Les sujets radios du 12 décembre

LE CONTRAT DE GENERATION

Europe 1, W. Galibert – 7h00

M. Grossiord : Dites 33, comme l’engagement 33 du Président François Hollande. Le contrat de génération, permettre l’embauche d’un jeune en CDI et maintenir dans l’emploi un senior jusqu’à sa retraite. Le dispositif franchit ce matin l’étape du Conseil des ministres, tous les jeunes sont concernés, à la différence des emplois d’avenir pour les peu ou pas qualifiés. William Gallibert, vous vous êtes rendu dans une entreprise du bâtiment, à Epinay-sur-Seine où ça marche déjà.

Commentaire de W. Galibert : Oui, ça fait 4 ans que ça marche pour cette petite entreprise qui s’occupe de plomberie, de chauffage, et quand vous arrivez sur un de ses chantiers vous comprenez vite le dispositif qui a été mis en place. Les ouvriers travaillent en tandem, une sorte de cercle vertueux : à chaque fois, c’est un ouvrier expérimenté qui encadre un jeune apprenti pour le faire progresser, ici le doyen s’appelle Francis, 39 ans de métier.

Francis : On essaye d’être derrière eux le plus souvent possible, mais en les laissant se débrouiller tout seul. Quelques-uns en l’espace de 8 mois, on pouvait les laisser sur un poste tout seul. Il y en a d’autres il faut être plus derrière.

W. Galibert : Parce que tout seul, oui, on ferait des erreurs, avoue Benoit, 20 ans. Quand il a le moindre doute sur son travail, ce jeune apprenti n’hésite pas, il va demander conseil à un senior.

Benoit : Il y a beaucoup de choses que je sais pas encore faire, je vais apprendre [inaudible] au fur et à mesure, si j’ai le moindre souci, je sais que je peux venir les voir, ils m’expliquent.

W. Galibert : Alors, le patron s’appelle Victor Devilco, (phonétique), aujourd’hui il a 34 salariés, et d’après lui ce succès, il le doit à ce mélange des générations.

Victor Devilco, (phonétique) : On n’a pas attendu le contrat de génération pour faire ça, donc mettre des jeunes avec des vieux, parce que c’est la transmission du savoir dans l’entreprise. Après mettre des exonérations de charges, ce qu’il faut c’est que ça puisse inciter les entreprises à s’y lancer et à se dire, eh bien, pourquoi pas, nous aussi on peut.

W. Galibert : Prochaine étape, ce patron va construire ses propres locaux, eh bien sûr les 5 apprentis de l’entreprise auront leur place sur le chantier.

 

France Inter, C. Robin – 8h00

M. Thébault: Et en ces temps de crise c’est donc l’une des armes anti-chômage du Gouvernement, le contrat de génération. Le projet est présenté ce matin en Conseil des ministres. Il s’agit, vous le savez, d’aider les patrons à embaucher des jeunes mais tout en gardant leurs salariés proches de la retraite. 500.000 contrats d’ici 2017, c’est l’objectif, mais qu’en pensent les chefs d’entreprise. Eléments de réponse avec Clément Robin.

Commentaire de C. Robin : 4.000 euros par an, c’est ce que pourraient toucher les patrons d’entreprise de moins de 300 salariés dès le 1er janvier, mais à une condition, embaucher un jeune de moins de 25 ans en CDI tout en gardant un senior. Rodolphe Carle est le PDG de Babilou, entreprise qui gère près de 400 crèches en France ; pour lui, cette mesure est un bon moyen pour inciter les entreprises à embaucher des jeunes.

Rodolphe Carle (PDG de Babilou) : On va forcément être incités à orienter nos efforts de recrutement sur une population plus jeune. Si on a un soutien pour accompagner une personne

qui démarre dans le monde professionnel, on aura les moyens de mettre en place ces accompagnements, ces tutorats.

C. Robin : Problème : avec la crise, certaines entreprises n’embauchent plus. C’est le cas de Gexpertise, Eric Malenfer est le président de ce groupe de géomètres experts qui emploie une centaine de personnes. Selon lui, les jeunes de moins de 25 ans ont souvent trop peu d’expérience pour décrocher un CDI.

Eric Malenfer (PDG de Gexpertise) : Nous nous avons 8 seniors qui pourraient être concernés. Maintenant si la question est d’une corrélation directe entre le maintien de l’emploi des seniors par une embauche d’un jeune, pas forcément très formé parce que moins de 24 ans quelques fois ils n’ont pas un suivi et une formation très poussés. Nous en bénéficierons peu parce que nous avons besoin d’embaucher vers le haut.

C. Robin : De leur côté, les entreprises de plus de 300 salariés ont jusqu’à septembre 2013 pour signer un accord sur les contrats de génération. Celles qui ne le feront pas devront payer 1% de leur masse salariale à l’Etat et perdront une partie de leurs allègements de charges.

L’ETAT FACE AUX RESTRUCTURATIONS INDUSTRIELLES

Europe 1, S. Ruben – 7h00

M. Grossiord : On vous a beaucoup parlé de « nationalisation provisoire » à propos de Florange. Eh bien ce concept trouve une première application concrète, et à l’échelle départementale, donc nationalisation. Cela se passe dans l’Eure où le Conseil général a racheté une usine de papier à Alizay près de Rouen, le temps de trouver un acquéreur. Et c’est déjà une résurrection pour ce site près de Rouen.

Commentaire de S. Ruben : Absolument. Quant Thierry Philippot, ouvrier depuis 30 ans, ici, entre dans la salle des machines, il sourit. Pourtant les immenses rotatives sont à l’arrêt, les hangars silencieux, mais l’ouvrier a une chose en tête : c’est la reprise avec 200 de ses collègues au printemps prochain.

Thierry Philippot : Pour l’instant, on entend l’écho, c’est tout, on est seuls dans ces grands bâtiments, avec toutes ces machines, et dans peu de temps, il y aura du monde dedans et puis on entendra le bruit des bécanes tourner, et ça c’est important.

S. Ruben : Et pour sauver le site, le département a dû un chèque de 22 millions d’euros au propriétaire finlandais, qui à l’origine voulait purement et simplement fermer l’usine. Et d’ici quelques jours, le Conseil général devrait conclure la revente à deux acheteurs : l’un, taïwanais, l’autre, français. Pour les ouvriers, cette départementalisation c’est « la » solution à généraliser.

Thierry Philippot : Pour nos camarades de chez PétroPlus, juste à côté, pour les camarades de chez Mittal qui se battent aussi ! C’est nous qui avons repris possession de notre outil de travail, et que les pouvoirs publics nous ont aidés, et ça c’est important, ça a payé.

S. Ruben : Et c’est toute l’activité du canton qui s’apprête maintenant à repartir avec l’usine qui pèse tout de même 500 000 euros annuels dans l’économie locale.

 

France Inter, V. Julia – 8h00

M. Thébault : Politique encore avec le dossier boulet du Gouvernement : Florange et ces révélations du Canard enchaîné, ce matin. Oui Bercy penchait (sic) bel et bien sur le scénario d’une nationalisation du site et non ce n’était pas qu’une hypothèse parmi d’autres comme l’avait dit Jean-Marc Ayrault. La nationalisation ne paraissait ni ruineuse ni fantaisiste. Une note juridique considérait même l’opération comme adaptée à la situation.

Commentaire de V. Julia : Le Canard enchaîné évoque d’abord une note écrite par la directrice des Affaires juridiques de Bercy, une note de 10 pages datée du 23 novembre dont l’existence nous a été confirmée et dans laquelle la conseillère d’Etat considère qu’une nationalisation a toutes les chances d’être acceptée par Bruxelles et par le Conseil constitutionnel. La sauvegarde de l’emploi lui semble un argument suffisant pour convaincre les Sages et l’Europe ne devrait pas considérer, d’après elle, la nationalisation comme une aide de l’Etat. Sur ces bases, Arnaud Montebourg aurait bel et bien rédigé un projet de loi sur la nationalisation de Florange, projet de loi qui dormirait maintenant dans un tiroir. Parallèlement, les calculettes de Bercy ont chauffé sous le nom de code « projet Séraphin ». Plusieurs scénarios pour la reprise de Florange ont été étudiés : l’Etat achetait le site, un consortium d’industriels s’occupait d’y investir avec un plan de

financement sur 5 ans. Dans tous les cas de figure, d’après nos informations, l’engagement de l’Etat n’aurait pas dépassé les 400 millions d’euros a priori récupérables puisque Bercy tablait sur une activité un peu plus rentable chaque année. En rajoutant, les fonds privés, l’opération Florange aurait couté, nous dit-on, entre 700 millions et 1 milliard d’euros.

LA NOMINATION D’UN MONSIEUR FESSENHEIM

France Inter, B. de Galzain – 7h30

H. Roussel : Il va désormais y avoir un Monsieur Fessenheim, qui va prendre ses fonctions aujourd’hui. Nommé en conseil des ministres, avec une mission, une seule : fermer la centrale nucléaire alsacienne avant fin 2016. Francis Rol-Tanguy devient officiellement ce matin délégué interministériel chargé de cette fermeture. Et elle s’annonce compliquée, avec EDF qui n’a pas vraiment l’intention de jouer le jeu.

Commentaire de B. de Galzain : « Il n’y a aucun conflit entre EDF et l’Etat ; on ne parle pas d’indemnisation»: voilà pour la communication officielle d’EDF. Et pourtant le patron de l’électricien public ne veut pas se laisser faire. Il y a déjà six mois, devant ses actionnaires, Henri Proglio affirmait qu’il y aurait inévitablement une discussion financière avec les pouvoirs publics. Il le réaffirmait il y a deux mois et semblait très remonté, car Fessenheim c’est une centrale qui fonctionne bien, qui est amortie ; sa fermeture représenterait un manque à gagner d’au moins 2 milliards d’euros. On va réclamer de l’argent pour nos actionnaires, nous disait-on, car nous allons perdre jusqu’à 30 ans d’exploitation. EDF n’est pas seul à Fessenheim ; le tiers de la centrale appartient en effet à des actionnaires allemands et suisses qui voudront être indemnisés. On le comprend bien, l’électricien n’est pas prêt à accélérer la fermeture. Les syndicats s’y opposent également. Ils ont commandé un rapport selon lequel 2.200 emplois directs et indirects seraient supprimés, si Fessenheim fermait. Le Medef local s’inquiète aussi car il évalue à 1 milliard d’euros la contribution de la centrale au PIB de la région.

 

LE TAUX DU LIVRET A

RTL, B. Tassart – 7h00

O. Pouget : On sera fixé début janvier mais c’est une information de ce matin de nos confrères des Echos : le livret A pourrait être revu à la baisse, le taux du livret A. Petit coup dur pour les épargnants : le taux pourrait passer de 2,25% à 2 voire 1,75%. Bénédicte Tassart bonjour. Alors en cause l’inflation.

Commentaire de B. Tassart : Eh oui c’est à cause de l’inflation. Cette dernière stagne à 1,7% au dernier relevé. C’est aussi à cause des taux courts auxquels on emprunte de l’argent sur les marchés. Vous savez actuellement l’Etat emprunte à des taux proches de zéro. Inflation plus taux courts, c’est la formule mathématique qui ajuste le taux de rémunération du livret A, 2 fois par an, au 1er février et au 1er août. Alors logiquement, le taux du livret A devrait être ramené à 2% voire 1,75%. Ça reste un bon produit, une épargne liquide que vous pouvez retirer à tout moment, qui rapporte davantage que l’inflation et non fiscalisée. Les 61 millions de livrets ne vont donc pas se vider pour autant. En temps de crise, les Français recherchent la sécurité ; d’ailleurs le plafond du livret A devrait encore être repoussé à 22.950 euros au 1er janvier prochain.

 

LES VENTES DE RAFALE

France Inter, B. Gallicher – 8h00

M. Thébault : On commence donc par ce serpent de mer de la politique, le fleuron de l’industrie française que se refile en vain tous les Gouvernements, le Rafale. Jamais l’avion de chasse français n’a été vendu à l’étranger, mais avec le Brésil on commençait à y croire ; des discussions très avancées, on parlait même d’une décision finale début 2013, eh bien non, il va encore falloir attendre. La modernisation de l’armée brésilienne n’est plus une priorité, et c’est Dilma Rousseff la Présidente brésilienne qui l’a elle-même annoncé, hier soir de vive voix à François Hollande.

Commentaire de B. Gallicher : La France devra donc s’armer de patience, avant de savoir si le Brésil achètera des Rafale. Dilma Rousseff a douché hier soir les espoirs d’une décision rapide, sur ce contrat estimé à plus de 4 milliards d’euros. Nous avions ouvert les discussions sur l’achat du Rafale du Super Hornet ou du Gripen dans les années 2009 et 2010. Mais, face à la crise le Gouvernement a repoussé ses décisions, explique la Présidente brésilienne.

B. Gallicher : Dilma Rousseff ajoute qu’elle attend une reprise économique plus forte, et cela prendra un certain temps. Une extrême prudence qui tranche avec l’enthousiasme manifesté à l’époque par son prédécesseur l’ancien Président Lula. Hier soir, François Hollande n’a montré aucune déception, officiellement le sujet n’était pas sur la table, et pour remporter ce marché Paris mise toujours sur la promesse d’un transfert de technologie.

François Hollande : Nous avons toujours souhaité que, il y ait, à travers ces contrats, des transferts qui puissent s’opérer. Sur le Rafale, le Brésil a tous les éléments pour choisir, je sais les qualités exceptionnelles du Rafale, mais je fais pas de proclamation.

B. Gallicher : Le Président Hollande souhaite qu’un avion français soit choisi, mais au moment décidé par le Brésil, compte-tenu de ses contraintes financières.

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