux de l’UDF et du RPR. On se rend compte

aujourd’hui, à travers cette bataille, que l’UMP eh bien finalement elle est réduite aujourd’hui à

l’espace électoral du RPR, c’est une inquiétude pour la reconquête du pouvoir.

Jean-Baptiste MARTEAU

L’UMP doit donc se concentrer sur l’Ouest de la France pour peut-être revenir au pouvoir dans

quelques années ?

Renaud PILA

Exactement !

Jean-Baptiste MARTEAU

Une des équations à surveiller.

Renaud PILA

Une des nombreuses équations, avec le leadership, parce qu’on voit qu’en ce moment c’est plus

compliqué que prévu.

Jean-Baptiste MARTEAU

Effectivement. Merci beaucoup, Renaud PILA.

 

RMC – 7h20 – Christophe Jakubyszyn – Les guerres de succession

Jean-Jacques BOURDIN

Tiens, à propos de l’eau, des tarifs, puisqu’on vient d’en parler, et puis ça alimentera notre

question SMS du jour, moi je pose simplement une question, est-ce que l’eau pour se laver doit

être au même prix que l’eau pour remplir sa piscine ? Il est 7H22, vous êtes sur RMC, Christophe

JAKUBYSZYN va nous parler de politique. Enfin, de politique ! Oui… Je le disais tout à l’heure,

bonjour Christophe.

Christophe JAKUBYSZYN

Bonjour Jean-Jacques. Bonjour à tous.

Jean-Jacques BOURDIN

Votre parti pris ce matin, vous vous intéressez ce matin à la succession de Martine AUBRY à la

tête du Parti socialiste et à la guerre de succession, aussi, à l’UMP. Mais dites-moi, ça vous

intéresse tant que ça ces guerres de succession qui vraiment sont… ?

Christophe JAKUBYSZYN

Jean-Jacques, on va tout se dire, comme tous les jours, je vous mentirais si je vous disais que ça

me passionne, sur le fond.

Jean-Jacques BOURDIN

Franchement.

Christophe JAKUBYSZYN

Qui de Jean-Christophe CAMBADELIS ou Harlem DESIR sera le nouveau chef du Parti

socialiste ?

Jean-Jacques BOURDIN

Ça, alors là !

Christophe JAKUBYSZYN

Comment le dire poliment ? Disons que ça me passionne autant que de savoir qui de François

FILLON ou Jean-François COPE sera le nouveau président de l’UMP, franchement Jean-Jacques,

on peut renvoyer dos à dos l’UMP et le PS dans cette double campagne électorale, je pense qu’il y

a d’autres problèmes, comme vous, autrement plus importants pour les Français. Mais quand

même, on va s’en moquer ce matin. Moi ce que j’aime, dans la guerre de succession au Parti

socialiste, c’est ce côté retour vers le passé. Je ne suis plus si jeune, que voulez-vous, et quand on

me parle…

Jean-Jacques BOURDIN

Mais si, mais si.

Christophe JAKUBYSZYN

Quand on me parle de l’Union Soviétique, que voulez-vous, il y a comme une odeur de madeleine

qui flotte dans l’air de ce studio. Eh bien voilà, le Parti socialiste aujourd’hui, la rue de Solferino,

c’est le Kremlin de la Guerre froide, c’est le parti qui décide de tout, c’est le politburo, le présidium,

qui fait le futur roi, et la présidente du présidium, c’est celle qui verrouille tout, qui décide encore de

tout, et qui en plus… ce costume, vous ne trouvez pas, il y a un petit côté un peu maoïste, c’est

Martine AUBRY.

Jean-Jacques BOURDIN

Vous voulez dire que les adhérents du Parti socialiste n’ont pas leur mot à dire sur la succession ?

Christophe JAKUBYSZYN

Voilà, les Français, les socialistes français, eh bien non, niet, niet, pardon, niet il faut dire !

Jean-Jacques BOURDIN

Niet, niet.

Christophe JAKUBYSZYN

Les adhérents, mais pour quoi faire ? Mais quoi faire ? Après tout, on élut leur chef, donc comme

en URSS ça peut se faire sans eux, non ? Je ne dis pas que c’est la faute uniquement de Martine

AUBRY, après tout, tout le monde au Parti socialiste a approuvé le nouveau mode de désignation

de 2010. Tiens, en tout cas c’est un système curieux où les adhérents ne sont consultés que sur

les motions, c’est-à-dire les différentes lignes politiques, et c’est le premier signataire de la motion

qui l’emporte, qui devient le premier secrétaire. Le problème Jean-Jacques, c’est quoi ? C’est que

cette fois-ci il n’y aura qu’une motion, une motion unique, donc ça limite un peu le choix quand

même !

Jean-Jacques BOURDIN

Oui, bien sûr.

Christophe JAKUBYSZYN

Et qui a préparé cette motion unique ? Martine AUBRY, qui s’est alliée au Premier ministre, Jean-

Marc AYRAULT. C’est pratique ça, AUBRY/ AYRAULT ensemble, quelqu’un ose critiquer dans la

salle, dans le bureau, dans le studio ? Non, personne.

Jean-Jacques BOURDIN

Mais qui choisit celui qui est en tête de cette motion unique ?

Christophe JAKUBYSZYN

Là encore, qu’est-ce que vous voulez, c’est Martine AUBRY qui met les noms dans l’ordre qu’elle

veut, puisque c’est sa motion. Harlem DESIR, celui qui a fait l’intérim, son actuel adjoint, ou Jean-

Christophe CAMBADELIS, celui qui l’a été aidée à être première secrétaire en 2008 ? Hop, hop,

hop, ça sortira du képi de Martine AUBRY, pardon, du chapeau de Martine AUBRY, la semaine

prochaine, les militants n’auront qu’à dire « amen » – ah non, pardon il faut dire « da. » Voilà, c’est

tout.

Jean-Jacques BOURDIN

Personne ne dit rien au parti ?

Christophe JAKUBYSZYN

Pas vraiment, quelques voix, comme Jean-Jack QUEYRANNE, le président de la région Rhône-

Alpes, qui lui dénonce un processus à la nord-coréenne. Voyez, il a changé de dictature. Ou

encore, tiens, la petite voix d’Harlem DESIR qui demande un vote des militants, au moins sur deux

noms, et qui se fait traiter déjà par tout le monde de mauvais perdant. Du coup Martine AUBRY a

quand même été obligée de lâcher du lest en promettant qu’il y aurait un vote sur la motion et sans

doute sur les deux premiers noms de la motion. Mais en coulisses, franchement, les jeux sont faits,

ce qui se négocie c’est la répartition des postes au sein de la future équipe du Parti socialiste. Là,

Jean-Jacques, je vous le dis franchement, moi je rends mon chapeau, ça dépasse mes

compétences, il faut être « kremlinologue » pour comprendre ce qui se passe au PS. Allez, on va

se faire un petit coup des Beatles !

Jean-Jacques BOURDIN

Eh bien nous verrons. Tiens, je poserai la question à Vincent PEILLON.

Christophe JAKUBYSZYN

Je crois qu’il a une petite préférence Vincent PEILLON, vous lui demanderez.

Jean-Jacques BOURDIN

Pour qui ?

Christophe JAKUBYSZYN

Vous lui demanderez.

Jean-Jacques BOURDIN

Non, mais dites-moi.

Christophe JAKUBYSZYN

Il me semble que lui soutient Harlem DESIR.

Jean-Jacques BOURDIN

Je lui poserai franchement la question, on verra bien.

 

Europe 1 – 7h45 – Caroline Roux – L’ami François Chérèque

Bruce TOUSSAINT

Et voici l’édito politique de Caroline ROUX sur Europe 1. Bonjour Caroline.

Caroline ROUX

Bonjour Bruce, bonjour à tous.

Bruce TOUSSAINT

Encore un mauvais sondage pour François HOLLANDE et Jean-Marc AYRAULT. Alors au milieu

de toutes ces mauvaises nouvelles – il y en a quand même beaucoup – il y a une sorte de lueur

d’espoir pour le Président et le Gouvernement, en tous cas pour le Président : il y a peut-être un

nouvel ami.

Caroline ROUX

Oui. Et si François HOLLANDE avait un nouvel ami ? Mieux qu’un ministre qui veut exister, mieux

qu’un allié du PS qui veut exister aussi, mieux qu’une majorité pléthorique qu’il faut discipliner, il y

a François CHEREQUE. Le patron de la CFDT est la béquille sur laquelle le Gouvernement peut

s’appuyer. Il l’a montré dans une interview ce week-end : soutien sur le pacte budgétaire, à

l’offensive pour apporter des réponses sur l’emploi, bienveillant à l’égard du volontarisme d’Arnaud

MONTEBOURG. Lui affirme qu’il n’appelle pas François HOLLANDE sur son portable, qu’il voit

peu Jean-Marc AYRAULT, qu’il aime bien Michel SAPIN.

Bruce TOUSSAINT

Quand même !

Caroline ROUX

Il assume ses liens traditionnels de la CFDT avec le Parti socialiste mais précise qu’il est dans une

relation, je cite, de confiance vigilante. Le gouvernement de son côté salue, l’air de ne pas y

toucher, son allant et sa bonne volonté. Il se pose donc comme le partenaire privilégié du

gouvernement. Nicolas SARKOZY, au début de son quinquennat, a pu compter sur la loyauté

intéressée de Bernard THIBAULT ; François HOLLANDE pourra, lui, s’appuyer sur celle de

François CHEREQUE.

Bruce TOUSSAINT

Pourquoi son soutien est-il utile ?

Caroline ROUX

Mais car il a fait le bon diagnostic, il accélère. En portant un discours d’urgence sur l’emploi, sur la

crise, François CHEREQUE rend un immense service au gouvernement, prisonnier de ses

promesses de concertation. Comment défendre le temps des grandes conférences sociales, du

dialogue, quand la France se réveille avec trois millions de chômeurs ? Forcément, il irrite quand il

rappelle ses petits camarades syndiqués de FO ou de la CGT à la nécessité de s’entendre. Il les

renvoie à leurs postures, les sujets sont connus, discutés, négociés, essorés : le compromis est

une nécessité. François CHEREQUE, qui doit passer la main bientôt, imagine même un accord

avant la fin de l’année, un passage au forceps qui serait idéal pour le gouvernement.

Deuxièmement, il est le point d’équilibre. Il accepte de parler baisse du coût du travail,

compétitivité, flexibilité, des mots doux aux oreilles du MEDEF. Ces deux là peuvent s’entendre.

Bruce TOUSSAINT

Qu’est-ce qu’il veut obtenir ?

Caroline ROUX

Son modèle, c’est ce qu’a fait l’Allemagne en 2009 : aider les entreprises à faire face au

ralentissement de l’économie en négociant sur les salaires, sur le temps de travail, tout en

protégeant les salariés ; une façon dit-il d’amortir le choc de la crise, mais il joue aussi sa partition

à lui. Il faut aller vite car si les syndicats réformistes comme la CFDT n’ont plus la main, quand

vient l’heure de la radicalisation et de la colère, quand vient le temps de la rue, vous comprenez,

ce n’est plus François CHEREQUE peut-être qu’on aura envie d’entendre, c’est peut-être votre

invité ce matin.

 

France Inter – 7h45 – Thomas Legrand – Le débat sur le non cumul des mandats

Patrick COHEN

« L’Edito politique », bonjour Thomas LEGRAND.

Thomas LEGRAND

Bonjour Patrick.

Patrick COHEN

Martine AUBRY a donné jusqu’à la mi-septembre aux parlementaires socialistes pour choisir et

mettre fin au cumul de leurs mandats, et beaucoup rechignent.

Thomas LEGRAND

Oui, et c’est le genre de sujet parfait pour les éditorialistes, hein, on tape sur le cumul et ça plaît à

tout le monde. Alors, par esprit de contradiction, ou par jeu intellectuel, j’ai essayé de commencer

cette chronique pro-cumul, comme on peut très bien, par exemple, défendre avec des arguments

valables et convaincants, le parachutage électoral, ça je l’ai fait, donc j’ai essayé et… et je n’a pas

réussi. Voilà pourquoi le principal argument, l’enracinement local, n’est pas convainquant. Chaque

parlementaire peut cultiver son enracinement et sa connaissance de la vraie vie de ses

concitoyens, en étant comme tout le monde, parent d’élève, en faisant ses courses, en faisant la

queue dans les administrations, en étant actif dans le monde associatif, en emmenant ses enfants

au foot, en discutant avec les commerçants, avec ses voisins, parlementaire et citoyen normal, en

quelque sorte, et d’ailleurs la plupart le sont. Pas besoin d’être absolument conseiller municipal,

pour connaître la vraie vie des Français, le mieux c’est de la vivre. Le PS est une formidable

machine à gagner les élections locales, depuis 15 ans, c’est le moment de lui rappeler qu’aucun de

ses barons locaux n’est propriétaire de ses territoires et que les électeurs, les ont élus pour un

travail à plein temps. Le député n’est pas un élu local, c’est un élu de la Nation. Sa circonscription

n’est qu’un bassin d’électeurs. Michel WINOCK, dans son livre « La France politique », évoquant le

choc que subissaient les parlementaires de la IIIème  République, en découvrant à Paris le Palais

Bourbon, il écrit : « Tel qui parlait pour son village, légifère maintenant pour le genre humain »,

c’était l’époque où la France se pensait lumière du monde. Alors, sans monter dans de si hautes

sphères, on pourrait simplement espérer que les députés de la Vème  République se déracinent un

peu de leurs circonscriptions, pour se soucier de l’intérêt national avant tout.

Patrick COHEN

Et donc, logiquement, il faudrait que les députés n’aient pas de mandats locaux ?

Thomas LEGRAND

Oui, l’Assemblée nationale ne peut pas être un syndicat des régions et des départements, il y a le

Sénat, pour ça, ce qui n’est pas ne raison suffisante d’ailleurs pour prôner le cumul des mandats

chez les sénateurs. Mais, les élus ne sont pas les seuls responsables, les militants des partis ne

devraient pas investir les cumulards, et nous, les citoyens, nous ne devrions pas solliciter notre

député pour des affaires locales ou privées, à la limite le député ne devrait même pas avoir de

permanence dans sa circonscription, même si en ces temps de crise, ils se font volontiers les

avocats, à Paris, des salariés des entreprises qui ferment dans leur secteur. Enfin, on oublie

souvent que le Parlement a deux fonctions : il doit légiférer et contrôler l’exécutif. Cet aspect-là est

largement oublié, il ne faut pas accuser la Constitution, les instruments de contrôle existent, ils sont

simplement sous-employés, parce que le contrôle est un travail chronophage et obscure, loin des

caméras et des électeurs. Il y a donc pléthore d’arguments, pour s’opposer au cumul, le plus

souvent cité est celui du frein au renouvellement et à la diversité du monde politique, que le cumul

engendre. Pourtant, face à de telles évidences et face à un tel consensus dans la population, eh

bien on reste estomaqué par l’aplomb des élus qui résistent toujours, malgré leurs promesses, des

barons locaux qui se comportent comme des vieux lions craintifs, passant leur temps à faire pipi

autour de leur territoire, pour bien le délimiter.

 

Radio Classique – 8h15 – Guillaume Tabard – Le concours de sarkozysme

Guillaume DURAND

Avant de recevoir Laurent WAUQUIEZ, mon cher Guillaume TABARD bonjour.

Guillaume TABARD

Bonjour.

Guillaume DURAND

Les coulisses du pouvoir, ce matin on va revenir sur la bataille entre François FILLON et Jean-

François COPE, qui tourne au concours de sarkozysme, puisque dans le jeu des 7 familles, l’un a

récupéré l’ami de 30 ans, Christian ESTROSI, et l’autre a récupéré le fils, Jean SARKOZY. Alors,

décryptons.

Guillaume TABARD

Et oui, donc la course au brevet de sarkozysme ce n’est pas l’arme principale de cette campagne,

c’est l’arme unique, et c’est le challenger, Jean-François COPE, qui a compris le plus tôt que la

fidélité à Nicolas SARKOZY était le critère premier des adhérents de l’UMP. Alors, ça n’allait pas

de soi, quand au lendemain de la défaite du 6 mai les uns fustigeaient une campagne trop

droitière, les autres revendiquaient un droit d’inventaire, et que François FILLON, lui pensait que sa

popularité, réelle et forte, était un viatique suffisant pour l’emporter haut la main. Mais, voilà,

sonder l’opinion de 10 millions d’électeurs de droite ce n’est pas la même chose que connaître le

choix de 200 000 adhérents de l’UMP. Pour souligner ce décalage les « copéistes » ont d’ailleurs

une image assez drôle, ils disent que c’est comme si on demandait à tous les européens de choisir

le président de l’Estonie. Alors, l’image, bien sûr, est un peu caricaturale, mais c’est vrai que ceux

qui ont pris leur carte de l’UMP, l’ont prise pour Nicolas SARKOZY, qu’ils se sont donnés à fond

dans cette campagne, qu’ils ont vécu sa défaite comme une injustice, et qu’ils attendent comme

une réhabilitation de l’ancien président. Alors, François FILLON a sans doute un peu sous-estimé

cet attachement viscère à la SARKOZY, lorsque dans LE POINT il a souligné, il y a deux

semaines, ses différences avec lui, même si, bien sûr, elles n’ont rien de nouveau. Eh bien COPE

s’est engouffré dans la brèche, avec une vraie trouvaille, tactique, celle de dire « si SARKOZY veut

revenir, je m’effacerai pour lui. » Alors François FILLON devait à son tour donner des gages de

sarkozysme, et, de ce point de vue, le ralliement de Christian ESTROSI est une belle prise, elle

permet à FILLON de répondre aussi à une autre critique de COPE, « être obsédé par la

présidentielle de 2017, au point d’oublier les municipales de 2014. » Or, ESTROSI, on le sait, est

maire de Nice, François FILLON en fait une preuve qu’il pense lui aussi aux premiers combats

électoraux à venir.

Guillaume DURAND

Attention à la question qui fait mal, Laurent WAUQUIEZ bonjour, bienvenue sur l’antenne de

RADIO CLASSIQUE et de PUBLIC SENAT, nous sommes ravis de vous accueillir, et la question

est la suivante, Guillaume TABARD : comment l’ancien président juge-t-il cette course pour

apparaître comme son meilleur héritier ? Nous écoutons la réponse.

Guillaume TABARD

Eh bien il laisse dire, en étant à la fois très lucide sur les arrière-pensées des uns et des autres,

mais en même temps assez flatté de vérifier qu’il compte toujours autant à droite. Alors Nicolas

SARKOZY a fait un choix, celui d’accepter de voir tous les prétendants à la présidence de l’UMP

qui le demanderaient, sans en soutenir, bien sûr, publiquement aucun. Alors après, eh bien il

s’amuse de voir comment les uns et les autres communiquent sur leurs rendez-vous. Jean-

François COPE, par exemple, qui a expliqué avoir été reçu au Cap Nègre la veille de la réunion

des Amis de SARKOZY, était évidemment un signe qui ne trompait pas. Mais, quand le même

COPE, jure qu’il est prêt à se retirer à son profit, eh bien SARKOZY confie à des proches qu’il n’est

pas dupe du tout des ambitions réelles du maire de Meaux, qui après tout n’est devenu sarkozyste

qu’il y a un peu plus de 2 ans. De même, si l’affiche avec Jean SARKOZY est un symbole fort pour

COPE, l’entourage de l’ancien président confiait hier qu’il n’était nullement derrière l’initiative de

son fils. Alors inversement, en soutenant FILLON, Christian ESTROSI, hier, faisait valoir toute son

histoire sarkozyste, mais hier matin encore, les services de Nicolas SARKOZY juraient n’avoir pas

été informés de ce ralliement. Alors enfin, quant à l’ancien Premier ministre, il verra celui qui fut

son patron durant 5 ans la semaine prochaine, et on peut parier qu’il y aura là aussi des fuites sur

cette rencontre.

 

LA RENTREE SCOLAIRE

RTL – 7h15 – Dominique Tenza – Questions sur le nombre d’élèves par classe

Laurent BAZIN

« On n’est pas dupes », ce matin, nouvelle chronique que vous retrouvez trois jours par semaine,

sur RTL, les lundis, mercredis et jeudis. Ce matin on n’est pas dupes de la rentrée du changement,

promise par Vincent PEILLON. Bonjour Dominique TENZA.

Dominique TENZA

Bonjour.

Laurent BAZIN

Le ministre de l’Education promet une rentrée apaisée, ce sont ses mots, notamment grâce aux

mille créations de postes de profs dans le primaire, il y aura un prof devant chaque classe, en cette

rentrée. Est-ce que c’est le cas ?

Dominique TENZA

A priori, oui, ça sera le cas. Bien sûr, la rentrée pour les élèves, c’est demain, il faudra attendre,

évidemment, quelques jours, pour que soient répertoriées toutes les situations qui posent

problème. La vraie question, ce n’est pas : « Y-aura-t-il un prof devant chaque élève ? », c’est

plutôt « Combien y-aura-t-il d’élèves devant chaque prof ? ». Tenez, je vous propose de demander

à Aurélie ce qu’elle en pense, elle est directrice d’une école maternelle à Champs-sur-Marne, en

banlieue Est de Paris, et quand on lui parle d’une rentrée apaisée, elle n’est visiblement pas sur la

même longueur d’ondes que le ministre.

Aurélie

J’ai vu mon cahier d’appel, il y a quatre classes à 32 élèves, et puis on a aussi une grande section

qui prépare le CP à 33. Ça va faire des conflits, parce que les enfants vont être serrés, n’auront

pas assez d’espace vital. On va essayer tant bien que mal d’assurer la sécurité, mais je ne peux

pas imaginer enseigner dans ces conditions.

Laurent BAZIN

33 élèves par classe, c’est quand même considérable, c’est plus de la garderie que de la

maternelle, c’est ce que disent généralement les profs. C’est isolé, comme cas ?

Dominique TENZA

Alors, vous donner le nombre exact d’écoles concernées, c’est très compliqué, là encore on en

saura davantage demain soir, une fois la rentrée passée, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est

pas un cas isolé, honnêtement, il m’a suffit de passer quelques coups de téléphone, pour discuter

avec des parents inquiets, 36 élèves en terminale, l’année du bac, ça c’est dans un lycée de Saint-

Brieuc, dans les Côtes d’Armor. Et puis, bon courage à cette jeune instit, également, dans l’Aude,

dont c’est la première année, et qui débutera demain avec une classe de CM1 à 31 élèves.

Laurent BAZIN

Oui, bonjour le stress. Autre promesse de Vincent PEILLON, « J’interdirai – a-t-il dit, le ministre de

l’Education nationale – que les jeunes profs sans formation, soient – je cite – jetés sur le terrain ».

Même question, est-ce que c’est le cas ? Autrement dit, est-ce qu’il n’y a plus de profs jetés sur le

terrain ?

Dominique TENZA

Alors, un dispositif d’accueil a bien eu lieu, il a duré en tout et pour tout, 5 jours. Vous admettrez

que c’est un peu court pour apprendre à gérer une classe. Beaucoup d’enseignants ont

l’impression, en fait, d’être débarqués dans un environnement qu’ils ne maitrisent pas du tout, c’est

le cas de Stéphanie, 26 ans, cette jeune prof de français n’a pas fermé l’oeil depuis trois jours.

Stéphanie

Je n’ai jamais vu d’élèves, enfin, je n’ai jamais été face à une classe. C’est un peu le

manque. Mon plus grand problème, c’est que je ne sais pas faire un cours, je ne sais pas comment

on le prépare, je ne sais pas ce qu’il faut dire dedans, ce qu’on n’a pas besoin de dire, et puis je ne

sais pas à quoi ça ressemble un ado et je sais encore moins à quoi ça ressemble plusieurs ados

ensemble. Je ne sais vraiment pas ce que je peux leur raconter, je n’ai aucune idée de comment

me présenter, comment les faire se présenter, comment leur présenter le français, c’est un peu la

grande inconnue.

Dominique TENZA

Alors, là encore, Vincent PEILLON a promis à chaque professeur débutant un tuteur, et là encore

le dispositif est un peu long à se mettre en place, puisque Stéphanie, par exemple, que vous venez

d’entendre, attend toujours le sien, et elle aurait sans doute aimé quelqu’un pour la rassurer avant

de se jeter dans la gueule du loup, demain matin.

Laurent BAZIN

Enquête signée Dominique TENZA.

 

LA PREPARATION DES ELECTIONS MUNICIPALES

RTL – 6h50 – Alba Ventura – Duel de femmes

Stéphane CARPENTIER

Rendez-vous incontournable dans RTL Petit Matin  à 07 heures moins dix avec Alba VENTURA. Et

c’est reparti pour un tour, Alba : cap sur les municipales de 2014 et cap sur Paris.

Alba VENTURA

Oui. Vous avez vu donc, nous avons déjà une candidate en piste puisque c’est la socialiste Anne

HIDALGO qui le dit ce matin dans Le Parisien , qui rêve de prendre le fauteuil de Bertrand

DELANOË. Bon, ça ce n’est pas un secret. Cela fait près de trois ans que le maire de Paris a

désigné sa dauphine pour lui succéder, donc on n’a pas de surprise. Non, ce qui nous surprend,

c’est surtout pourquoi maintenant. Pourquoi si tôt ? Vous savez, on peut faire des petits calculs.

Les municipales, c’est dans, allez, grosso modo dix-neuf mois, soixante-seize semaines, cinq cent

soixante-dix jours.

Stéphane CARPENTIER

C’est loin.

Alba VENTURA

C’est vrai qu’en politique le temps est court, mais la page de la présidentielle et des législatives

vient à peine de se refermer. Oui, mais Anne HIDALGO se souvient que pour HOLLANDE, c’est ça

qui a fonctionné : un an et demi de campagne, ça a payé. Anne HIDALGO, vous savez, les

Parisiens voient qui elle est mais il lui faut quand même encore installer son image, encore

travailler sa notoriété. Eh oui, car s’il venait un jour à Cécile DUFLOT l’idée de postuler elle aussi à

la mairie de Paris, Anne HIDALGO veut avoir fait le tour de la capitale bien avant que l’actuelle

ministre puisse entrer dans l’arène.

Stéphane CARPENTIER

Alba, ça veut dire quoi ? Qu’il faut s’attendre à un duel de femmes à gauche pour Paris ?

Alba VENTURA

Pas simplement un duel de femmes à gauche : un duel de femmes tout court parce qu’à droite

aussi, la municipale de Paris pourrait se conjuguer au féminin. Chantal JOUANNO veut en être ;

d’ailleurs l’ancienne ministre des Sports et de l’écologie l’a dit hier sur LCI.

Michel FIELD

Anne HIDALGO candidate à la mairie de Paris : vous aimeriez être celle qui l’affronte ?

Chantal JOUANNO, sénatrice UMP de Paris

Elle a un choix de timing et de calendrier surréaliste. On est en pleine rentrée, on est en pleine

crise et elle dit : « Bon, moi je vais à la mairie de Paris dans une pure continuité. » Donc oui

j’aimerais être candidate, et j’aimerais porter un projet, en tous cas fédérer un projet. Moi, c’est le

projet qui m’amuse parce que Paris, ville verte.

Stéphane CARPENTIER

C’est intéressant. C’est clair.

Alba VENTURA

Voilà, Chantal JOUANNO qui répondait aux questions de Michel FIELD. On attend aussi Rachida

DATI. Alors, vous savez qu’à droite il faut souligner qu’il y aura une primaire et sans doute à l’été

2013. Ce sera pour départager en fait plusieurs candidats.

Stéphane CARPENTIER

Et les hommes dans tout ça, Alba ? FILLON, BORLOO ?

Alba VENTURA

Alors écoutez, BORLOO, malgré les murmures qui le disent toujours intéressé par Paris, il se

concentre en ce moment sur la création de son parti qu’il annoncera dans quelques semaines. Et

FILLON, ce sont surtout ses amis parisiens qui le verraient bien s’engager dans cette bataille mais

aussi Jean-François COPE, alors pas pour les mêmes raisons bien sûr. Je ne sais pas si vous

avez remarqué les allusions un peu lourdes ces temps-ci de Jean-François COPE, hier soir encore

en parlant des municipales. COPE dit : « Aucune ville n’est imprenable. Paris peut être

reconquis. » Alors, traduction pour ceux qui n’ont pas tout suivi : « Cher François, maintenant que

tu as quitté la Sarthe et que tu t’es fait élire dans les beaux quartiers parisiens, qu’attends-tu pour

te lancer ? », histoire de pointer un peu le manque de courage de FILLON. Alors soyons bien

clairs : tout cela est un piège. Comme le dit un ancien ministre proche de Jean-François COPE :

« Franchement, je ne vois pas comment on peut gagner Paris. »

Stéphane CARPENTIER

Voilà. Le décryptage du monde politique par Alba VENTURA sur RTL le matin. Merci, à demain

Alba.

Alba VENTURA

À demain.

 

FRANCE-ALLEMAGNE, LE COUAC

France Inter – 7h20 – Dominique Seux – Réponse à Monsieur keitel

Patrick COHEN

Bonjour Dominique SEUX, des ECHOS.

Dominique SEUX

Bonjour Patrick.

Patrick COHEN

Hier le patron des patrons allemands a tiré à boulets rouges sur le système économique français.

La question : en a-t-il le droit ?

Dominique SEUX

Eh bien je cite d’abord Hans-Peter KEITEL, le président de la Fédération allemande de l’industrie,

« il faut que la France change très vite d’orientation, car l’écart entre les deux pays s’accroît », et

de tacler un modèle, je re-cite « organisé sur la base d’un interventionnisme de l’Etat, là où la

croissance allemande », dit-il, « s’appuie sur les entreprises », fin de citation. Alors ce dirigeant a-til

effectivement le droit de dire ce qu’il veut ? Honnêtement, à l’entendre d’abord, ça énerve, et le

réflexe est de se dire « de quoi je me mêle ? » En fait, oui, évidemment, il a le droit. Christine

LAGARDE, à Bercy, avait critiqué l’Allemagne, critique qui lui avait valu la Une de la presse anglosaxonne,

ravie, à l’époque, de ces bisbilles franco-allemandes. Les socialistes, eux, ne se sont pas

privés, non plus, de fustiger l’égoïsme de Berlin, donc oui, ce monsieur KEITEL a le droit.

Patrick COHEN

Des critiques sur la France, il y en aura d’autres ?

Dominique SEUX

D’abord il y en a déjà eu d’autres, très récentes. En août, Nikolaus Von BOMHARD, patron de

MUNICH RE, c’est le premier réassureur mondial, c’est vraiment important, c’est inquiété de ce qui

se passe en France, pour lui on y parle trop d’impôts, pas assez d’économies dans les dépenses,

et je peux vous dire que l’on parlera bientôt du nouveau livre de la correspondante à Paris de

l’hebdomadaire « THE ECONOMIST », Sophie PEDDER, ce livre sort le 12 septembre, il est

intitulé « Le déni français », il est sous-titré « Les derniers enfants gâtés de l’Europe. » Alors petite

précision utile, ce magazine est libéral, mais il est fréquentable pour les Français, puisqu’il soutient

OBAMA contre Mitt ROMNEY.

Patrick COHEN

Et puis, sur le fond Dominique, la critique allemande « l’écart qui s’accroît », est-elle fondée ?

Dominique SEUX

Alors regardons les chiffres d’abord. Entre 2008 et la fin de cette année, l’Allemagne aura connu

une croissance de 4%, la France de moins de 1%. Maintenant le taux de chômage, 5,5% chez eux,

10% et plus ici. Bon ! Certes, l’Allemagne ralentit aussi en ce moment, mais les réactions sont

différentes. Ici l’Etat est appelé en pompier sur tout, Pôle Emploi est débordé et l’été a été dominé,

vous savez, par les coups de sang d’Arnaud MONTEBOURG contre PSA. Outre-Rhin c’est le

chômage partiel qui est privilégié, pour que les salariés restent en lien avec l’entreprise, et

MERKEL, MERKEL vient d’emmener 9 de ses 14 ministres en Chine pour chercher, aller chercher

des marchés là-bas. Ce qui frappe, quand on regarde les deux pays, c’est que ici, les réformes se

font lentement, qu’elles sont limitées, et toujours dans la douleur, droite ou gauche confondues,

partout ailleurs ça va plus vite, on peut citer la Suède, l’Allemagne donc, et aujourd’hui l’Italie.

Patrick COHEN

Berlin est donc sans reproche ?

Alors pas du tout, pas du tout. Economiquement c’est un peu comme aux J.O, on ne peut pas

demander aux champions de ralentir pour que les autres pays la rattrapent, en plus ce n’est pas

Berlin qui a demandé l’euro, c’est la France. En revanche, Patrick, en revanche sur le plan

politique, Angela MERKEL et la Bundesbank font preuve depuis 3 ans d’un grand, d’un immense

conservatisme, d’une grande lenteur sur ce qu’il faut pour préserver l’euro, le rôle de la BCE, ce

qu’il faut demander par exemple à l’Espagne sur ses déficits. Au fond, au total, oui la France a un

gros travail à faire, mais l’Allemagne aussi. Bref, la contrepartie de sa force économique doit être

sa flexibilité politique, eh bien voilà ce matin la réponse à monsieur KEITEL.

 

L’ELECTION PRESIDENTIELLE AMERICAINE

RTL – 7h45 – Alain Duhamel – Barack Obama toujours favori

Laurent BAZIN

Bonjour Alain DUHAMEL.

Alain DUHAMEL

Bonjour.

Laurent BAZIN

C’est parti pour la convention démocrate aux Etats-Unis, Barack OBAMA sera investi dans la nuit

de jeudi à vendredi. Ce qui frappe, quand même Alain, c’est que les sondages mettent le président

américain à touche-touche avec son adversaire républicain Mitt ROMNEY en ce moment, est-ce

qu’on doit considérer qu’il n’est plus le favori de cette élection ?

Alain DUHAMEL

Si, on peut considérer que Barack OBAMA est encore le favori de cette élection. Vous avez raison

de dire que les sondages les mettent pratiquement à égalité, mais, d’une part, dans les fameux

Etats pivots, vous savez la dizaine d’Etats qui font la différence, c’est pour l’instant Barack OBAMA

qui est nettement en tête, d’autre part la convention républicaine, qui a eu lieu, n’a pas constitué le

tremplin qu’espérait Mitt ROMNEY, et puis il va y avoir les fameux trois débats en tête-à-tête, et là

on sait très bien que Barack OBAMA est beaucoup plus brillant que ne l’est Mitt ROMNEY. Et puis

surtout il y a quelque chose qui est basique, c’est que le programme de Mitt ROMNEY est une

bénédiction pour Barack OBAMA parce que c’est un programme repoussoir, c’est un programme

épouvantail, qui est très cruel pour les femmes à propos de l’avortement, très dur sur l’immigration,

qui est une question beaucoup plus essentielle aux Etats-Unis qu’elle ne l’est en France, et qui sur

le plan social coupe dans toutes les directions pour pouvoir baisser les impôts des plus privilégiés.

Je veux dire, Barack OBAMA l’aurait écrit lui-même pour être servi, que ça n’aurait pas été mieux.

Laurent BAZIN

Cela dit il essuie beaucoup de critique sur sa gestion de la crise. Est-ce qu’il peut payer le fait

d’avoir été le président pendant la crise ?

Alain DUHAMEL

Bien entendu, et d’autant plus qu’il était apparu, qu’il avait fait sa campagne, et qu’il avait été élu

comme le président de l’après-crise, celui d’une nouvelle ère. La difficulté pour lui c’est que non

seulement, comme tous ceux qui étaient au pouvoir pendant ces quatre années, il a évidemment

payé le prix d’une crise exceptionnellement violente, le chômage aux Etats-Unis c’est 8,3, c’est un

demi-point de plus que ce qui existait quand il est entré en fonctions. Mais surtout ça a été une

déception parce qu’on avait cru, il avait cru, il avait fait croire, aux Etats-Unis, qu’il allait vraiment

inaugurer un univers foncièrement différemment, et qu’en réalité il est apparu comme plutôt

prudent, modéré, brillant, mais pas homme d’action.

Laurent BAZIN

Où va se faire la différence ?

Alain DUHAMEL

La différence elle va se faire d’abord dans les fameux Etats-clés, la dizaine d’Etats qui, s’ils

basculent, font l’élection aux Etats-Unis, ensuite sur les femmes, pour l’instant les femmes donnent

un net avantage à Barack OBAMA, sur les minorités ethniques et en particulier sur les

hispaniques, mais avec là une question qui est celle de leur mobilisation, qui n’est pas absolument

acquise, les religieux, qui sont très puissants aux Etats-Unis, qui là sont favorables massivement à

Mitt ROMNEY, et puis les ouvriers blancs, qui pour l’instant sont le groupe social qui hésite le plus

entre les deux candidats.

Laurent BAZIN

Bagarre d’image, bagarre d’argent ? D’image d’abord ?

Alain DUHAMEL

D’image, oui, une des cartes de Barack OBAMA est que malgré toutes les difficultés, malgré les

déceptions, il reste, aujourd’hui, encore très populaire.

Laurent BAZIN

Même aux Etats-Unis ?

Alain DUHAMEL

Même aux Etats-Unis, et que Mitt ROMNEY, lui, pour l’instant, est moins connu, plus ambigu, que

la réalité des choses est que Barack OBAMA a déçu aux Etats-Unis, mais que comme personnalité

il plaît aux Américains.

Laurent BAZIN

Et l’argent, parce qu’il paraît que ça fait souvent la différence ?

Alain DUHAMEL

Alors l’argent, je ne suis pas sûr qu’en l’occurrence ça fera vraiment la différence, pour une raison

très simple, c’est qu’ils en auront autant qu’ils voudront, l’un comme l’autre, puisque la législation

américaine fait qu’il n’y a aucune restriction d’aucune sorte, que Mitt ROMNEY qui est lui-même

richissime, par ailleurs, a tous les amis des républicains, donc aucun problème financier, mais que

Barack OBAMA non plus. En réalité la différence elle va se faire, je crois, de deux façons, il va y

avoir une bagarre entre les vieux médias et les nouveaux médias. Les vieux médias, la télévision

par exemple, sont honnêtement favorables à Mitt ROMNEY, et en revanche tout ce qui est

nouveaux médias, alors Twitter, Barack OBAMA est le roi politique mondial des tweet, Internet,

etc., là c’est très OBAMA, et pour le reste ça va être : qui dans sa publicité politique va être le plus

crapuleux des deux ? Et là, il faut bien dire…

Laurent BAZIN

Ça promet.

Alain DUHAMEL

Là il faut bien dire que jusqu’à présent, c’est le vertueux OBAMA qui est le plus crapuleux.

 

SOCIETE

RTL – 7h12 – Anne Le Henaff – La foire aux vins

Laurent BAZIN

On n’est pas dupes ce matin des foires aux vins de la grande distribution, et pourtant c’est tentant,

il faut bien le dire Anne LE HENAFF. Bonjour à vous.

Anne LE HENAFF

Bonjour.

Laurent BAZIN

C’est parti pour un gros mois de promos éblouissantes, de catalogues alléchants dans nos boîtes

aux lettres, de numéros spéciaux dans les hebdomadaires. Vous m’avez dit qu’il y avait soixantedix

millions de bouteilles à vendre et qui devaient partir. Est-ce qu’il y a encore des affaires à

faire ?

Anne LE HENAFF

Il y en a évidemment, mais les foires aux vins, mon brave monsieur, ce n’est plus ce que c’était.

Séquence souvenir avec Marc SIBARD, le patron des caves ( ?), une grande adresse à Paris.

Marc SIBARD, sommelier

Je me rappelle, il n’y a pas si longtemps, une vingtaine ou vingt-cinq ans, sur le millésime 1992 les

premiers crus classés, Latour, Lafite, Mouton, etc, se traitaient à cent trente francs la bouteille,

vingt à vingt-cinq euros globalement. On voit aujourd’hui des mille, mille cinq cents euros la

bouteille.

Anne LE HENAFF

De toute façon, ces grands vins-là sont aujourd’hui essentiellement vendus à l’export, notamment

vers la Chine, donc vous ne les verrez plus dans des foires aux vins.

Laurent BAZIN

Oui. J’ai repéré quelques bouteilles prestigieuses sur les dépliants que vous m’avez passés là

gentiment : Château Pape Clément, Pessac-Léognan, ou Domaine Chevalier. Bon, 29,90 quand

même mais enfin ça a l’air bon.

Anne LE HENAFF

Oui, oui. C’est bon mais regardez bien ce catalogue, c’est obligatoire de le mentionner : le nombre

de bouteilles disponibles. Ce domaine Chevalier, il y en a deux cents, cent cinquante bouteille pour

le Pape Clément pour toute l’enseigne, pour tous les magasins de France. Alors elles partent

évidemment très vite, parfois même avant l’ouverture des foires.

Laurent BAZIN

Ça ne fait même pas dix caisses, oui.

Anne LE HENAFF

Voilà. Donc partent notamment dans ce qu’on appelle des soirées inaugurales. C’est des sortes

d’avant-premières sur invitation.

Marc SIBARD

Les pauvres vingt-cinq caisses divisées par six cent cinquante magasins vont bien évidemment

disparaître dans une pré-ouverture où on aura fait un gueuleton mondain entre les couchesculottes

et les pots de confiture, et où on se sera partagé ces malheureuses bouteilles en ayant

pensé faire une affaire parce qu’on était un petit peu là avant les autres.

Anne LE HENAFF

Ces grands noms du vin, c’est assez alléchant mais ce sont des produits d’appel.

Laurent BAZIN

Les soirées VIP dont vous parlez, il y a qui ?

Anne LE HENAFF

C’est sur invitation, donc qui le patron veut inviter.

Laurent BAZIN

Les gros clients, c’est ça ? les copains du patron, les gros clients du magasin mais pas nous.

Anne LE HENAFF

Il faut être invité. Ce n’est pas ouvert à tout le monde.

Laurent BAZIN

D’accord. Alors quand c’est ouvert à tout le monde, est-ce qu’il y a quand même des choses à

mettre dans le caddie ?

Anne LE HENAFF

Oui, il y a des bouteilles à mettre dans son caddy quand même, des Bordeaux qui dominent ces

foires aux vins. Vous trouverez des 2009 et des 2010, ce sont des bonnes années, et vous pouvez

faire des affaires. Antoine GERBELLE est membre du comité de dégustation de la revue des vins

de France. Il a goûté des centaines de bouteilles qui seront vendues dans les semaines qui

viennent.

Antoine GERBELLE, grand reporter et dégustateur

Un bon Bordeaux moins cher qu’en grande surface pendant les foires aux vins, c’est très rare. Je

regardais les catalogues, je voyais Lafon-Rochet qui est un très bon Saint-Estèphe 2010, un très

bon millésime ; je le vois à trente-six euros. Je pense qu’aujourd’hui, il n’y a pas moins cher.

Anne LE HENAFF

Mais le gros des volumes qui sont vendus en grande surface, 70 %, ce sont des bouteilles à moins

de six euros et là, ne rêvez pas, pour les spécialistes ce sont des vins plutôt standardisés.

Antoine GERBELLE

C’est le gros problème. C’est-à-dire que c’est vraiment dans ce que j’appelle le ventre mou du

vignoble, ces vins entre cinq et moins de dix euros, on ne trouve pas tellement de très bons vins,

tout simplement parce que les très bons vins qui sont faits de manière plus artisanale, à un volume

moins important, ne vont pas se battre dans la grande distribution.

Anne LE HENAFF

Voilà, c’est presque un paradoxe. Il faut vraiment bien connaître le vin : les producteurs, les

domaines, les bons plans, pour pouvoir y dénicher de bonnes affaires.

Laurent BAZIN

Alors si on les connaît, autant aller directement au domaine, d’une certaine manière.

Anne LE HENNAFF

C’est vous qui le dites.

Laurent BAZIN

Merci beaucoup Anne LE HENAFF pour cette enquête.

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