Les chroniques du 15 novembre

Le voyage du Premier ministre en Allemagne

I Télé – 7h05 – Christophe Barbier – La relance du couple franco-allemand

Le budget 2013

RTL – 7h25 – Christian Menanteau – Une révolution copernicienne

Le débat sur le non-cumul des mandats

France Inter – 6h48 – Piotr Smolar – Un sujet qui divise

RTL – 7h45 – Alain Duhamel – Une idée très populaire

Le climat social en Europe

France Inter – 7h20 – Dominique Seux – Colère, amertume, incompréhension

Europe 1 – 7h45 – Caroline Roux – La colère ou la résignation

La situation au Parti socialiste

LCI – 7h12 – Renaud Pila – La guerre des porte-parole

La situation à l’UMP

RMC – 7h20 – Véronique Jacquier – Sarkozy, l’éternel retour…

Radio Classique – 8h10 – Guillaume Tabard – Le fossé s’est creusé

La Vie politique

RTL – 6h50 – Alba Ventura – Mea culpa

France Inter – 7h45 – Thomas Legrand – La Bretagne rose

La lutte contre le terrorisme

RTL – 7h12 – Gwendoline Debono – Enquête RTL

La fiscalité des grands groupes internationaux

Europe 1 – 7h13 – Axel de Tarlé – La complexité des montages fiscaux

LE VOYAGE DU PREMIER MINISTRE EN ALLEMAGNE

I Télé – 7h05 – Christophe Barbier – La relance du couple franco-allemand

Amandine BEGOT

Alors vous le savez, on vous le répète depuis ce matin sur I TELE, on vous propose aujourd’hui

une journée spéciale, on suit Jean-Marc AYRAULT pas à pas tout au long de la journée, le Premier

ministre qui est en Allemagne, Christophe, est-ce que c’est un voyage important ?

Christophe BARBIER

C’est un voyage très important d’abord pour lui parce que c’est son premier voyage de Premier

ministre en Allemagne, ensuite ce n’est pas n’importe qui Jean-Marc AYRAULT, c’est un

germanophone, c’est un prof d’Allemand, il y a fait une partie de ses études. Il est fait citoyen

d’honneur d’ailleurs de la ville où il a été étudiant, donc c’est son pays de coeur. Il avait fait exprès

d’ailleurs de ne pas y aller trop vite, pour ne pas être trop germano-centré. Mais il y va là un peu

tard, un peu tard parce qu’il y a eu beaucoup de tensions depuis quelques mois, c’est une période

en ce moment d’explications, d’un système compliqué, monté pour redresser la compétitivité

française, dans la foulée du rapport Gallois, il faut l’expliquer aux Allemands. C’est une période de

très vives critiques de la France et du système français, en Allemagne dans les journaux,

notamment dans les journaux populaires. Bref, c’est un psy qui va là bas, le docteur AYRAULT,

c’est un prof, le prof Jean-Marc AYRAULT et puis c’est un politique.

Jérôme BERMYN

Est-ce que le couple, est-ce qu’on ne noircit pas un peu le tableau, le couple franco-allemand va-til

si mal que ça ?

Christophe BARBIER

Non, il va mal, il va très mal. D’abord parce qu’il y a du passif entre MERKEL et HOLLANDE, elle

ne l’avait pas reçu pendant sa campagne présidentielle à lui, il ne s’est pas très bien comporté

après, il n’était pas très chaleureux, il est devenu le héros des antis MERKEL de toute l’Europe. En

Espagne, on aime HOLLANDE parce qu’il résiste à l’Allemagne. Il doit subir aussi les foucades

d’Angela MERKEL qui elle est désormais en campagne et qui évidemment fait sa campagne pour

le modèle allemand, donc contre le modèle français. Il y a des différences de philosophie

économique entre nos deux pays, il y a des différences de philosophie quant à la construction

européenne et puis il y a des problèmes concrets, le prochain, c’est par exemple le budget de

l’Europe, 2014/2020, il faut trouver des sous, on n’est pas d’accord sur les économies à faire,

AYRAULT va s’en occuper dès aujourd’hui.

Amandine BEGOT

Comment on fait pour relancer vraiment ce couple ?

Christophe BARBIER

Vraiment, il faudrait de grands hommes d’Etat d’un côté et de l’autre du Rhin, très européens.

Honnêtement depuis MITTERRAND et KOHL, on n’en a pas eu, on a eu que des franco-allemands

un peu froids, un peu tièdes et des europhiles très mesurés. Il faut que ça revienne par le

fédéralisme. Le fédéralisme, même systèmes sociaux, même systèmes fiscaux, même stratégie

pour l’Europe à deux, à six, un jour à dix-sept, c’est le seul moyen de le faire. HOLLANDE y pense

pour après 2014.

Amandine BEGOT

Merci beaucoup Christophe.

 

LE BUDGET 2013

RTL – 7h25 – Christian Menanteau – Une révolution copernicienne

Laurent BAZIN

La question éco, Christian MENANTEAU bonjour.

Christian MENANTEAU

Bonjour à tous !

Laurent BAZIN

Je rectifie, c’est 1,9 finalement à la clôture le nikkei à Tokyo puisque 1,71 c’était à cinq minutes de

la clôture, vous voyez que c’est en forte hausse, voilà c’est en hausse. Gros plan ce matin sur une

des annonces principales de François HOLLANDE mardi, alors elle est passée celle-là assez

étrangement inaperçue, on l’a très peu commentée. Le Président a tout de même annoncé,

Christian, un plan d’économies de 60 milliards sur le budget de l’Etat. Alors on a regardé

ensemble, le budget de l’Etat c’est 1.100 milliards les dépenses, c’est ça, on est d’accord ?

Christian MENANTEAU

Exact.

Laurent BAZIN

Donc on pourrait dire c’est une goutte d’eau, est-ce que c’est beaucoup ?

Christian MENANTEAU

Ecoutez, ça peut vous paraître dérisoire puisque ça ne fait que 1% de ces fameux 1.100 milliards

de dépenses publiques annuelles. En réalité, c’est un Himalaya, tout simplement parce que la

France est droguée à la dépense publique, nous en sommes les champions d’Europe et toute

notre organisation économique et sociale est régie par le « toujours plus ». Et on voit d’ailleurs, les

premières coupes en cours menées par le Gouvernement sont exemplaires des difficultés qui nous

attendent. Il taille près de 3 milliards dans les dépenses de fonctionnement, 2 milliards dans les

subventions, autant dans les crédits aux armées et puis le solde reste encore à trouver dans les

agences de l’Etat et les collectivités territoriales. Alors bien sûr tout le monde nous dit, il faut y aller,

il faut le faire, mais à condition d’aller chez le voisin…

Laurent BAZIN

Comme toujours oui.

Christian MENANTEAU

Et en fait les freins sont serrés partout. En clair avec cette seule stratégie, le Gouvernement n’y

arrivera pas.

Laurent BAZIN

Alors sur quoi on économise ?

Christian MENANTEAU

Eh bien écoutez, sur tout. Aucune rente, aucun fief, personne ne pourra être épargné. D’abord au

niveau de nos communes, de nos départements, de nos régions, il va falloir alléger la crème du

millefeuille, c’est clair. Ensuite au niveau de l’Etat central, effectif de fonctionnaire, point d’indice,

prime, plus un grand coup de balai dans les 1.244 agences publiques qui elles, vivent leur vie

toutes seules de leur côté. Et puis enfin, c’est le noyau dur, ce sont les dépenses de protection

sociale et de retraite qui sont aujourd’hui financées par de la dette, elles vont passer au tamis.

Voilà ce que signifie concrètement l’engagement du chef de l’Etat, il ne s’agit plus de jouer du

rabot, de bricoler des lois de finance, il faut changer le logiciel, repenser les missions du service

public.

Laurent BAZIN

Quand je vous entends on a l’impression d’une révolution copernicienne, 360°.

Christian MENANTEAU

Oui c’est ce qu’a dit un ministre, oui en réalité c’est un projet social démocratie scandinave et on

en voit bien l’inspiration, c’est le modèle suédois, on finance la meilleure protection sociale grâce à

la compétitivité de l’économie mais pas avec des dettes et de l’emprunt. C’était le projet inavoué de

François HOLLANDE il est désormais public.

 

LE DEBAT SUR LE NON-CUMUL DES MANDATS

France Inter – 6h48 – Piotr Smolar – Un sujet qui divise

Eric DELVAUX

A 6h47 la politique ce matin c’est donc avec vous Piotr SMOLAR, François HOLLANDE s’y était

engagé pendant la campagne, le Président l’a confirmé lors de sa conférence de presse avanthier,

on se dirige donc vers la fin du cumul des mandats.

Piotr SMOLAR

Oui, enfin que la route est pentue. Le cumul des mandats est une triste exception française, c’est

un des symptômes parmi d’autres d’une démocratie à bout de souffle que les élections ne suffisent

plus à revitaliser. François HOLLANDE, on le sait, veut suivre l’avis de la Commission JOSPIN qui

propose de mettre un terme à cette anomalie. Un parlementaire ne pourra plus cumuler son

mandat avec un mandat exécutif local. Le rapport JOSPIN fait aussi des propositions intéressantes

sur les conflits d’intérêt, sur l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives ou la fin de

l’immunité du chef de l’Etat. Mais le sujet explosif c’est bien le cumul des mandats. Moins d’un

quart des parlementaires se contentent aujourd’hui de leur mandat national, ce sujet a donc

déclenché logiquement une résistance féroce, surtout au Sénat, avec en haut de la barricade un

socialiste, François REBSAMEN.

Eric DELVAUX

Justement Piotr, était-il si urgent d’avancer sur un sujet qui divise autant ?

Piotr SMOLAR

Effectivement Eric, certains estiment que la réforme de la vie publique n’est pas prioritaire, qu’il

faudrait se concentrer aujourd’hui sur la réduction des dépenses publiques et la lutte contre le

chômage. Ce raisonnement est myope car la crise que nous traversons n’est pas seulement

économique, elle est aussi démocratique. Notre système politique aujourd’hui est en faillite. La

dépression et la colère des peuples sont si fortes aujourd’hui en Europe, on l’a encore vu hier avec

les manifestations dans les pays du Sud, que les dirigeants ne peuvent plus vaquer à leurs

occupations comme si de rien n’était ; notamment en France où la reproduction des élites pose

d’immenses questions en raison de leur consanguinité. C’est pour cela que les réactions des élus

hostiles à la réforme à gauche comme à droite, sont consternantes. Ils traitent de populistes les

partisans de la fin du cumul, ils osent encore brandir l’argument éculé de l’indispensable ancrage

local, sans lequel les députés et les sénateurs perdraient contact, parait-il, avec la population. Mais

siéger au Parlement c’est un métier à plein temps non ? Est-on seulement le représentant d’une

circonscription ou élu de la Nation ? Soutient-on des textes pour une clientèle ou dans le sens de

l’intérêt général ? Notons d’ailleurs qu’à gauche comme à droite, des responsables sont prêts à

aller plus loin que la Commission JOSPIN, à l’instar de Bruno LE MAIRE hier dans le journal

LIBERATION, ils abordent aussi la réforme des collectivités territoriales, le statut des élus, la

réduction du nombre de parlementaires et la limitation du nombre de mandats successifs. Bref, la

réforme de la vie publique n’a rien de cosmétique, elle mériterait même d’être validée par

référendum si les parlementaires font obstruction.

Eric DELVAUX

La fin du cumul des mandats, ça promet donc de vives échanges y compris à gauche, vous avez

souligné la fronde du sénateur socialiste François REBSAMEN pourtant proche de François

HOLLANDE, qui ne veut donc pas entendre parler de ce non-cumul des mandats, eh bien il

rappelle François REBSAMEN, que la Constitution garantit au Sénat d’avoir le dernier mot, une

interprétation que conteste d’ailleurs le Premier ministre qui préfère suivre les députés soit disant

plus dociles. C’est à se demander si le Conseil constitutionnel ne va pas finir par trancher cette

question.

Piotr SMOLAR

Plus dociles ou plus courageux.

Eric DELVAUX

Ou plus courageux, ça dépend, c’est le bout de la lorgnette effectivement. Merci Piotr SMOLAR.

 

RTL – 7h45 – Alain Duhamel – Une idée très populaire

Laurent BAZIN

Bonjour, Alain DUHAMEL.

Alain DUHAMEL

Bonjour.

Laurent BAZIN

On prépare donc la France à de nouvelles réformes institutionnelles. C’est confirmé, le président

de la République l’a dit dans la foulée d’ailleurs de la commission Jospin. La mesure sans doute la

plus symbolique, peut-être la plus attendue d’ailleurs, par les citoyens, en tout cas par les auditeurs

de RTL, qui le manifestent régulièrement, c’est le non-cumul des mandats. Il faut le faire ?

Alain DUHAMEL

C’est une idée qui est effectivement très populaire, c’est une idée qui est extrêmement logique. Ca

ne signifie pas que ça soit une idée forcément très réaliste. Sur le principe, ce qui est proposé par

la commission Jospin, c’est assez astucieux, puisque l’idée c’est de dire, un mandat parlementaire

et puis un mandat local, mais un mandat non-exécutif, pas maire, pas président de région, ni de

conseil général, ni adjoint de ceci, adjoint de cela, président de comité, ça c’est fini. Et en plus, pas

de cumul des indemnités. Je pense qu’il doit y avoir 90 % des Français qui doivent trouver ça

formidable ! Et c’est vrai que ça fait partie des engagements socialistes. Simplement, il faut

réfléchir, enfin, il faut essayer de réfléchir. Le lien direct entre les élus et leurs électeurs, il ne peut

que se distendre. Il ne faut pas raconter d’histoire. On parle, on interpelle un maire, on n’interpelle

pas un simple conseiller municipal comme ça ! D’autre part, ça signifie concrètement qu’au lieu

que le lien se renforce avec les électeurs, il se renforcera avec les appareils. Les parlementaires

dépendront davantage des partis et moins des électeurs. Et puis la dernière chose, c’est que la

France, c’est un Etat jacobin, centralisé et qui le demeure et que de ce point de vue, que les

grands élus locaux puissent défendre les intérêts de ceux qu’ils représentent à Paris, ce n’est pas

absurde. Mais ce n’est pas populaire.

Laurent BAZIN

Oui, François HOLLANDE n’en était pas le partisan le plus chaud ! Du non-cumul ! Je parle des

mandats. Il se fait violence le Président ?

Alain DUHAMEL

Il faut dire que lui-même était un exemple. D’ailleurs de même que son Premier ministre. François

HOLLANDE était président du Conseil général de Corrèze, Jean-Marc AYRAULT était président de

la communauté et maire de Nantes etc. Evidemment, il y a une très forte pression pour ça ! A

l’Assemblée, c’est difficile de ne pas y arriver, parce que les militants socialistes l’ont voté

largement, les Français le souhaitent, Martine AUBRY insiste. Et François HOLLANDE dit que ça

va se faire. Donc ça se fera. La question, c’est au Sénat, parce qu’au Sénat, il n’y a pas de

majorité pour le faire. Et il n’est pas évident du tout, qu’on puisse forcer la main du Sénat. Ce n’est,

même sur un plan constitutionnel, ce n’est en tout cas pas acquis. Et donc là, il peut très bien y

avoir une fronde.

Laurent BAZIN

La proportionnelle, alors pour le coup, ça c’est pour l’Assemblée. On fait la courte échelle au Front

national, comme on le dit souvent ? Si on fait la proportionnelle à l’Assemblée nationale ?

Alain DUHAMEL

Ecoutez, là encore, ça fait partie des engagements de François HOLLANDE. Là encore, c’est ce

que souhaitent les militants, là encore c’est ce que souhaitent les Français. Je ne sais pas si c’est

ce que souhaitent nos auditeurs, mais enfin, la majorité des Français, il n’y a aucun doute. Et après

tout, qu’une formation qui représente un pourcentage significatif des Français, soit représentée, ce

n’est pas absurde ! Simplement, je voudrais faire remarquer au passage quelque chose que je n’ai

pas beaucoup lu et qui est que bizarrement, les réformes institutionnelles que proposent des

socialistes, vont toutes se retourner contre eux ! Parce que la fin du cumul des mandats, c’est la fin

des cumuls de qui ? De ceux qui ont le plus de mandats. Qui ont les mandats locaux ? Les

socialistes ! Autrement dit, ils atrophient leur propre influence. La proportionnelle à l’Assemblée,

pour l’instant, socialistes et radicaux de gauche ont une majorité. Une petite majorité. Si il y a les

10 % de proportionnelle, ils n’auront plus la majorité. Donc, ça veut dire, qu’ils se préparent

joyeusement à se couper les mains.

Laurent BAZIN

Alain DUHAMEL.

 

LE CLIMAT SOCIAL EN EUROPE

France Inter – 7h20 – Dominique Seux – Colère, amertume, incompréhension

Patrick COHEN

« L’édito éco » bonjour, Dominique SEUX.

Dominique SEUX

Bonjour.

Patrick COHEN

Des ECHOS qui fête, qui inaugure ce matin, une nouvelle formule. Il y a eu hier, Dominique, dans

toute l’Europe des défilés contre l’austérité, question simple : les manifestants ont-ils raison de

manifester ?

Dominique SEUX

Eh bien, ils ont raison d’exprimer leur colère, leur amertume et leur incompréhension, quand le

taux de chômage augmente comme en Espagne et touche un quart des actifs, ces mouvements

sont logiques. Mais la vraie question, je crois, est de se demander s’ils ne se trompent pas, quand

ils accusent en priorité les politiques d’austérité, et la réponse est pour l’essentiel, oui, ils se

trompent, parce que c’est un peu trop facile ! Partout on accuse les coupes dans les dépenses, les

hausses d’impôts. En réalité, la hausse des difficultés économiques, c’est d’abord le dégonflement

inévitable, hélas des bulles constituées pendant les années de laissez-faire et d’illusions. En

Espagne, pendant 10 ans, on a construit 5 fois plus de logement que la normale à crédit, n’importe

comment. En Irlande, les ménages se sont endettés. En Grèce, la croissance s’est faite par le

déficit public, avec des grands travaux et des hausses de salaires à crédits, partout ! Partout ! Les

PIB ont été gonflés artificiellement. Accuser l’austérité d’aujourd’hui, c’est accuser un des remèdes

tenté par la cause du mal. Alors on peut constater que l’austérité ne marche pas bien, pour guérir

le malade, mais en faire le virus, c’est du mensonge. Si l’austérité était responsable de tout,

l’Allemagne et les pays du nord iraient très mal.

Patrick COHEN

L’austérité n’aurait aucune responsabilité, Dominique ?

Dominique SEUX

Alors je n’ai pas dit ça. Il y a la question du dosage des efforts et du calendrier de l’effort. Il fallait

depuis deux ans, envoyer des signaux forts à tous ceux qui financent tous les jours les déficits

pour qu’ils continuent à le faire. Il a fallu du temps, mais cette étape est a priori, a priori, je dis, est

a priori passée. Les créanciers sont rassurés, ils seront remboursés. Maintenant, on voit que trop

de rigueur, partout en même temps est contreproductif. En réalité, au cas par cas, l’étau est en

train, un petit peu, de se desserrer et il devra encore se desserrer autant que les marchés le

supportent. Par exemple, c’était il y a quelques jours, l’Espagne a obtenu un délai et il ne lui est

plus demandé d’arriver coûte que coûte aux 3 % de déficits. Mais pour tous ces pays, la clé ça

reste quand même de trouver, un nouveau modèle économique et une compétitivité. Alors

quelques grands travaux européens pourquoi pas ! Mais au fond avec quel argent ?

Patrick COHEN

N’y a-t-il pas d’autres solutions plus radicales et rapides ?

Dominique SEUX

Vous voulez dire qu’il ne soit ni la saignée de l’austérité, ni la morphine de la relance. Ecoutez, il y

en a deux. Un, dévaluation de la monnaie, l’euro, il vaut 1,7 dollar aujourd’hui à 1,10. Ca

redonnerait du sourire aux exportateurs européens, mais comment faire ? Les taux d’intérêt sont

déjà au plancher. Seconde solution, effacer les dettes, c’est ce qu’on entend pour la Grèce. Et on y

viendra sans doute, pour qu’elle reste dans l’euro, mais là, ce sont les Européens, vous et moi qui

payerons.

Patrick COHEN

Un mot pour finir, la France, elle n’est pas en récession ?

Dominique SEUX

Oui, c’était une crainte. Alors petit scoop, petit scoop ce matin, l’INSEE annoncera sur son site

dans 6 minutes exactement, à 7 heures 30, que l’économie a progressé au troisième trimestre,

soyons honnêtes, je viens de vérifier, Pierre MOSCOVICI, ministre des Finances l’avait prévu et

prédit et on ne l’avait pas cru. Apparemment, il avait raison ! Tant mieux ! A 11 heures, en

revanche, on apprendra que la zone euro, elle, est en récession.

Patrick COHEN

C’était Dominique SEUX, merci beaucoup.

 

Europe 1 – 7h45 – Caroline Roux – La colère ou la résignation

Bruce TOUSSAINT

L’Edito politique d’EUROPE 1 Matin, Caroline ROUX, bonjour !

Caroline ROUX

Bonjour Bruce, bonjour à tous.

Bruce TOUSSAINT

Des manifestations organisées hier partout en Europe contre l’austérité, en France aussi, sans

grand succès. Est-ce que c’est un échec pour les syndicats ?

Caroline ROUX

Oui, mais un échec prévisible, hier, on a vu en tête de ces cortèges clairsemés, bras dessus, bras

dessous, des représentants syndicaux faire de la figuration, polis et modérés, ils réclament dans la

rue un plan de relance de la croissance alors qu’ils sont impliqués dans une négociation majeure

sur le marché du travail. Ils ne tapent pas sur le Gouvernement pour demander qu’on desserre

l’étau de la rigueur, ils sont les interlocuteurs responsables de François HOLLANDE. Ils ne veulent

pas mettre deux millions de personnes dans la rue, ils veulent sortir par le haut des négociations

engagées, avec des solutions pour amortir le choc de la crise. Mobilisation ou négociation ?

Contestation ou concertation ? Les syndicats ont choisi leur camp.

Bruce TOUSSAINT

Est-ce que ça veut dire que la colère ne va pas s’exprimer dans la rue en France ?

Caroline ROUX

Qui pourrait prétendre aujourd’hui répondre à une telle question, personne ne sait réellement ce

qui de la colère ou de l’individualisme l’emportera, traditionnellement, c’est vrai que les périodes de

crise économique ne conduisent pas aux grands mouvements sociaux avec trois millions de

chômeurs, une perspective de récession qui s’annonce, la peur du lendemain l’emporte sur la

volonté de faire plier le pouvoir. Le gros des bataillons de cette France qui déguste et qui se prend

la crise de face ne renoncera pas à une demi-journée de salaire pour manifester. La Fonction

publique, qui alimente habituellement les cortèges, a bien compris, elle aussi, le message

présidentiel : faire mieux mais avec moins de moyens.

Bruce TOUSSAINT

Ce n’est pas parce qu’il n’y avait pas beaucoup de monde dans la rue hier que la colère n’existe

pas.

Caroline ROUX

La colère ou la résignation. En tout cas, si elle ne se manifeste pas dans la rue, elle se voit, la

colère, dans les enquêtes d’opinion, la colère, elle se lit dans les yeux des salariés, qui ferment

leurs usines, elle est aussi muette quand elle prend la forme d’un abattement, d’un sentiment

d’abandon, d’un rejet des parties du système, crise financière, crise économique, crise sociale ;

nous y sommes, indignez-vous ou résignez-vous, la France n’a pas encore tranché.

Bruce TOUSSAINT

Merci Caroline ROUX.

 

LA SITUATION AU PARTI SOCIALISTE

LCI – 7h12 – Renaud Pila – La guerre des porte-parole

Jean-Baptiste MARTEAU

Vous nous parlez ce matin d’une petite bataille qui se joue en ce moment même dans les coulisses

du Parti socialiste, qui sera le prochain porte-parole du PS, en fait c’est qui sera le prochain Benoît

HAMON ?

Renaud PILA

Oui, c’est ça, ils sont quatre en fait en ce moment à jouer des coudes pour tenir le fameux point

presse du lundi matin rue Solferino. Alors on va les citer, il y a David ASSOULINE qui fait

actuellement l’intérim, qui n’a absolument pas envie de lâcher son poste. Il y a Olivier FAURE, un

jeune quadra proche de Jean-Marc AYRAULT. Il y a Carine BERGER, une jeune députée des

Hautes Alpes et puis il y a Frédérique ESPAGNAC, une jeune sénatrice. Vous voyez, il y a

génération montante et ils veulent tous ce poste et ça bataille sec.

Jean-Baptiste MARTEAU

Ca bataille sec mais ils se battent juste pour animer ce point presse du lundi matin et faire des

communiqués de presse ou autre chose ?

Renaud PILA

Mais ces points presse, Jean-Baptiste, il y a la télévision, il y a la radio.

Jean-Baptiste MARTEAU

Oui, on va les voir.

Renaud PILA

Il y a tous les journalistes, c’est un lieu d’exposition médiatique très fort et au Parti socialiste il y en

a un dans le passé, si on regarde, qui a très très vite compris l’intérêt qu’on pouvait avoir à être

porte-parole du Parti socialiste, vous voyez peut-être de qui je veux parler ?

Jean-Baptiste MARTEAU

François HOLLANDE peut-être ?

Renaud PILA

François HOLLANDE tout simplement en 1995. Lionel JOSPIN, premier secrétaire le nomme

porte-parole du parti. Très vite François HOLLANDE, eh bien il apprend à connaitre tous les

journalistes qui suivent le Parti socialiste, il progresse énormément dans les médias, aux micros,

aux caméras. Au début c’est un peu dur, progressivement il est très à l’aise. Il devient connu des

Français, c’est la notoriété porte-parole, deux ans plus tard.

Jean-Baptiste MARTEAU

Il prend la plaque du PS.

Renaud PILA

Il devient patron du Parti socialiste lorsque Lionel JOSPIN est nommé Premier ministre, lorsque

l’on voit comment François HOLLANDE a su utiliser ce poste de porte-parole, franchement on

comprend pourquoi en ce moment ça joue des coudes.

Jean-Baptiste MARTEAU

Porte-parole, vous nous dites c’est un peu une fonction tremplin.

Renaud PILA

C’est un tremplin.

Jean-Baptiste MARTEAU

Mais ce n’est pas si facile que ça quand même.

Renaud PILA

Non, ce n’est pas si facile, ça ne marche pas toujours. Regardez à droite ce qui s’est passé, quand

on regarde l’époque Xavier BERTRAND, lorsqu’il était aux commandes de l’UMP, il y avait deux

porte-paroles. Vous vous souvenez peut-être Frédéric LEFEBVRE, Dominique PAILLET…

Jean-Baptiste MARTEAU

C’était le duo de choc.

Renaud PILA

C’était le duo de choc, ce n’était pas facile, très vite les journalistes et surtout les émissions

humoristiques les ont appelé, vous vous souvenez, Dodo et Frédo.

Jean-Baptiste MARTEAU

Dodo et Frédo, c’est ça.

Renaud PILA

Voilà. Ils étaient obligés chaque semaine de défendre coûte que coûte la politique de Nicolas

SARKOZY, c’était très difficile, du coup c’était énormément de langue de bois. C’était compliqué,

ils étaient rayés, moqués, en plus ils étaient deux, donc ils se neutralisaient.

Jean-Baptiste MARTEAU

C’était la guerre, quand vous invitiez l’un et pas l’autre…

Renaud PILA

Voilà et c’était Frédéric LEFEBVRE qui prenait le plus souvent la parole et on voyait ce pauvre

Dominique PAILLET qui attendait comme ça côte à côte, bref, ils se neutralisaient. Qu’a fait Jean-

François COPE lorsqu’il est arrivé à la tête de l’UMP ?

Jean-Baptiste MARTEAU

Il a supprimé le poste.

Renaud PILA

Tout simplement suppression. Qui depuis deux ans porte la parole de l’UMP, c’est lui. Qui tient

tous les mercredis matins les points presse de l’UMP, c’est lui. Qui en permanence réagit sur tous

les sujets d’actualité, c’est encore lui, comme François HOLLANDE, Jean-François COPE, c’est un

enfant de la télé, donc il a bien compris tout l’intérêt qu’il y avait à être dans la lumière et à ne pas

laisser bien sûr ce poste à d’autres. Harlem DESIR donc il a décidé de garder cette fonction de

porte-parole, on connaîtra samedi le nom du gagnant ou des gagnants. Il a gardé ce poste parce

que vous savez, on n’est pas dans un parti bonapartiste au PS, donc on ne peut pas trop faire ce

qu’a fait Jean-François COPE, mais Harlem DESIR, s’il garde un porte-parole c’est bien, s’il en

garde deux, il devrait peut-être quand même regarder la mauvaise expérience de l’UMP sous

Xavier BERTRAND.

Jean-Baptiste MARTEAU

Effectivement où là c’était un petit peu plus compliqué, mais c’est une manière aussi de garder la

vedette.

Renaud PILA

C’est peut-être une manière de garder la vedette, mais, mais, mais deux porte-paroles c’est

compliqué, en tout cas samedi on saura qui a gagné cette petite bataille en coulisse, mais

importante pour l’avenir.

Jean-Baptiste MARTEAU

La guerre des porte-parole au PS.

 

LA SITUATION A L’UMP

RMC – 7h20 – Véronique Jacquier – Sarkozy, l’éternel retour…

Jean-Jacques BOURDIN

La politique avec Véronique JACQUIER. Bonjour Véronique.

Véronique JACQUIER

Bonjour Jean-Jacques. Bonjour à tous.

Jean-Jacques BOURDIN

Nicolas SARKOZY est-il toujours au centre du jeu ? Je ne suis pas certain…

Véronique JACQUIER

De l’UMP.

Jean-Jacques BOURDIN

Du jeu politique et de l’UMP. Pas certain, Véronique JACQUIER, qu’en pensez-vous ?

Véronique JACQUIER

Et non, la question…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous avez des infos, tiens !

Véronique JACQUIER

Oui, oui, parce qu’on est à trois jours de l’élection à la présidence de l’UMP, et Nicolas SARKOZY

s’est affiché hier en Russie, aux côtés de Vladimir POUTINE. Alors, vous m’auriez posé la question

il y a trois jours, « est-ce qu’il est au centre du jeu ? », je vous aurais dit « oui », au vu du sondage

IFOP où 67% des sympathisants UMP souhaitaient sa candidature pour l’élection présidentielle de

2017, mais voilà. Il est à Moscou, visite privée à Vladimir POUTINE, il aborde une barbe de trois

jours, et pour la première fois, Jean-Jacques, il parle à la presse, ce qu’il n’avait pas fait à New

York. On écoute ce qu’il a déclaré.

Nicolas SARKOZY

J’ai bien voulu rappeler les moments amicaux et les moments plus difficiles que nous avons vécus.

A chaque fois nous avons pu les surmonter, parce qu’il y avait de la confiance et de l’amitié, et

quand on se retourne, on s’aperçoit que c’était une action intime.

Véronique JACQUIER

Alors, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça signifie deux choses, « je reste au dessus

de la mêlée pendant l’élection à la présidence de l’UMP », et « je continue à voyager pour faire des

conférences, et gagner de l’argent », chemin de plus en plus privilégié par ses proches. Deux de

ses conseillers m’ont dit cette semaine, « si vous voyez l’ancien président multiplier les

conférences et les visites à l’étranger, c’est qu’il aura décidé d’arrêter la politique pour très bien

gagner sa vie », comme Tony BLAIR par exemple, ou Gerhard SCHRODER. On comprend bien

que son retour en politique tient du fantasme, entretenu par François FILLON et Jean-François

COPE.

Jean-Jacques BOURDIN

Mais quel est leur intérêt, d’entretenir ce retour ?

Véronique JACQUIER

Alors les militants UMP regrettent encore et toujours Nicolas SARKOZY, ils n’ont pas

complètement fait leur deuil, alors aucun des prétendants à la tête du parti ne va prendre le risque

de dire « SARKOZY c’est fini. » Mais attention, ce n’est pas le même son de cloche dans les étatsmajors.

Il y a deux camps en ce moment à l’UMP, ceux qui ont choisi François FILLON parce qu’ils

n’envisagent absolument pas un retour de l’ancien président, on y retrouve les bébés Chiraquiens,

Valérie PECRESSE, François BAROIN, Laurent WAUQUIEZ, et puis les dinosaures RPR aussi,

comme François PONCELET. Et puis il y a ceux qui sont avec Jean-François COPE, qui, la main

sur le coeur disent qu’ils attendent le retour de Nicolas SARKOZY comme le messie, mais bon, en

douce ils font des prières pour qu’il ne revienne jamais.

Jean-Jacques BOURDIN

Dites-moi, belle ambiance !

Véronique JACQUIER

Oui, oui, belle ambiance, ça on peut le dire, ce sont tous des faux-culs, parce que, que dit François

FILLON en coulisses, et ça c’est une info RMC Jean-Jacques, qu’une fois élu président de l’UMP,

eh bien il ne remettra pas son mandat en jeu, comme c’était prévu, en 2015, il compte clairement

s’installer à la présidence du parti pour concourir aux primaires en 2016 et tout verrouiller. Vous

imaginez bien qu’il n’attend pas Nicolas SARKOZY, d’ailleurs, franchement, il ne s’en cache pas

vraiment. Jean-François COPE, lui, c’est différent, il ne tient pas à avoir l’ancien président dans les

pattes, mais il ne veut pas insulter l’avenir. Dimanche soir, celui qui sera élu sera le candidat pour

2017, et Nicolas SARKOZY continuera à faire des conférences, ainsi va la vie.

 

Radio Classique – 8h10 – Guillaume Tabard – Le fossé s’est creusé

Guillaume DURAND

Mon cher Guillaume, bonjour.

Guillaume TABARD

Bonjour Guillaume.

Guillaume DURAND

J’espère que vous vous êtes bien remis de l’offensive de Jean-Louis BORLOO hier ici même.

Bonjour François BAROIN.

François BAROIN

Bonjour.

Guillaume DURAND

Bienvenue, vous êtes sur l’antenne de RADIO CLASSIQUE et évidemment de PUBLIC SENAT, et

nous sommes en direct. Avec Guillaume on va revoir, à trois jours du vote des adhérents de l’UMP,

la situation FILLON/ COPE, tensions jamais aussi fortes, et on a quand même l’impression que,

plus la campagne s’est avancée, plus le fossé s’est creusé.

Guillaume TABARD

Oui, le fossé s’élargit, au point qu’il est temps pour l’UMP que cette campagne s’achève, avant que

l’unité du parti lui-même soit en péril. Alors, au début, on s’en souvient, François FILLON et Jean-

François COPE mettaient surtout en avant leurs différences de parcours et de tempérament.

COPE soulignait que lui, était l’élu d’une ville de banlieue, quand son concurrent était venu se

mettre à l’abri dans les beaux quartiers de Paris. FILLON, lui, s’appuyait sur ses 5 ans à Matignon,

pour montrer que lui avait déjà la stature d’un homme d’Etat, quand son rival était surtout un

homme d’appareil. Alors il y a eu ensuite la bataille de l’héritage sarkozyste. COPE a eu l’idée,

habile, il faut le dire, de dire qu’il se rangerait derrière Nicolas SARKOZY, si celui-ci décidait de

revenir, une manière de surfer sur la nostalgie SARKOZY qui souffle à droite depuis la rentrée, tout

en faisant comprendre que le député de Paris, lui, était pressé de tourner la page de l’ancien

président. Et puis au fil des semaines c’est une véritable divergence de ligne politique qui est

apparue, elle est devenue flagrante à partir du moment où COPE a créé la polémique avec le

racisme anti-blanc, le pain au chocolat ou son appel à manifester. Cette fois c’est le camp FILLON

qui s’est mis à dénoncer « la droitisation du maire de Meaux. » Alors, depuis une semaine ils ne

prennent plus de gants, et d’ailleurs les deux interviews croisées ce matin dans LE FIGARO, sont

significatives. FILLON accuse COPE de « rétrécir l’UMP », et COPE accuse FILLON « d’avoir un

positionnement incompréhensible. » Heureusement que la campagne s’achève bientôt.

Guillaume DURAND

Dimanche les militants vont-ils donc choisir une ligne politique autant qu’une personnalité ?

Question.

Guillaume TABARD

Oui, et c’est pour ça que cette fin de campagne est périlleuse pour l’UMP, car à force d’accentuer

les clivages entre eux, eh bien le résultat sera interprété comme la victoire d’une ligne et la défaite

d’une autre. En clair, si COPE est battu, la tentation sera grande de dire que les militants UMP ne

veulent pas d’un cap à droite, ce qui serait une conclusion hâtive. De même, la défaite de FILLON

ne voudrait pas forcément dire qu’il n’y a plus de place à l’UMP pour une sensibilité centriste, ou

modérée. Alors en fait cette campagne, qui a été intense, et qui a réellement mobilisé les

adhérents, a eu un côté trompe-l’oeil, d’abord parce que le nom de SARKOZY est devenu, au

choix, un totem ou un tabou, mais personne n’a vraiment pris la peine de mener une réflexion

sereine et lucide sur les vraies causes de la défaite. Ensuite, le mot de « droitisation » a été brandi

comme une arme de destruction, mais plutôt que de dénoncer les discours de tel ou tel, peut-être

que l’UMP toute entière aurait-elle intérêt à comprendre, à analyser, et à canaliser, le phénomène

de droitisation de l’ensemble de la société française. Alors on sait qu’il y a quelqu’un qui a été

souvent critiqué pour son influence auprès de Nicolas SARKOZY, c’est Patrick BUISSON, et qui a

développé, cette semaine dans LE FIGARO, une réflexion instructive sur l’imbrication de ce qu’il

appelle « la question sociale et la question identitaire dans l’électorat populaire de la France

périurbaine. » Alors on peut, ou partager, ou critiquer ces analyses, mais pour un parti dont

l’objectif premier est de reconquérir des électeurs perdus, il y a à tout le moins un débat à conduire

à l’UMP, sans doute plus utile que les attaques ad hominem de ces derniers jours.

 

LA VIE POLITIQUE

RTL – 6h50 – Alba Ventura – Mea culpa

Stéphane CARPENTIER

Manuel VALLS, donc toujours lui, vous revenez sur l’incident d’avant-hier à l’Assemblée, le ministre a

dit qu’il regrettait, ok, il n’avait commis aucune bourde jusque là et ça fait partie de ces empoignades

qu’on garde évidemment en mémoire.

Marie-Bénédicte ALLAIRE

Oui, c’était mardi après-midi pendant les questions au gouvernement, alors l’atmosphère dès le départ

est électrique, il faut dire que vous savez le mardi l’assemblée, c’est vraiment une arène parfois, et la

semaine dernière déjà Claude BARTOLONE, le président de l’Assemblée, il avait dû faire un rappel au

règlement pour assurer le bon fonctionnement des débats, donc je crois qu’il était agacé BARTOLONE

de constater qu’il y avait encore de l’orage dans l’air.

Stéphane CARPENTIER

Contexte tendu donc quand Manuel VALLS doit répondre à des questions de l’opposition.

Marie-Bénédicte ALLAIRE

Oui et depuis le matin, VALLS l’a mauvaise, le Figaro a publié des chiffres qui font état d’une hausse de

la délinquance, ce que le ministre conteste. Un centriste de l’UDI le titille en l’interrogeant sur ces

statistiques, alors VALLS répond, il est déjà crispé et à peine se rassoit-il qu’Eric CIOTTI, député UMP,

dégaine une question sur la lutte contre la délinquance. Il s’adresse à Christiane TAUBIRA ce député,

mais selon un témoin VALLS glisse à sa collègue, « laisses, je vais me le faire ». Il empoigne le micro

et se lance dans une grande tirade qu’on réécoute.

Manuel VALLS

C’est vous qui avez échoué et les Français aujourd’hui paient dix ans d’une politique de sécurité, faite

de lois qui n’ont servi à rien. La hausse de la délinquance, c’est vous, les suppressions de postes de

policiers et de gendarmes, c’est vous, le retour du terrorisme dans ce pays, c’est vous !

Stéphane CARPENTIER

Alors évidemment Marie-Bénédicte, à droite tollé.

Marie-Bénédicte ALLAIRE

Il y a de quoi quand même les députés UMP sont au bord de la crise de nerf, l’UMP, Pierre

LELLOUCHE s’approche du banc du gouvernement, il est menaçant, des accesseurs s’interposent, là

Claude BARTOLONE décrète une interruption de séance qui se prolonge. Le gouvernement attend, il

est toujours là et puis finalement BARTOLONE décide carrément d’ajourner la séance, alors le

gouvernement quitte l’hémicycle et VALLS, lui, s’attarde très longuement, 40 minutes disent certains

dans le périmètre sacré, c’est une zone hors de la vue des journalistes. Il est assis sur un banc et à ce

moment il parait accablé. Il est en effet conscient qu’il vient de faire une grosse bourde à une heure de

la conférence de presse de François HOLLANDE.

Stéphane CARPENTIER

Justement le gouvernement était convié à l’Elysée, quand il y arrive, il est dans quel état ?

Marie-Bénédicte ALLAIRE

On voit qu’il accuse toujours le coup, il est blême au début et puis il s’empourpre ensuite quand vient la

question au président sur l’incident qui vient de se dérouler à l’Assemblée. Il essuie le recadrage sans

broncher, mais quand François HOLLANDE salue son travail, eh bien là on voit qu’il se détend, il est

soulagé. En fait juste avant la conférence de presse, François HOLLANDE l’a déjà réconforté. Hier à

l’Assemblée Manuel VALLS a dit publiquement qu’il « regrette », une partie de l’opposition très

sportivement a applaudi. A gauche par contre on remarque que certains ne peuvent pas s’empêcher de

jubiler, VALLS à qui tout semble réussir, vient de commettre sa première erreur. Il a fait preuve de

fragilité en sortant de ses gonds, cela dit il a repris les rênes très vite en partant dès hier soir pour la

Corse avec Christiane TAUBIRA.

Stéphane CARPENTIER

Absolument.

 

France Inter – 7h45 – Thomas Legrand – La Bretagne rose

Patrick COHEN

Bonjour Thomas LEGRAND.

Thomas LEGRAND

Bonjour Patrick.

Patrick COHEN

Ce matin, naturellement, vous vous intéressez à la Bretagne, et plus généralement au Grand-

Ouest en politique.

Thomas LEGRAND

Oui, parce que cette large partie de la France a sa spécificité, la Bretagne est toute rose. François

HOLLANDE a réalisé de très bons scores ici, son côté social-démocrate mesuré et opiniâtre aurait

pu faire de lui un parfait homme politique Breton. D’ailleurs il s’est choisi un Nantais – rassurezvous,

je n’ouvre pas le débat Nantes en Bretagne – disons un grand maire de l’Ouest pour diriger

son gouvernement. Le président écoute aussi beaucoup, en ce moment, dit-on, son ami de

toujours Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la Défense et longtemps maire de Lorient. L’esprit de la

gauche de l’Ouest est au pouvoir. Le politologue Stéphane ROZES considère même, dans la

dernière livraison de la revue « Le Débat », qu’en mai dernier le pays a choisi d’explorer le chemin

qu’a emprunté la France de l’Ouest. D’ailleurs, au centre-droit le Poitevin Jean-Pierre RAFFARIN,

encore lui, Girondin dans l’âme, a déclaré à plusieurs reprises, ces derniers temps : « le Grand

Ouest, terre de reconquête pour la droite. » Du coup RAFFARIN s’est allié à Jean-François COPE,

qui lui a promis qu’il y aurait des courants à l’UMP. L’ancien Premier ministre, de Jacques

CHIRAC, comptait bien, dès lors, inspirer une tendance modérée, qui serait chargée de réinvestir

ces territoires PS de l’Ouest, c’est mal parti, on n’entend plus le pauvre RAFFARIN submergé par

la droitisation opérée par Jean-François COPE, ou alors on l’entend comme, en anglais, beaucoup

plus à l’Ouest, en Chine. Vu le ton de la campagne interne à l’UMP, c’est plutôt François FILLON,

le Sarthois placide, qui devrait recueillir la majorité des suffrages des militants UMP du Grand

Ouest. Mais, celui qui est vraiment en embuscade pour la reconquête dans 2 ans, à l’occasion des

municipales, c’est plutôt Jean-Louis BORLOO, l’UDI, le nouveau parti centriste est mieux placé

que l’UMP pour profiter d’une éventuelle disgrâce des socialistes pourtant très bien implantés à

Brest, Rennes, Lorient ou même Nantes.

Patrick COHEN

La Chine c’est plutôt à l’Est, enfin bon ! Si on fait le tour…

Thomas LEGRAND

Oui, il fait le tour, il reviendra ici.

Patrick COHEN

On tombe dessus. D’ailleurs le centre-droit a une histoire et de solides racines ici.

Thomas LEGRAND

Oui. La droite, ici, est modérée, et a été puissante. Le Breton Jean-Marie LE PEN fait de mauvais

scores, la façade atlantique est ouverte sur le monde, et le style un brun autoritaire et clivant de

Nicolas SARKOZY n’était pas particulièrement apprécié en Bretagne. Nous sommes en terres

catholiques, et même si les catholiques, le catholicisme, n’est plus qu’une influence ancienne, la

Bretagne est quand même marquée par cette longue imbrication de l’Eglise dans la société. Entre

les deux guerres est apparu ici une forme de centre-droit chrétien, et républicain, qui se distinguait

des catholiques réactionnaires de l’action française, une forme de démocratie chrétienne. Après

45, cette force était représentée par le MRP, issu de la résistance chrétienne, puis c’est le RPF

gaulliste qui concurrence le MRP, et ancre, pour longtemps, la Bretagne et l’Ouest au centre-droit.

Mais, depuis les années 70, et par l’entremise de ce que l’on a appelé « la deuxième gauche »,

s’est développé une gauche humaniste, associative, soucieuse de l’environnement, rétive aux

communistes, compatible avec les racines chrétiennes. Aujourd’hui la société du compromis social

que François HOLLANDE dit vouloir substituer à la société de l’affrontement permanent, est

parfaitement raccord avec l’esprit politique du Grand-Ouest. La Bretagne n’est pas la pointe

occidentale de la France, politiquement, en ce moment, elle est plutôt l’épicentre.

 

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

RTL – 7h12 – Gwendoline Debono – Enquête RTL

Laurent BAZIN

Et « On n’est pas dupes » ce matin, malheureusement, de la lutte contre les djihadistes français.

Bonjour Gwendoline DEBONO.

Gwendoline DEBONO

Bonjour.

Laurent BAZIN

Alors, c’est une des priorités, évidemment, du ministre de l’Intérieur, comme de son prédécesseur :

empêcher de nouveaux Mohamed MERAH, mieux identifier, punir, ces Français, souvent ces

jeunes Français qui partent à l’étranger pour s’entraîner ou pour combattre dans les rangs d’Al-

Qaïda. Une loi est en route au Parlement, la surveillance des services a évidemment été renforcée.

Gwendoline, est-ce que ça suffit à dissuader les candidats ?

Gwendoline DEBONO

Eh bien les dissuader d’aller où ? Peut-être si on pense aux destinations, disons traditionnelles,

Afghanistan ou Pakistan, mais cette filière s’est tarie notamment à cause des frappes américaines,

alors aujourd’hui les djihadistes se tournent vers de nouveaux Eldorados.

Laurent BAZIN

C’est-à-dire ?

Gwendoline DEBONO

Eh bien aujourd’hui, c’est le Nord-Mali, le Sahel, qui génèrent la plus grande force d’attraction, c’est

le fief d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, AQMI, une nouvelle terre de djihad, au point que le

président du Niger voisin, Mahamadou ISSOUFOU, que nous avons rencontré, voit affluer chez lui

une Internationale terroriste.

Mahamadou ISSOUFOU

Les terroristes de l’AQMI, ils ont des soutiens qui arrivent, des Français, c’est réel, il y a des

Français qui étaient au Mali, qui ont été arrêtés récemment. On nous a fait part également de la

présence de Soudanais, d’Afghans. Nous avons là une menace qui a un caractère international.

C’est une question de sécurité intérieure pour l’Europe. Il y a quelqu’un qui a dit : « qui tient

l’Afrique tient l’Europe » et ça va se concrétiser, là, il n’y a que la Méditerranée qui nous sépare.

Leur objectif, c’est l’Europe.

Gwendoline DEBONO

Parmi ces combattants, deux Français ont été arrêtés en trois mois, et trois autres ont été

identifiés.

Laurent BAZIN

Pourquoi là-bas ? On passe facilement entre les mailles du filet ?

Gwendoline DEBONO

Disons que le casse-tête c’est leur profil. La plupart son binationaux, avec une nationalité d’Afrique.

Exemple, en août dernier, un Franco-Congolais est arrêté au Niger, alors qu’il tente de rejoindre le

Nord Mali, son arrestation est presque un hasard, puisque c’est une histoire de faux permis qu’il

perd. C’est le problème, décrypte Louis CAPRIOLI, ancien cadre de l’antiterrorisme, avec deux

passeports, on peut devenir invisible.

Louis CAPRIOLI

Un Malien qui arrive à Bamako, eh bien lui, il ne sera pas contrôlé du tout, puisque c’est un

ressortissant malien, sauf si toutes les personnes sont contrôlées. C’est un travail très lourd à

mettre en place, les services de sécurité maliens n’ont peut-être pas la capacité de gérer ce type

de travail.

Gwendoline DEBONO

Un traçage d’autant plus rude que certains pourraient passer par des pays touristiques, comme le

Sénégal, qui partage 400 km de frontière avec le Mali.

Laurent BAZIN

Ça représente aujourd’hui combien de djihadistes français, combien, si j’ose dire, de Mohamed

MERAH en puissance ?

Gwendoline DEBONO

Alors, pour le moment, une petite vingtaine, ils sont très minoritaires, mais les messages relayés

sur les sites djihadistes prennent, selon Mathieu GUIDERE, spécialiste d’Al-Qaïda.

Mathieu GUIDERE

A partir du moment où la France a commencé à promouvoir une intervention militaire au Nord du

Mali, eh bien on a vu un certain nombre de leaders, appeler les frères à les rejoindre, pour se

battre avec la thématique de l’invasion d’une terre musulmane.

Gwendoline DEBONO

Et l’autre paramètre, vous en parliez Laurent, pour donner une image, mais c’est bien Mohamed

MERAH lui-même.

Mathieu GUIDERE

Le fait qu’il parvienne à mener à bien son projet, il a fait sauter un verrou psychologique, qui a fait

penser à d’autres qui ont à peu près le même profil, qu’il était possible d’échapper aux Services de

renseignements, de s’entraîner à l’étranger et de mener des actions terroristes sur le sol national.

Laurent BAZIN

Alors, il y a justement une réunion ce matin, des ministres des Affaires étrangères avec Laurent

FABIUS, qui est d’ailleurs l’invité de RTL à 07h50, c’est une des raisons de notre soutien à une

intervention militaire au Mali, le fait qu’il y a ces centres terroristes ?

Gwendoline DEBONO

Oui, la France ne veut pas d’un nouvel Afghanistan à sa porte, un proche du Renseignement

détaille le risque, depuis le Mali, Al-Qaïda pourrait se servir de ses recrues pour lancer des

attaques contre les intérêts français en Afrique, dans des pays voisins, Sénégal, Côte d’Ivoire, peu

habitués à la lutte antiterroriste.

Laurent BAZIN

Enquête RTL signée Gwendoline DEBONO. Merci Gwendoline.

 

LA FISCALITE DES GRANDS GROUPES INTERNATIONAUX

Europe 1 – 7h13 – Axel de Tarlé – La complexité des montages fiscaux

Bruce TOUSSAINT

Voici le « zoom Eco », voici Axel DE TARLE sur EUROPE 1. Bonjour.

Axel DE TARLE

Bonjour Bruce.

Bruce TOUSSAINT

Comment ne pas payer ses impôts en France ? Les grands groupes américains sont visiblement

devenus des as en la matière.

Axel DE TARLE

Eh bien oui, on croit naïvement que payer ses impôts est obligatoire, eh bien, pas pour les géants

américains, et le dernier exemple en date, c’est STARBUCKS, STARBUCKS qui commençait à

intriguer un peu tout le monde, parce que…

Bruce TOUSSAINT

On rappelle ce que c’est STARBUCKS quand même…

Axel DE TARLE

Une chaîne de cafés !

Bruce TOUSSAINT

Voilà, qui vend des cafés…

Axel DE TARLE

Et alors, cette chaîne de cafés américaine explique qu’elle est déficitaire depuis des années, et

pourtant, elle continue d’ouvrir des cafés, en général, quand on perd de l’argent, on arrête les frais,

eh bien, pas là, en fait, après une très rapide enquête, on s’est rendu compte que STARBUCKS

était très rentable, simplement, le groupe américain s’arrange pour ne pas faire apparaître ses

profits en France, comme ça, pas de profits, pas d’impôts.

Bruce TOUSSAINT

Et il fait comment ?

Axel DE TARLE

Alors, eh bien, il augmente artificiellement ses charges, par exemple, les cafés STARBUCKS en

France doivent payer une redevance exorbitante pour utiliser la marque à une filiale donc installée

dans un paradis fiscal, ou bien, par exemple, ils doivent payer des loyers très chers à la maison

mère, bref, tout est fait pour que le bénéfice n’apparaisse pas en France, mais dans des paradis

fiscaux. Et il existe, comme ça…

Bruce TOUSSAINT

Mais c’est légal, ça ?

Axel DE TARLE

Oui, c’est légal, toutes ces pratiques sont légales, il en existe des tas d’autres, AMAZON par

exemple facture ses clients français depuis le Luxembourg où la TVA est très basse, GOOGLE

facture ses clients français depuis l’Irlande où l’impôt sur les bénéfices est très bas. Et on parle…

parce qu’on parle, là, de groupes très riches. APPLE par exemple réussit à ne payer que 2%

d’impôts sur les bénéfices, là où les PME locales, en France, paient 34%.

Bruce TOUSSAINT

Qu’est-ce qu’on peut faire, tous ces montages fiscaux, on le disait, sont légaux,

malheureusement…

Axel DE TARLE

Eh bien, d’abord, on peut s’entendre au niveau européen pour arrêter ce dumping fiscal

scandaleux en Irlande ou aux Luxembourg, qui, exprès, baissent leur taux d’imposition pour attirer

ces géants américains, parce que, à un moment, le politique doit sévir, parce que c’est très injuste

vis-à-vis des autres, la FNAC, par exemple, qui paie tous ses impôts en France normalement, eh

bien, la FNAC vient de jeter l’éponge dans la musique en ligne, pour laisser sa place à APPLE,

triomphant, qui facture depuis le Luxembourg.

Bruce TOUSSAINT

Un coup de chapeau !

Axel DE TARLE

Les créations d’entreprises ont augmenté de 10% en octobre, ce sont des auto-entrepreneurs, on

peut penser que certains nouveaux chômeurs tentent de s’en sortir en créant leur petite entreprise.

Bruce TOUSSAINT

Merci Axel DE TARLE.

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