Les sujets radio du 30 octobre

L’interview du Premier ministre au Parisien: la durée du temps de travail

Europe 1, O. Samain – 7h00

RTL, E. Vagnier – 7h00

RTL, Y. Goosz – 8h00

France Info, J. Lavie – 8h30

La TVA dans la restauration

France Inter, B. de Galzain – 7h00

L’INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE AU PARISIEN : LA DUREE DU TEMPS DE TRAVAIL

Europe 1, O. Samain – 7h00

E. Renard : Dans l’actualité, il y a aussi cette phrase choc de Jean-Marc Ayrault dans Le Parisien – Aujourd’hui en France. Le Premier ministre répond aux questions d’un panel de lecteurs sur toutes les questions : fiscalité, compétitivité, éducation, terrorisme et au détour d’une réponse sur les 35 heures, Jean-Marc Ayrault explique qu’un retour aux 39 heures eh bien n’est pas un sujet tabou, Olivier Samain.

Commentaire d’O. Samain : Si demain, on revenait à 39 heures payées 39, des gens seraient peut-être ravis, lance au Premier ministre l’un des lecteurs du journal. Réponse de Jean-Marc Ayrault : développez ce point de vue, vous verrez qu’il fera débat. Mais pourquoi pas, il n’y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique. Jean-Marc Ayrault rappelle que les 35 heures ont produit des effets positifs ; elles n’ont pas causé de problèmes aux grandes entreprises qui ont su se réorganiser mais c’est vrai, dit-il, il ne faut pas le nier, elles ont causé plus de difficultés aux petites entreprises. Qu’à moins d’une semaine de la remise du rapport Gallois sur la compétitivité, un Premier ministre de gauche fasse cette sortie sur les 35 heures n’est pas anodin. On sait que le pouvoir exécutif écarte l’idée d’un choc de compétitivité préférant une approche plus étalée dans le temps et jouant sur toute une série de leviers pas uniquement sur le coût du travail. On sait aussi que patronat et syndicats négocient actuellement sur la sécurisation de l’emploi et l’adaptation du marché du travail. Avec ces 2 chantiers en toile de fond, le signal lancé ce matin par Jean-Marc Ayrault ne va sûrement pas passer inaperçu.

 

RTL, E. Vagnier – 7h00

I. Choquet : Une bombe politique, ça commence parfois par une question. Alors la question, c’est dans Le Parisien – Aujourd’hui en France : est-ce que si demain on revenait aux 39 heures payées 39, les gens ne seraient pas ravis ? Non, répond le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, mais pourquoi pas ? Il n’y a pas de sujet tabou. Pourquoi pas effectivement. Je ne suis pas dogmatique, dit le Premier ministre. Qu’est-ce que ça veut dire dire, Eric Vagnier ?

Commentaire d’E. Vagnier : Alors c’est une déclaration effectivement qui surprend. Le congrès du PS vient d’avoir lieu, et à aucun moment, ce thème des 35 heures n’a été un sujet de discussion. Des rumeurs ont circulé sur le rapport Gallois qui préconiserait la fin des 35 heures mais aussitôt ça a été démenti par Louis Gallois lui-même et par plusieurs membres du Gouvernement. Lors de la grande conférence sociale de juillet, cette thématique des 35 heures n’était pas à l’ordre du jour ; les syndicats n’en ont pas parlé. Jean-Marc Ayrault met donc vraiment les pieds dans le plat en faisant savoir, ce matin, que ce ne doit pas être un sujet tabou, qu’il faut en débattre sans être dogmatique. Il va même jusqu’à ne pas exclure carrément un retour en arrière vers les 39 heures et fait un début d’autocritique sur les 35 heures qui souvent ont mis en difficulté les PME. Alors de deux choses l’une : soit c’est une gaffe – des propos disons maladroits ou mal interprétés – soit le Premier ministre prépare les esprits à une remise en cause des 35 heures dans le cadre du dossier compétitivité.

 

RTL, Y. Goosz – 8h00

L. Bazin : Va-t-on revenir aux 39 heures ? C’est une question qu’on pouvait se poser ce matin en lisant l’interview du Premier ministre dans Le Parisien Aujourd’hui en France. Michel Sapin, ministre du Travail, vient de couper la tête au canard, c’est « non ». On va d’abord rappeler ce que disait Jean-Marc Ayrault dans Le Parisien. Un lecteur lui demande : « pourquoi on revient pas aux 39 heures payées 39 ? », réponse du Premier ministre : « développez ce         point de vue, vous verrez qu’il fera débat,mais pourquoi pas. Il n’y a pas de sujets tabous, je ne suis pas dogmatique » fin de citation. Y. Goosz est avec nous, bonjour Yaël. Alors cette phrase de Jean- Marc Ayrault est-ce que c’est un couac ou est-ce que c’est un ballon d’essai ?

Commentaire de Y. Goosz : C’est toute la question, pour Michel Sapin en tout cas, ce n’est pas un couac, le ministre du Travail coupe court à toute polémique.

Michel Sapin :…

L. Bazin : Michel Sapin, qui était l’invité de RTL tout à l’heure, et qu’on écoutera un tout petit peu plus tard. Il disait : « non, il ne faut pas supprimer les 35 heures » Yaël.

Y. Goosz : Et quand vous essayez auprès de services de Matignon de comprendre le pourquoi du comment – on parle quand même là des 35 heures, un totem pour la gauche -, eh bien on vous explique qu’on peut débattre mais que la durée légale du travail ne changera pas – étrange… ! Depuis les fuites sur le rapport Gallois on a du mal à y voir clair. La semaine dernière, Le Parisien croyait savoir que la fin des 35 heures figurait dans ce rapport, avant d’être démenti ; maintenant, Jean-Marc Ayrault dit qu’ « il n’y a pas de tabous ». Alors plusieurs interprétations possibles : un gage donné aux patrons sur la compétitivité, mais alors ça risque de brouiller le message en pleine conférence sociale. D’ailleurs, ce n’est pas un sujet de discussion entre les partenaires sociaux. Autre hypothèse : une nouvelle gaffe ? Impossible de le dire à ce stade. Mais à l’Elysée on s’étonne de cette sortie de Jean-Marc Ayrault ; « pas d’explications, aucun lien avec l’actualité » explique un proche de François Hollande. Bizarre, bizarre… En tout cas, cette sortie coïncide aussi avec le départ de la dame des 35 heures, Martine Aubry, qui a fait ses adieux au PS ce week-end à Toulouse.

L. Bazin : On peut donc en reparler au 3210 avec Michel Sapin. Yaël, il y a une autre phrase à noter dans Le Parisien : Jean-Marc Ayrault assure qu’il ne serait pas choqué si il y avait des policiers ou des détecteurs de métaux à l’entrée des établissements pour lutter contre la violence à l’école.

 

France Info, J. Lavie – 8h30

J. Lavie : Les 35 heures et Jean-Marc Ayrault à la Une de l’actualité ce matin. Dans une interview accordée au journal Le Parisien Aujourd’hui en France, face aux lecteurs de ce journal, pressé de questions sur les 35 heures, le chef du Gouvernement n’excluait pas un éventuel retour aux 39 heures, « il n’y a pas de sujet tabou, disait-il, je ne suis pas dogmatique », avant d’ajouter : « la seule chose qui me préoccupe c’est que la France redémarre le moteur à fond ». Alors cette déclaration a entraîné beaucoup de réactions. Au micro France Info de Germain Treil, Jean-Marc Ayrault vient de revenir sur cette interview il y a quelques minutes.

Jean-Marc Ayrault (Premier ministre) : Ce n’est pas un débat qui est relancé, il y a toujours débat dans la société française, on est dans une démocratie. Est-ce qu’on a le droit de parler de tous les sujets ? Un lecteur du Parisien, dans un débat que j’ai eu avec plusieurs d’entre eux, me pose cette question. Je dis : bien il n’y a pas de sujets tabous. Simplement, ce n’est pas le point de vue du Gouvernement. Voilà, je vous le dis ce matin, il n’est pas question de revenir sur les 35 heures. D’abord, parce que c’est pas la cause de nos difficultés économiques, il y en a beaucoup d’autres ; et donc, ce n’est pas parce que je ne…je respecte mes interlocuteurs, qui ont droit de poser toutes les questions et défendre tous les points de vue, que pour autant c’est le point de vue du Gouvernement. Donc, je vais vous faire une confidence : j’ai rencontré hier Louis Gallois, il termine son rapport, qui me le remettra lundi, eh bien il n’y aura rien concernant les 35 heures dans son rapport, il m’a indiqué que, contrairement à ce qu’avait dit Le Parisien la semaine dernière, ce n’est pas une proposition qu’il fera. Et en tout état de cause, même s’il l’avait fait, le Gouvernement ne l’aurait pas retenue. Ce n’est pas la position du Gouvernement.

 

LA TVA DANS LA RESTAURATION

France Inter, B. de Galzain – 7h00

B. Chamonaz : On en vient à LA polémique économique et sociale du moment, la TVA dans la restauration. Le taux réduit coûte 3 milliards aux contribuables pour un résultat médiocre, peu d’emplois créés, baisse des prix minime ; il faut relever ce taux, affirme le socialiste Thomas Thévenoud. Il va remettre, cet après-midi, aux parlementaires son rapport sur le sujet et c’est peu dire que restaurateurs et salariés aussi de la profession voient d’un très mauvais œil ce jeune député frondeur mettre son grain de sel dans leur assiette. Ils sont prêts à engager la bataille des chiffres. On n’a rien à voir avec les grandes chaines, se défendent les restaurants de quartier, comme celui où s’est rendu à Paris Bruce de Galzain.

Commentaire de B. de Galzain : Nous sommes dans un restaurant qui marche bien, confie son propriétaire. Depuis la baisse de la TVA, Alain Fontaine a créé 11 emplois, augmenté ses salariés et baissé ses prix, il ne comprendrait pas que la TVA augmente.

Alain Fontaine (Restaurateur) : En jouant le jeu, et nous sommes nombreux en France, malgré ce qui a été dit on est nombreux à avoir joué le jeu. Eh bien, on se retrouve, on est un peu les dindons de la farce, à savoir que, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on augmente de 4 ou 5% les prix ? Est-ce qu’on licencie du personnel ? Moi je sais que ce serait une ou deux personnes. Moi j’ai pas envie de le faire. On passera, vraisemblablement, vers une augmentation des prix.

B. de Galzain : Les clients devraient donc trinquer, pas les salariés car pour eux c’est déjà fait avec la fin des heures supplémentaires déchargées et défiscalisées. Simon Dal (phonétique) a 24 ans, il est responsable de salle dans ce restaurant.

Simon Sal (phonétique) : Moi j’ai vu ça sur ma dernière fiche de paie, je perds 70 euros par mois mais 70 euros ramenés à l’année eh ben on est quand même sur 840 euros annuel. 840 euros, c’est une semaine de vacances au ski, c’est voilà. C’est des choses que peut-être cette année je ne ferais pas, je partirais peut- être pas en vacances comme j’ai fait les autres années.

B. de Galzain : Mais Simon n’a pas d’enfants, contrairement à Jean-Blaise Makanga (phonétique), plongeur, aide cuisinier qui gagne à peine plus de 1.300 euros par mois.

Jean-Blaise Makanga (phonétique) : J’ai perdu un peu plus de 40 euros. Bien sûr c’est un manque à gagner je suis père de 4 enfants, c’est pas normal que j’ai 40 euros en moins. On m’explique que c’est la politique d’aujourd’hui, qu’il faut la prendre comme ça. On n’a pas le choix, on n’a pas le choix.

B. de Galzain : Le patron du restaurant devrait combler ses déficits de salaire qui lui coûteront 30.000 euros, mais si la TVA augmente, il prédit, pas chez lui, un retour en force du travail au noir et moins de qualité dans les assiettes.

 

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