La situation économique et l’emploi

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Le ministre de l’économie et des finances et le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social ont présenté une communication relative à la situation économique et à l’emploi.

L’environnement international de l’économie française continue de montrer des signes d’amélioration, malgré le ralentissement ponctuel de l’activité dans la zone euro au 3ème trimestre. L’économie aux Etats-Unis conserve une certaine vigueur : la croissance du PIB au 3e trimestre a été de 0,7%. Comme anticipé, la croissance dans la zone euro a fléchi au 3ème trimestre (+0,1% après +0,3% au 2e trimestre). Les indicateurs avancés continuent d’annoncer une expansion de l’activité en fin d’année, confortant le scénario d’une reprise généralisée, bien que graduelle, en zone euro. De plus, la Banque centrale européenne a décidé d’abaisser son taux de refinancement de 25 points de base à 0,25%, un « plus bas » historique : cette décision devrait soutenir le financement des entreprises et réduire les pressions déflationnistes en zone euro.

Dans ce contexte, les marchés financiers poursuivent leur amélioration. Les taux européens demeurent à des niveaux exceptionnellement bas pour les pays du centre de la zone euro, et à des niveaux qui témoignent d’un regain de confiance des investisseurs pour les autres pays. La décision de l’agence Standard & Poor’s de porter la note de la France de AA+ avec perspective négative à AA avec perspective stable le 8 novembre dernier n’a pas eu d’effet sur les conditions de financement de la France. L’écart de taux vis-à-vis de l’Allemagne est resté constant autour de 50 points de base, alors qu’il était de 140 points de base en mai 2012.

En ce qui concerne la France, la reprise se poursuit mais n’exclut pas quelques à-coups. Après avoir connu une forte croissance au 2e trimestre (+0,5 %), l’activité aurait été quasi-stable, en léger repli au 3e trimestre (-0,1 %). Cette quasi-stabilité avait été anticipée et ne remet pas en cause le scénario du Gouvernement de reprise graduelle. Elle est imputable à des facteurs temporaires : les conditions climatiques, le calendrier de renouvellement de gammes dans le secteur automobile, un creux temporaire des exportations dans le secteur de l’aéronautique malgré des carnets de commandes toujours très fournis. La consommation des ménages continue de résister et de soutenir l’activité : elle progresse de 0,2 %, après +0,4 % au 2e trimestre, malgré une baisse des dépenses d’énergie ; les dépenses d’alimentation et les ventes d’automobiles sont en hausse. En revanche, l’investissement des entreprises demeure encore déprimé, même si l’investissement en produits manufacturés se reprend. Cet investissement est la condition d’une reprise durable, aussi le Gouvernement reste particulièrement engagé dans le soutien à l’investissement.

Les indicateurs avancés d’activité laissent espérer un regain de dynamisme en fin d’année, et au cours des prochains trimestres. L’INSEE, comme la Banque de France, anticipent ainsi une croissance de 0,4 % d’octobre à décembre. Les dernières prévisions de croissance des organisations internationales confortent également le scénario du Gouvernement. L’OCDE s’attend en effet à une croissance de 0,2 % en 2013, 1,0 % en 2014, puis 1,6 % en 2015. La Commission européenne prévoit quant à elle une croissance de 0,2% en 2013, 0,9% en 2014 et 1,7 % en 2015.

S’agissant du marché du travail, l’amélioration de la conjoncture, effective depuis le printemps, se transmet progressivement à l’emploi marchand. Si l’économie française a, de nouveau, détruit des emplois marchands au 3e trimestre 2013, un ralentissement progressif des destructions d’emploi se profile. Ainsi deux fois moins d’emplois ont été détruits ce trimestre que le précédent (-17 000 au T3, après -35 000 au T2) et deux fois moins d’emplois ont été détruits depuis le début de l’année que sur les trois derniers trimestres de 2012.

Quand ils prévoyaient encore une progression soutenue il y a à peine 6 mois, la majorité des instituts de prévision anticipent désormais une progression très modérée du taux de chômage l’an prochain, en s’appuyant sur des évaluations restrictives des effets à attendre des politiques mises en œuvre. L’inversion de la courbe du chômage dans la durée est possible, elle est à la portée du Gouvernement et c’est le sens de son action depuis 18 mois, qui est confortée par l’amélioration des perspectives économiques.

L’emploi des jeunes est toujours la première priorité des politiques de l’emploi. La bataille se gagne sur le terrain : ce sont aujourd’hui plus de 80 000 jeunes qui ont trouvé une solution grâce aux emplois d’avenir depuis le lancement du dispositif il y a un an. Les résultats sont là : le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans recule depuis maintenant 5 mois consécutifs. Pour eux, l’inversion de la courbe est déjà une réalité.

Sur le front des plans sociaux, le Gouvernement est pleinement dans l’action. S’il n’y pas davantage de plans de sauvegarde de l’emploi depuis septembre qu’à la même période de l’an dernier, trop nombreuses sont les entreprises que l’atonie prolongée de l’activité économique met en risque alors que leurs perspectives restent pourtant réelles. Aussi un dispositif exceptionnel de soutien a été décidé avec un renforcement des moyens financiers (abondement de 300 M€ du Fonds de développement économique et social), des moyens humains (Comité interministériel des restructurations industrielles) et de l’accompagnement social des salariés licenciés.

Le travail de fond pour réformer en profondeur le marché du travail se poursuit : les discussions entre les partenaires sociaux sur la formation professionnelle continuent. La négociation doit se conclure d’ici la mi-décembre. Le ministère du travail présentera tout début janvier un projet de loi ambitieux portant la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Il abordera également les questions de représentativité patronale et de financement des organisations, offrant ainsi un nouveau cadre cohérent et global à l’ensemble de ces sujets étroitement liés.

Conseil des ministres du 20 novembre 2013

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