Les sujets radio du 5 novembre

LE RAPPORT GALLOIS

RTL, P. Roy-Contancin – 7h00

L. Bazin  : Compétitivité, Jérôme Florin. Pièce en 3 actes pour le Gouvernement. Premier acte, ce

matin, avec la remise du très attendu rapport de Louis Gallois à Matignon. Deuxième demain avec

un séminaire gouvernemental et troisième acte demain soir, Jean-Marc Ayrault sera au 20 heures

de TF1 pour faire le service après-vente, comme on dit. Comme toujours, des fuites sont

organisées dans la presse : baisse du coût du travail, coup de pouce à l’innovation. Bonjour

Philippe Roy-Contancin. Bonjour. On connaît donc déjà quelques grandes lignes de ce rapport.

Commentaire de P. Roy-Contancin  : Alors évidemment, c’est l’allègement du coût du travail en

baissant les charges sociales versées par les entreprises et leurs salariés. Alors Louis Gallois

préconiserait une baisse massive de l’ordre de 30 milliards d’euros. Deuxième élément du rapport :

renforcer les aides à la recherche et à l’innovation pour permettre aux entreprises françaises de

rivaliser avec la concurrence internationale en proposant des produits haut de gamme et

innovants. Ensuite, il s’agit de privilégier aussi les petites entreprises en leur facilitant l’accès aux

marchés publics et Louis Gallois va jusqu’à relancer le très sensible dossier gaz de schiste pour

alléger la facture énergétique et permettre aussi le développement, par exemple, de l’industrie

chimique.

J. Florin  : Philippe, vous avez rencontré des patrons dans le cadre de votre reportage. Qu’est-ce

qu’ils attendent de ce rapport ?

P. Roy-Contancin  : Alors très clairement, leur priorité c’est la baisse du coût du travail, un

transfert du financement de la protection sociale – maladie, retraite, famille – vers l’impôt, la CSG

et la TVA comme le réclame Pierre Gattaz, PDG de Radiall un fabricant d’équipements

électroniques.

Pierre Gattaz (PDG de Radiall) : Un point de TVA, c’est 8 milliards sachant que ça permettrait avec

cette hausse de TVA de renchérir les produits d’importation dont les prix baissent régulièrement

toujours. Regardez les vélos, regardez des cafetières, regardez des télévisions qui font que mettre

1, 2 points ou 3 points de TVA sur ces produits là ne changerait pas la donne au niveau de la

consommation.

P. Roy-Contancin  : Alors si les patrons attendent un choc de compétitivité, le Gouvernement n’ira

certainement pas aussi loin : 30 milliards d’allègements de charges financés par une nouvelle

augmentation des impôts, eh bien, ce serait prendre le risque de plomber la consommation des

Français et le peu de croissance qu’il nous reste.

 

Europe 1, L. Fau – 7h00

M. Grossiord :  La France souffre bien d’un problème de coût du travail. Un handicap confirmé par

Louis Gallois. Dans le rapport qu’il remet ce matin au Premier ministre, le commissaire à

l’Investissement estime nécessaire une baisse des cotisations sociales, de quelque 30 milliards

d’euros ; un tiers pour les charges salariales, deux tiers pour les charges patronales. Et il

préconise une vingtaine d’autres mesures pour améliorer la compétitivité, selon Les Echos . On

saura dès demain si le rapport de Louis Gallois est mort né avec les décisions qu’annoncera

Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre en effet a la main sur ce dossier délicat alors que François

Hollande, sommé par certains de ses amis de fixer un cap, est en déplacement aujourd’hui au

Laos. Ludovic Fau, vous accompagnez le chef de l’Etat pour Europe 1. Et il ne s’est pas encore

exprimé sur le sujet.

Commentaire de L. Fau :  Oui, ce matin au Laos François Hollande est en tout cas resté très

discret, prudent sur le rapport Gallois. Interrogé à ce sujet lors d’une discussion informelle avec les

journalistes, eh bien il a éludé la question en renvoyant à ce qui sera annoncé demain par Jean-

Marc Ayrault. Alors officiellement au moins, c’est donc bien le Premier ministre qui a la main, et

François Hollande ne veut pas lui couper l’herbe sous le pied, mais comme le glisse un conseiller

de l’Elysée, les deux hommes se parlent tous les jours et la compétitivité fait bien sûr partie des

sujets de discussion possible. Avec ce rapport, François Hollande sait qu’il joue une partie

importante, qu’il est attendu au tournant, par la droite mais aussi par la gauche, et même par

certains de ses amis. « Le Gouvernement va faire de vrais choix pour relancer la compétitivité et

l’emploi », affirmait récemment un proche du chef de l’Etat. Mais l’entourage de François Hollande

prévient aussi que demain le Gouvernement tirera les conclusions du rapport Gallois et annoncera

une première salve de mesures, pas l’ensemble du dispositif. Ce qui paraît confirmer qu’il n’y aura

pas à proprement parler de choc de compétitivité. Bref, sans enterrer le rapport Gallois, l’Elysée

semble en fait ne pas vouloir se retrouver pieds et poings liés par ce rapport dont la préparation a

été rythmée par les hésitations, les fuites et les polémiques.

M. Grossiord :  Merci Ludovic. En tous les cas, d’après Matignon, ce rapport va donner lieu à des

décisions demain qui vont surprendre, c’est ce que rapporte Le Figaro.

 

Europe 1, M. You – 8h00

P. de Cossette :  On l’attendait, ça y est, il arrive, « il » c’est le rapport Gallois sur la compétitivité.

11h et demi ce matin, Louis Gallois, l’ancien patron de EADS, va remettre ses propositions à Jean-

Marc Ayrault, Premier ministre ; pas mal d’indiscrétions ont déjà filtré notamment dans Les Echos

ce matin. Martial You nous a rejoints en studio, chef du service économie d’Europe 1. Martial, qu’y

a-t-il dans ce rapport ?

Commentaire de M. You :  Il y a une grosse vingtaine de mesures proposées par Louis Gallois. La

principale, la plus attendue, c’est une baisse des charges patronales et salariales. L’ex -patron de

EADS souhaite 20 milliards de moins sur les charges que paient les entrepreneurs, et 10 milliards

de moins sur les salaires, ce qui ferait remonter le salaire net de tous les employés par exemple.

Ensuite, il y a des mesures de soutien pour les filières, pour l’innovation, afin de relancer la

créativité, la recherche des entreprises.

P. de Cossette :  Martial, ces recommandations c’est bien beau mais que va en faire le

Gouvernement ?

M. You :  C’est effectivement toute la question, puisque François Hollande lui-même a dit qu’il ne

se sentait pas lié par le texte. Alors va-t-il rejoindre le cimetière des rapports ? Non, Jean-Marc

Ayrault va reprendre l’essentiel des propositions en faveur du soutien et de l’innovation. Soutien

aux filières qui souffrent, comme l’automobile, les infrastructures ferroviaires, peut-être le secteur

pharmaceutique ; soutien aussi à la recherche et développement, ainsi que à la création d’un

nombre plus important d’ingénieurs, il en manque en France. Pourquoi est-ce qu’on va reprendre

toutes ces propositions ? Eh bien parce, d’abord on va montrer que le rapport n’est pas enterré, et

ensuite parce que surtout, c’est déjà financé en quelque sorte, déjà budgétisé dans le budget de

l’enseignement supérieur, dans le financement de la Banque publique d’investissement, ou encore

dans le système de crédit impôt-recherche.

P. de Cossette :  Mais les 30 milliards tant attendus ?

M. You :  Alors là ça devrait être le grand oublié, alors que c’est ce que les patrons réclament. Du

côté du gouvernement on va nous expliquer que le coût du travail ce n’est que 10 % du problème

et que les partenaires sociaux vont déjà mettre plus de souplesse, plus de flexibilité dans le contrat

de travail. Pour les 30 milliards, eh bien ce sera sans doute 10 milliards reconduits pendant 3 ans,

et plutôt les 3 dernières années du quinquennat. Le Gouvernement espère que d’ici là la

croissance sera un peu revenue, ce sera sans doute trop tard, en tout cas, c’est ce que devraient

dire les patrons dès demain.

 

France Inter, R. Lachaud – 8h00

Louis Gallois : Il faut faire un choc de compétitivité, il faut qu’il soit assez massif et qu’il porte sur

les cotisations sociales concernant des salaires relativement élevés. Il s’agit de transférer 30 à 50

milliards sur la fiscalité, c’est une affaire extrêmement compliquée, surtout à un moment où l’Etat,

lui-même, augmente la fiscalité pour couvrir son propre déficit.

B. de Galzain :  Eh bien voilà, ça c’était le 7 juillet dernier, Louis Gallois, commissaire à

l’investissement venait d’être désigné par Matignon pour étudier tous les moyens de doper la

compétitivité française. Quatre mois après, on y est, c’est ce matin à 11 heures 30 qu’il rend sa

copie au Premier ministre et, sauf énorme surprise, ce rapport Gallois ne devrait pas préconiser

autre chose que cette mesure centrale, la plus controversée : réduire de 30 milliards d’euros,

minimum, les charges sociales des entreprises. Baisse du coût du travail pour enrayer la

dégringolade du déficit commercial français, car si le remède est contesté, et on va le voir, le

diagnostic, lui, ne l’est pas. Tout le monde est d’accord pour constater la dégradation continue de

l’industrie française.

Commentaire de R. Lachaud :  L’évolution de notre commerce extérieur depuis 15 ans illustre

bien le problème : 73 milliards d’euros de déficit commercial en 2011 contre 23 milliards

d’excédent en 1997, tout est dit, même si la hausse des prix du pétrole brut explique, en partie,

l’augmentation des importations françaises depuis 2003. Autre exemple, depuis 12 ans, la France

a perdu 4 points de parts de marché vis-à-vis de ses partenaires de la zone euro, ce qui

représente la bagatelle de 150 milliards d’euros d’activité en moins chaque année, plus de 7 points

de croissance potentielle partis en fumée. Depuis 20 ans, l’économie française s’est désintéressée

des secteurs industriels pour privilégier les services et l’industrie a souffert, à la fois, d’un déficit

d’image chez les jeunes et d’une dévalorisation de ces métiers au sein du système éducatif. Enfin,

de nombreux groupes industriels français, comme Arcelor ou Pechiney ont été rachetés par des

groupes étrangers avec à la clé, pour le pays, des pertes de savoir-faire et des destructions

d’emplois.

 

RTL, P. Roy-Contancin – 8h00

P. Corbé  : François Hollande au pied du mur ; c’est le titre ce matin du Figaro  et des Echos . On va

parler de la compétitivité. Oui au pied du mur car après les premiers mois, la présidence Hollande

marquée par la rigueur budgétaire, l’explosion du chômage, on ouvre donc aujourd’hui, le chapitre

de la compétitivité avec la remise du rapport Gallois, chapitre crucial pour ralentir notre descente

aux enfers économiques. François Bayrou juge ainsi au Grand Jury RTL que le quinquennat

Hollande va se jouer dans les 15 jours. Bonjour Philippe Roy-Contancin. Bonjour. On a beaucoup

entendu, ces dernières semaines, des rumeurs et des démentis. Selon Les Echos , le rapport

Gallois va proposer de réduire de 30 milliards d’euros les cotisations.

Commentaire de P. Roy-Contancin  : Ah oui alors 20 milliards en moins de cotisations patronales

et un allègement de 10 milliards des cotisations acquittées par les salariés, c’est donc du salaire

en plus mais il faut compenser cette perte de recettes pour la Sécurité sociale. Alors augmentation

de la CSG, de la TVA, de la fiscalité écologique : vous vous en doutez, le débat est politiquement

très sensible.

P. Corbé  : Et puis l’ancien PDG d’EADS fait d’autres propositions au-delà du cout du travail.

P. Roy-contancin  : Alors au total, il fait une vingtaine de propositions : il y a celles qui sont

consensuelles et qui ne coûtent rien ou presque, comme le renforcement des filières industrielles

c’est-à-dire lier le destin des PME aux grandes entreprises. Il y a aussi l’aide aux entreprises qui

exportent en leur facilitant, par exemple, l’accès au crédit. Il faut aussi renforcer les dispositifs

d’aide à la recherche pour favoriser l’innovation, la montée en gamme de la production française

enfin et là la polémique va être éclatante, Louis Gallois veut que l’on remette sur la table le dossier

des gaz de schiste.

P. Corbé  : Polémique, Philippe Roy-Contancin puisque François Hollande a annoncé il y a un

mois qu’il ne souhaitait pas l’exploitation avec la technologie actuelle du gaz de schiste mais

Arnaud Montebourg vient de dire sur RTL que ça mérite qu’on y réfléchisse, qu’il faut réfléchir aux

technologies nouvelles pour l’exploitation de ce gaz de schiste.

 

France Inter, R. Lachaud – 8h00

B. de Galzain :  Voilà pour le constat, la méthode maintenant. Eh bien, c’est classique, si l’on

donne aux uns on prend aux autres. Pour compenser cette baisse de charges, la TVA et ou la

CSG serait augmentée. Or le pouvoir d’achat des Français, on le sait, est déjà entamé par les

mesures fiscales, du coup la méthode divise et le Gouvernement et les économistes, eux-mêmes.

Pour un choc, Philippe Aghion, professeur à l’Ecole d’économie de Paris

Philippe Aghion (professeur à l’Ecole d’économie de Paris) : Comme on souffre d’un problème de

compétitivité, il faudrait idéalement dévaluer, mais comme on est dans l’euro on peut pas ; donc la

manière de le faire c’est par une dévaluation fiscale et donc le transfert sur le CSG ou la TVA c’est

une manière de faire une dévaluation fiscale. Ce qui compte, c’est la structure de la demande,

c’est-à-dire qu’elle se porte sur les produits français plutôt que les produits étrangers, y compris en

France. Et je pense qu’il va être indispensable de se lancer dans des reformes structurelles,

notamment les doublons administratifs, l’assurance-maladie et la réforme des retraites qui va

dégager les marges permettant de financer ce choc de compétitivité, en réduisant les dépenses.

Là, le Gouvernement ne pourra pas y échapper, il faut vraiment maintenant, il n’est que temps de

s’atteler à ces réformes structurelles.

B. de Galzain :  Il n’est que temps, eh bien, pas du tout du même avis, Anne Laure Delattre,

professeure d’économie à la Rouen Business School.

Anne Laure Delattre (professeure d’économie à la Rouen Business School) : Je crois que c’est

vraiment pas du tout le moment de faire un choc de compétitivité, dans le sens où le choc d’offre

que propose le rapport Gallois, c’est baisser les cotisations sociales, baisser les salaires, le

problème c’est qu’il faut le financer. Il faut financer ces baisses de cotisations sociales. Qu’est-ce

qu’on nous propose ? On nous propose d’augmenter de 30 milliards les impôts, une augmentation

de la CSG et de la TVA, or l’ensemble des économistes sont aujourd’hui d’accord pour dire qu’on

a une politique fiscale trop restrictive, donc augmenter la compétitivité des produits français certes,

mais si il n’y a pas de demande en face, c’est simplement inefficace.

B. de Galzain :  Voilà, propos recueillis par Régis Lachaud. On l’aura compris, casse-tête pour les

économistes et donc pour l’Exécutif, eh bien, justement c’est demain, à l’issue d’un séminaire

gouvernemental que Jean-Marc Ayrault annoncera les premières mesures retenues. Le Premier

ministre s’en expliquera ensuite au 20 heures de TF1 mais in fine c’est le chef de l’Etat qui

tranchera et annoncera le dispositif définitivement choisi début 2013.

 

LE MARIAGE POUR TOUS

RTL, M. Delahousse – 7h30

O. Pouget  : Le mariage pour tous comme dit le Gouvernement, ce sera mercredi en Conseil des

ministres. Oui, un texte, on le sait, qui secoue la société et exacerbe les passions bien au-delà de

la sphère politique. Ce week-end, les évêques ont sonné la charge ; Monseigneur Vingt-Trois, le

cardinal archevêque de Paris a même dénoncé une supercherie à propos d’adoption. Marine Le

Pen demande un référendum. L’UMP promet d’abroger le texte en cas de retour aux affaires de la

droite et pendant ce temps, pendant ce temps, à la Chancellerie, on s’active pour préparer cette

réforme et l’on cherche déjà à mesurer son impact.

Commentaire de M. Delahousse  : Oui au ministère de la Justice, on a déjà préparé les

conséquences de la loi. Les mariages homosexuels, quand le texte entrera en application,

pourraient atteindre le nombre de 10.000 par an, c’est-à-dire moins de 5% du nombre total de

mariages à venir. Cette prévision ressort des chiffres du Pacs où les unions homosexuelles sont

aujourd’hui très minoritaires par rapport aux unions entre 2 personnes de sexe différent. On

s’attend toutefois à un pic plus important au début de la loi, dans les premiers mois de ce nouveau

mariage. Les registres d’état civil et les livrets de famille devront également être modifiés ; les

nouveaux documents ne sont pas encore commandés mais l’avant projet de loi donne des pistes

sur les formulations. Les mots « père et mère » pourraient être remplacés par la formule « les

parents », les mots « mari et femme » par « les époux ». Les services d’état-civil, prévoit le

ministère, devront s’adapter. Le point le plus compliqué du mariage reste, en réalité, le droit

d’adopter : magistrats et associations préviennent qu’elles seront difficiles ces adoptions,

beaucoup de pays refusant, en effet, l’adoption à des parents du même sexe.

 

Service de presse

Parti Socialiste

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