Les matinales du mardi 11 septembre

Invites politiques

Claude BARTOLONE, Président de l’Assemblée nationale

Partenaires sociaux

Laurence PARISOT, Présidente du MEDEF       

Société civile

Guy NAFILYAN, PDG de Kaufman & Broad

   

INVITES POLITIQUES

Claude BARTOLONE, Président de l’Assemblée nationale Canal+, La Matinale – 07h45

APOLLINE DE MALHERBE

C’est effectivement une journée exceptionnelle pour vous, puisque c’est la rentrée parlementaire aujourd’hui, une rentrée anticipée, hein, initialement ça devait être le 24 septembre. Pourquoi ces deux semaines en plus ?

CLAUDE BARTOLONE

Parce que d’abord, il y a des textes importants, qui vont toucher pour bon nombre d’entre eux, à l’emploi et au logement, et puis je pense que c’est important, à un moment où on demande un effort à l’ensemble du pays, de montrer que les parlementaires sont au boulot. Ils étaient sur leur circonscription, à écouter les inquiétudes et les espérances des Français, mais maintenant ils vont être à l’Assemblée, ils vont travailler.

APOLLINE DE MALHERBE

D’habitude, la rentrée parlementaire, c’est plutôt début octobre…

CLAUDE BARTOLONE

Oui, le 2.

APOLLINE DE MALHERBE

… la rentrée habituelle. Est-ce que vous pensez que finalement ce n’est plus possible ? Est-ce que, ce que vous avez choisi cette année, est-ce que vous pourriez le renouveler les années prochaines…

CLAUDE BARTOLONE

Bien sûr.

APOLLINE DE MALHERBE

… c’est-à-dire faire coïncider la rentrée parlementaire, avec la rentrée de tous les Français ?

CLAUDE BARTOLONE

Alors, il faut d’abord que les parlementaires soient sur le terrain, au moment de la rentrée scolaire, mais juste après la rentrée scolaire, en fonction du travail qui leur est demandé, il faut qu’ils soient mobilisés. Et là, avec les emplois d’avenir, avec le texte qui est proposé pour permettre la relance du logement, avec le texte sur le prix de l’énergie, avec le budget, la loi de financement de la Sécurité sociale, il y a du boulot, et il faut que le débat ait lieu notamment entre majorité et opposition, pour montrer aux Français, que la loi permet de changer.

APOLLINE DE MALHERBE

C’est François HOLLANDE qui vous a demandé, justement, de faire, d’anticiper, de montrer qu’il y avait urgence ?

CLAUDE BARTOLONE

Alors, la session extraordinaire, c’est le président de la République et le gouvernement, qui en décident. Donc, nous avons…

APOLLINE DE MALHERBE

Il a eu ce rôle d’initiateur de cette reprise anticipée.

CLAUDE BARTOLONE

Oui, c’est l’exécutif qui dit : lorsqu’il y a une session extraordinaire, nous demandons au Parlement de se réunir, et croyez-moi que chez les parlementaires, il y avait cette envie de montrer que la loi permet le changement maintenant.

APOLLINE DE MALHERBE

Alors, justement, dans le changement, il y avait au programme de François HOLLANDE, le mariage pour tous. Ce matin, Christiane TAUBIRA, la ministre de la Justice, dévoile les grandes lignes du projet, et il y a immédiatement une réaction, puisque Christine BOUTIN demande la mise en place d’un référendum sur le mariage homosexuel. Est-ce que vous pensez qu’il faudra quand même en passer par le référendum, ou est-ce que ça sera uniquement, chez vous, à l’Assemblée nationale ?

CLAUDE BARTOLONE

Non, l’Assemblée est là pour voter la loi. De la part de madame BOUTIN, ce n’est pas étonnant, c’est une position qu’elle a toujours défendue, je me souviens de ses arguments sur le Pacs, et l’on peut constater aujourd’hui comment le Pacs est rentré dans les mœurs de la société française. Donc, bon, c’est une posture, à mon avis, de sa part, mais il y aura un débat sur cette question sociale, parce que l’évolution sociale d’une société, c’est important, mais voyez bien, et j’ai essayé de vous faire passer ce message, pour le début de cette session extraordinaire, le mot d’ordre c’est : l’emploi, l’emploi, l’emploi.

APOLLINE DE MALHERBE

Avec aussi « Les questions au gouvernement »…

CLAUDE BARTOLONE

Oui.

APOLLINE DE MALHERBE

… qui vont revenir dès cette semaine. Est-ce que c’est une manière aussi d’encadrer le débat et d’éviter un peu les couacs qui se sont fait entendre pendant l’été ?

CLAUDE BARTOLONE

Vous avez raison. Moi j’ai toujours défendu l’idée que lorsque le Parlement est réuni, ça permet de donner le tempo de la vie politique, et par certains côtés, cela va permettre au Premier ministre de reprendre la main sur un certain nombre de ses ministres, qui quelquefois parlent de trop.

APOLLINE DE MALHERBE

Il avait un peu perdu la main ?

CLAUDE BARTOLONE

Non, pas du tout, mais si vous voulez, quand les différents…

APOLLINE DE MALHERBE

Il a besoin de la reprendre…

CLAUDE BARTOLONE

Non non…

ARIANE MASSENET

Claude BARTOLONE.

CLAUDE BARTOLONE

Non non, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord. Vous savez, il y a une difficulté lorsque vous avez les membres du gouvernement qui sont chacun dans leur ministère, pour ceux qui n’ont pas d’argent à dépenser, parce qu’ils ne sont pas une priorité, ou pour ceux qui n’ont pas un texte de loi, ils ont quelquefois tendance à trop parler. Et là, le fait que la session soit de nouveau à l’ordre du jour de chacun des ministres, ça permet d’être, pour le Premier ministre, de bien montrer qu’il est le premier d’entre eux et qu’il donne le tempo.

APOLLINE DE MALHERBE

Tenir ses troupes. Alors, ce soir, on saura, on le saura normalement ce soir, mais on le disait tout à l’heure, c’est encore un peu confus, le nom du nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste. Qui est le mieux placé, d’après vous ?

CLAUDE BARTOLONE

Ecoutez, je vais essayer d’être plus précautionneux que par le passé, c’est-à-dire que dans les dernières semaines, j’avais cru entendre un nom se dégager, et j’avais cru que…

APOLLINE DE MALHERBE

Et vous avez d’ailleurs vu, aux côtés…

ARIANE MASSENET

Lequel ? Lequel ?

CLAUDE BARTOLONE

Jean-Christophe CAMBADELLIS.

ARIANE MASSENET

Oui.

APOLLINE DE MALHERBE

Vous lui aviez, en quelque sorte, donné un peu votre adoubement, vous étiez…

CLAUDE BARTOLONE

Oui, à la fois c’est mon ami, et on a mis en place les reconstructeurs, ensemble, donc ça me parait tout à fait normal. Mais, j’ai beaucoup d’amitié aussi pour Harlem, mais j’avais compris que le mot d’ordre était de dire compte tenu du travail que Martine AUBRY a fait, a eu, pour reconstruire le parti et permettre à sa place cette victoire à l’élection présidentielle et législative, c’était de dire, puisque malheureusement elle veut partir, c’est à elle de voir qui doit être son successeur. Et c’est d’autant plus facile de lui demander, qu’aujourd’hui les socialistes sont rassemblés. Parce que d’un côté ils ont la feuille de route de court terme…

APOLLINE DE MALHERBE

Ils sont…

CLAUDE BARTOLONE

C’est l’action gouvernementale, et sur le long terme, nous avons voté à plus de 80 % le projet socialiste.

APOLLINE DE MALHERBE

Vous êtes déçu que ce soit sans doute Harlem DESIR ?

CLAUDE BARTOLONE

Non non, pas du tout. Moi, vous savez, je pense qu’il y a trop d’ennuis dans le pays, et trop d’objectifs à relever, comme a eu l’occasion de l’annoncer le président de la République, pour qu’il y ait le moindre problème avec le Parti socialiste. Donc, nous sommes rassemblés sur le projet, nous avons la feuille de route qui sont les engagements du président de la République, il a redonné, même, dimanche, le tempo, donc le Parti socialiste doit s’inscrire là-dedans.

ARIANE MASSENET

Mais, Claude BARTOLONE, convenez que c’est un peu… c’est un peu le bordel, ce mode de désignation, du PS.

CLAUDE BARTOLONE

Alors, voyez, le problème c’est qu’il faut choisir, quelque fois…

ARIANE MASSENET

Je cherchais un mot plus joli, mais non.

CLAUDE BARTOLONE

Non, mais je vais essayer d’être conforme au rôle qui est le mien. Je ne vais pas, en tant que président de la République (sic)… président de l’Assemblée…

APOLLINE DE MALHERBE

Ah, président de la République !

ARIANE MASSENET

Ah… ah, déjà !

APOLLINE DE MALHERBE

Très joli lapsus !

CLAUDE BARTOLONE

Comme quoi… comme quoi on a tous des ambitions !

APOLLINE DE MALHERBE

Voilà.

CLAUDE BARTOLONE

FREUD est partout. Quand…

APOLLINE DE MALHERBE

Donc, vous avez cette ambition, monsieur BARTOLONE.

CLAUDE BARTOLONE

Non non, pas du tout. Je vous assure que…

APOLLINE DE MALHERBE

Même en vous rasant le matin ?

CLAUDE BARTOLONE

Non non, même en me rasant, je me sens très bien à la présidence de l’Assemblée, donc je vais essayer d’en rester là.

ARIANE MASSENET

Non mais sérieusement, le mode de désignation est un peu…

CLAUDE BARTOLONE

Regardez, il y a maintenant quelques années, au moment du congrès de Reims, lorsque je vous rencontrais, vous me disiez : qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Il y a un vote pour un texte et après un vote pour un premier, en l’occurrence une première secrétaire. Ça ne peut pas aller. Vous êtes en train d’installer la cohabitation à la tête du Parti socialiste.

APOLLINE DE MALHERBE

Mais là, ça ne va pas mieux. Ça ne va pas mieux.

CLAUDE BARTOLONE

Mais, ça va mieux pourquoi ? Parce que les socialistes sont rassemblés, à la fois derrière le Président de la République, à la fois derrière le Premier ministre et son gouvernement, et c’est ce que je vous disais quel que soit celui qui sera choisi, nous sommes rassemblés sur le projet et sur les orientations du président de la République. Donc, ça ira. Vous savez, je pense que quelque soit l’importance que j’accorde au Parti socialiste, aujourd’hui, ce que nous demandent les Français, c’est de réussir le pari, à la fois de l’emploi et de la reconstruction du pays. Et croyez-moi qu’il ne faudra pas qu’il y ait un socialiste qui manque, dans cet enjeu.

ARIANE MASSENET

On parlait du président de la République et du président de l’Assemblée nationale, on va passer à ce questionnaire « normal/pas normal », on est en présidence normale. Nouvelle tendance: près de deux millions de Français voudraient être totalement déconnectés d’Internet, ne pas être dépendants. Est-ce que vous trouvez ça normal, ou pas normal ?

CLAUDE BARTOLONE

Pas normal.

APOLLINE DE MALHERBE

Le Conseil constitutionnel, qui pourrait interdire cet après midi, la corrida. Est-ce c’est normal ou pas normal ?

CLAUDE BARTOLONE

Normal.

APOLLINE DE MALHERBE

Ah ?

CLAUDE BARTOLONE

Normal.

APOLLINE DE MALHERBE

Et si la corrida, tout d’un coup, disparaissait, vous trouveriez ça… vous n’êtes pas un adepte, vous n’êtes pas un grand passionné de corrida.

CLAUDE BARTOLONE

Non, je ne suis pas un grand passionné, mais qu’il puisse y avoir des gens qui se réfèrent au Conseil constitutionnel pour demander ce que doit être la loi, ça me parait normal.

ARIANE MASSENET

En un mot, très vite, le mode de désignation du patron du PS, style Corée du Nord, normal, pas normal ?

CLAUDE BARTOLONE

Non, normal.

ARIANE MASSENET

Normal.

CLAUDE BARTOLONE

Normal. Nous avons décidé que la priorité c’était le choix des orientations politiques, et après on prend celui qui est le mieux à même de pouvoir les faire respecter.

APOLLINE DE MALHERBE

Bernard ARNAULT qui attaque LIBERATION après ce titre d’hier, c’est normal ou pas normal ?

CLAUDE BARTOLONE

Pas normal. D’abord, je pense qu’il doit se mettre, comme tout le monde, au respect de la presse, et puis je pense qu’il devrait beaucoup plus s’en prendre à sa communication, parce que le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas la frite, au moment où il a fait ses annonces…

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